‹ Charles-Quint;Chapitre 30 sur 58 · ECRITE PAR LES MOINES · texte numérisé non relu

ECRITE PAR LES MOINES

Ch. xxvni. De l'ordre que Sa Majesté donna pour le Jeudi- Saint et de Tadoration de la Croix le Vendredi-Saint.

Ch. XXIX. De la grande vénération que Sa Majesté montrait pour le Saint-Sacrement, etc., etc. (1)

Certes, sauf que le bon moine mentionne incidemment les visiteurs mondains qui venaient de temps en temps voir Sa Majesté, ne nous montre-t-il pas là Charles-Quint presque exclusivement absorbé par les pratiques de « la vie dévote? »

Mais, si nous rédigions un sommaire d'après les lettres et les dépêches de l'Empereur, de son fils le roi Philippe, de sa fille la Régente, de Gaztelu, le secrétaire politique, etc., etc., qui forment aussi un véritable journal de sa vie dans le cloître, nous pourrions résumer à peu près le contenu de cette' correspondance pendant les premiers mois de l'année 1557.

24 Février. — Le jour de saint Mathias. — Ce jour-là étant l'anniversaire de sa naissance, fut consacré par l'Empereur, selon l'usage de toute sa vie, à une messe solennelle ; comme sa santé (ainsi que nous l'avons dit) était excellente, il alla, un peu aidé, faire lui-même son offrande au grand autel. Le chroniqueur du couvent et le secrétaire politique font à peu près la même relation. Mais, .trois jours après, —

27, — Martin Gaztelu est envoyé à Valladolid avec des instructions verbales et une lettre pour « JuanVasquez de Molina, mon secrétaire et de mon conseil, » à qui l'Empereur disait : « Ayant fixé ce dont j'aurai besoin chaque année pour ma dépense, j'ai jugé à propos de faire partir Gaztelu, afin qu'il en instruise la princesse ma fille, et qu'on règle comment, à qui et à quelles époques, il conviendra de le fournir. » ( Il ne s'en remettait pas tout-à-fait à sa fille ni à son conseil pour régler cette somme, et demandait vingt mille ducats d'or, qui seraient

(1) Nous venons simplement de copier les titres sommaires de douze à quinze chapitres du manuscrit espagnol anonyme trouyë dans un des portefeuilles des archives de la Cour féodale du Brabant, et conservé actuellement au greffe de la 'Cour d*appcl de Bruxelles : Ilistoria brève y sumaria de como el imperador Don Carlos K, nuestro Senor, trato de venirse arecoger al monasterio de San-Hieronimo de Yuste, etc.

prélevés sur le produit des mines d'argent de Guadalcanar, plus la perception d'un droit de onze et six sur mille, sans compter une réserve de trente mille ducats d'or déposés au château de Simancas ; question financière traitée en détail dans la lettre remise à Gaztelu. Charles-Quint sachant bien qu'au temps de sa plus haute puissance, le fisc royal subissait les inconvénients de la lenteur espagnole, il voulait, autant que possible, pourvoir à son entretien personnel et répandre librement ces aumônes dont parle le Hiéronymite anonyme, d'accord avec le père Siguenza, qui dit que Sa Majesté délivra aussi des prisonniers pour dettes, dota de jeunes filles pauvres, etc. (1)

P' Mars. — Arrivée de courriers de Valladolid et de Lisbonne qui, avec les dépêches, apportent du saumon, des lamproies. Le bruit court que Charles-Quint doit se rendre de Yuste en Aragon, que son oisiveté lui pèse, etc. Quixada n'en serait pas fâché, car il ne se fait pas encore, lui, à la solitude.

8 Mars. — Retour de Gaztelu, qui a tout réglé d'une manière satisfaisante : on parle de la prochaine arrivée du comte Ruy Gomezde Silva, envoyé par Philippe à son père.

14 Mars. — M. de La Chaulx, chargé d'une mission pour l'Angleterre, est allé d'abord faire un pèlerinage à Notre-Dame de Guadalupe : il vient baiser la main à l'Empereur, qui le charge de dire à la reine Marie Tudor, que, «quoique sa retraite soit le complément de ses désirs, il ne renonce pas à assurer, par ses actes et ses conseils, l'exécution des mesures que réclameraient les grandes affaires que son fils a maintenant sur les bras. »

23 Mars. — Arrive Ruy Gomez de Silva qui, le 24, « reste

(1) Les mines de Guadalcanar, découvertes en 1509, sur les hauteurs limitrophes de l'Estramadure et de TAndalousie, étaient d'un excellent produit; elles furent affermés aux fibres Fugger, d'Augsbourg, qui y augm-^nt^^rent encore leur fortune immense. — Le ducat d'or pouvait valoir 12 fr. de notre monnaie actuelle. — Il est difficile de savoir ce qu'était le prélèvement de onze et six sur mille, once y seis ai miilar^ ni quels revenus de la couronne étaient affectés à cette perception, sur laquelle Charles-Quint, dans son codicille , ordonna que diverses gratificitions seraient payées par le percepteur H. Lopez de Gampo.

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