XIV AVANT-PROPOS
appartenir, dans Torigine, à la tanle de r£mpereur, Marguerite d'Auiri^ che (seul portrait de femme dans le volume), sinon à Cbarles-Quint luimême. Je crains seulement que le miniaturiste ne se soit un peu trop livré à sa fantaisie. Génëalogiquement, nous avons là les principaux ancêtres de Gliarles-Quint depuis Noë, dont la ressemblance est assez difficile à garadtir. La Bibliothèque ne possède pas une collection très nombreuse de médailles de Cbarles-Quint^ mais j*ai pu en admirer quelques-unes de très belles et celte, entre autres, où sont réunies les deux têtes de l'Empereur et de l'Impératrice. £l)e est postérieure à 1539, puisque Isabelle y est iraiiée de Diva.
Un dernier mot pour ne pas m* exposer à un remords. Loin de moi la pensée de muliiplier les détracteurs de Cbarles-Quint pour le plaisir de les réfuter tous en masse. Quoique M. de Chateaubriand, aussi sévère que Voltaire, eût dit, dans une de ses pompeuses anlilhcses: « Toute la » destinée de Charles-Quint pesa sur celle de François ^^.. François I"' » mourut en chrétien qui reconnaît sa fragilité, Charles-Quiut s'en alla » comme un ambitieux qui se revêt du froc et du cercueil^ dépité de n'a- » voir pu se parer de la dépouille' du monde, » cela n'a pas empêché M. de Lamartine^ dans un rapprochement entre la retraite de Yuste et la prison de Sainte-Hélène^ de dire que « Napoléon n'eut ni le détache- » ment volontaire de Dioctétien, ni Vabnégation solitaire et pieuse de >i Charles-Quint (1).» M. Michelel n'a pas vu, comme moi, dans Charles- Quint, un roi plus chevaleresque peut-être que celui pour qui mourut Bayard, miis il l'a proclamé le souverain modèle des temps modernes, « le véritable successeur de Charlemagne, le défouseur du monde chré« » tien (3). » Les modernes historiens belges, entre autres MM. de Gerlache et David, ont même été trop sévères pour Roberlson, qui, selon M. de Gerlacbe^ a indignewunî travesti Charles-Quinl dans un prétendu chef^d'œwfre (3). Le savant M« Gachard vient, tout récemment, de faire un appel à la'Belgique pour élever une statue au souverain «qui plaçait au premier rang dans son affection et son intimité les Belges, ses compatriotes* » Il se manifeste enfin, en Allemagne comme en Belgique, une véritable réaction historique qui nous promet use riche série de documents nouveaux (4). J'aurai donc, j'espère, quelques auxiliair^ parmi mes confrères les historiens et chroniqueurs, mais avec le regret de ne pas
(1) Lahabtitib. Histoire de la Restauration, Voir dans la seconde partie de mon volume, ce que j'ajoute et retranche à ce rapprochement.
(2) MiCHELET. Histoire de France.
(3) De Gsrlaciie. Introduction à CHistoire des Pays-Bas.
(A) « Une statue de Charles-Quint existait à Gand avant I79û ; elle fut renversée lors de rentrée des Français dans cette ville. » Extrait du tome xxi, n* 1, des Bulletins de l'Académie royale de Belgique. (Voir aux Pièces et Notes justificatives.}