‹ Charles-Quint;Chapitre 12 sur 58 · AVANT-PROPOS. XI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XI

hclas! obligé de reconnaiire aujourd'hui, qu'une seconde fois ses boulets n'auraient soulevé qu'une vaine poussière. Oh! qu'Horace avait raison ! fiofium ponatur in annum. Quel que soit le succès du livre que je publie aujourd'hui, on me rendra du moins cette justice que j*ai acquis le droit de modifier mes propres opinions, sinon celles des autres, sur Cbarles-Quint et sur François I«^. Ce changement ne date pas d'hier ; il n'a pas été produit par les documents posthumes qui nous ont ouvert enfin ce cloître où, depuis trois siècles, l'Empereur restait revêtu d'une robe de moine pour Pédification de îa postérité. C^e que je ne songe pas à nier, c'est que la publication simultanée de ces documents, en Angleterre et en France, a nécessairement hâté mon travail , quand je me suis TU menacé de perdre ma juste part dans la découverte du nouveau caractère de Charles-Quint. Mais si je n*avais été préparé depuis longtemps, anrais-je pu me mettre à l'œuvre avec tant d'assurance ? Aurais-jc surtout trouvé tout d'abord ce qui a échappé à mes habiles concurrents?

Si j'ai la prétention d'être sur mon terrain dans l'histoire de Charles- Quint comme j'y étais dans celle de Charles-Edouard, on ne m'attribuera pas. je Tespcre, la prétention d'en exclure les écrivains qui m'y ont devancé, ni ceux qui y viendront après moi. Jesuistrèsdisposé h échanger avec les uns et-îes autres des obligations mutuelles. La chose a même déj;) eulieu,puisque la seconde partie de mon ouvrage paraissait dans le recueil mensuel que je dirige, tandis que M. Mignet publiait un travail analogue dans un autre recueil mensuel, le Journal des Savants. Il est juste de faire remarquer que si M. Mignet avait commencé sa publication six semaines avant moi , j'avais terminé presque un an avant lui. Enfin, pour tous les faits nouveaux et les appréciations nouvelles dont je revendique l'initiative dans cette seconde partie comme dans la première, j'ai pu prendre date à l'abri de toute contestation, M. Mignet ayant interrompu pendant près d'une année sa publication, qu'il n*apas terminée encore à la date de ma préface.

Il ne resterait à régler que la question de procédé; c'est à cellelà que je tiens le plus, mettant nu défi le plus vieux gentilhomme de m'en remontrer là-dessus. J'avoue donc qu'en principe j'ai toujours pensé que lorsqu'un écrivain de quelque valeur a fait connaître qu'il s'occupait d'un sujet, il n'est pas très loyal, pour peu qu'on ait de bons rapports avec lui , de venir lui faire une concurrence directe. Heureusement ce n'est pas M. Mignet qui peut prétendre ici que je viens sur SCS brisées? J'en appellerais à des amis communs, et entre autres à M. Cousin, pour ce qui est du Manuscrit Gonzalez, qui ne raconte que le séjour de Charles-Quinl dans le cloître. — Pour ce qui est de l'histoiro

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