‹ Charles-Quint;Chapitre 13 sur 58 · XII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XII AVANT-PROPOS

(le Charles-Quint en général, si M. Mignet Tavait déjà entreprise il y a trois ans, et s'il nie l'avait dit, j'espère avoir prouvé surabondamment qu'il m'était impossible de me retirer, même devant un historien tel que M. Mignet, après avoir toute ma vie, en quelque sorte^ annoncé le projet d'écrire au moins un épisode de cette histoire. G'ei^t été d'autant plus pénible pour moi, que je venais d'éprouver depuis peu un des inconvénients de ceitfî concurrence qui n'implique pas toujours la question de procédé. Mes amis savent que ce n'est pas de Charles-Quint seulement que je naquis Vennemi personnel, mais eucore de Charles d'Anjou, qui fit capituler la ville d'Arles et élouffa notre république dans les bras de sa victoire. C'était vraiment trop pour un démocrate de ma force que de vouloir conspirer loyalement contre deux monarques à la fois. J'avais cependant fait quelques belles découvertes aussi sur le fougueux frère de saint Louis ! Toute la première partie de mon ouvrage comprenait l'histoire de nos communes méridionales, et, afin que la seconde partie, moins originale en elle-même, contint aussi quelques faits nouveaux, j'avais assez bien utilisé, pendant six mois de résidence en Italie, la complaisance des bibliothécaires du Vatican, de la Minerve et autres. M. Mignet (à qui, par parenthèse, j'avais exposé un jour mon plan, jaloux de l'approbation d'un juge si éminent),M. Mignet sait aussi bien que moi que s'il est un livre dont on puisse difficilement improviser Texécution, c'est celui qui vous a coûté dix ans d'études. Mais on improvise réellement un livre au bout de six mois, si on est homme d'esprit, et surtout gentilhomme riche avec des secrétaires et des copistes. Un de ces gentilshommes, homme d'esprit certainement, j'aime à le dire (car je ne dénigre personne^ ni les vivants ni les morts), aspirait à l'Académie, et, quoiqu'ayant déjà fait assez pour en être, il eut, par excès de conscience, l'ambition de produire quatre volumes d'histoire déplus. II fit un Charles d'Anjou. Ce n'était pas précisément le mien ; mais la place était prise pour quelque temps encore. Par le temps qui court, on peut risquer eu concurrence un volume unique, on n'en risque pas quatre (1).

J'ai cité assez consciencieusement dans mes notes tous mes documents, anciens et mudernes, pour n'avoir plus qu'à remercier collectivement les aulei:(rs qui vivent encore, et grâce auxquels j'aurais pu citer plus de pièces que je n'en ai lues. En puisant aux sources, j'ai lâché de ne pas trop alourdir les récits par le bagage de l'érudition. Si on respire dans quelques parties de mon livre un certain parfum des Espagnes, c'est que j'ai toujours nourri de vives sympathies pour ces poétiques royaumes.

(1) Je saisis volontiers Toccasion de dire que la seconde partie de V Histoire de Charles d'Anjou^ est aussi traitée avec un grand talent par M. de Cberricr, dans le dernier volume de son bel ouvrage sur la lutte des Papes et des Empereurs.

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