ECRITE PAB LES MOINES
enfermé cinq heures consécutives avec Sa Majesté, et autant le jour, suivant. »
( Nous verrons qu'il s'agissait d'affaires assez graves pour motiver ces deux conférences de cinq heures chacune. Ruy Gomez de Silva repart sans avoir pu obtenir ce que le fils demande au père, mais chargé d'une mission financière.)
28- Mars. — L'Empereur devine la cause de la tristesse de Quixada, et, proprio motUy il lui annonce que, sous peu de jours, il pourra se rendre au domaine de Villagarcia.
31 Mars. — Lettre de Charles-Quint qui a appris qu'une mesure financière de sa fille a provoqué à Séville une coujpable résistance. Il ne craint pas d'exprimer sa colère.
( Il veut qu'on mette les opposants à la raison. Si son fils ne se fâche pas, il se fâchera lui-même. « Je suis bon pour le faire, dit-il, et je le ferai quand bien même j'aurais la mortentre les dents (1). » On croit entendre rugir le vieux lion de saint Jérôme dans la légende.)
A la même date arrive & Yuste un courrier anglais, qui vient se plaindre à l'Empereur qu'il est depuis quatre semaines à Valladolid, attendant la réponse d'une dépêche. Charles-Quint ne faisait pas attendre ainsi les courriers politiques; pour ne passe fâcher encore, il a besoin détenir compte de la proverbiale lenteur espagnole.
3 Avril. — Luis Quixada part de Yuste ; il va jouir de son congé ; mais l'Empereur utilise ce voyage pour l'expédition des affaires. Quixada se détournera pour aller remettre des lettres aux sœurs de Charles-Quint, les reines de France et de Hongrie ; il porte aussi des instructions verbales pour la régente d'Espagne, à qui son père recommande le châtiment des rebelles de Séville.
4 Avril. — L'agent du duc de Vendôme, Escurra, vient entretenir Charles-Quint de la proposition du prétendant au sujet de la Navarre.
(1) « Soy bueno para ello, aunquc tenga la muertc entre las dientes, holgare dy haeerlo. » [Uanmcrit Gonzalez.)
22 Avril. — Ruy Gomez de Silva revient avec de nouvelles lettres de Philippe II, qui supplie son père de ne pas renoncer encore à son titre d'empereur.
27 Avril. — Toujours l'affaire de Navarre ; nouvelles lettres au secrétaire Vasquez sur la négociation avec le Portugal et l'affaire de Séville. L'indignation de Charles-Quint contre les coupables de cette dernière ville, n'est pas calmée.
P'Mai. — On croit encore que l'Empereur a au moins du crédit, car on s'adresse à lui pour obtenir protection ou justice, et lui-même dicte une lettre de recommandation en faveur d'un vieux compagnon d'armes, Juan de Narvaez, qui servit dans les campagnes d'Italie, de Barbarie, de Flandre, etc., fut blessé dans unassautj pillé parles soldats français, etc.
— Le roi Philippe écrit d'Angleterre qu'il partage la colère de l'Empereur et fera punir les coupables de Séville.
12 Mai. — Gaztelu écrit à Vasquez que l'Empereur veut qu'on confisque les biens de ceux qui ont cherché à frauder le fisc. — Charles-Quint refuse de suspendre sa renonciation à l'Empire.
— Lettres à l'archevêque de Tolède pour l'engager à prêter de l'argent au roi. Question financière traitée dans plusieurs dépêches.
19 Mai. — Charles-Quint, informé de l'hostilité croissante du Pape contre lui et son fils, le roi d'Espagne, ne craint pas de s'exprimer amèrement à son tour contre le Saint-Père. Provisoirement, il est d'avis qu'il ne faut pas laisser publier en Espagne les bulles de Rome. L'archevêque de Séville semble refuser l'emprunt qu'on lui demande. Charles-Quint veut qu'on insiste.
28 Mai. — Le secrétaire Vasquez écrit à l'Empereur pour lui faire connaître le mouvement des troupes qu'on va diriger sur l'Italie. Charles-Quint, toujours préoccupé de l'affaire de Séville, ne se livre pas à une colère aveugle, et fait les distinctions d'un vrai politique, en conseillant de fermer les yeux sur la complicité des « maîtres de navires et des pilotes » compro-