ÉPILOGUE ET APPENDIX HISTORIQUE ET BIOGRAPHIQUE
s'était fixé le regard de Charles-Quint mourant; je fis mes adieux aux bons Hiéronymites et je me remis en route au moment où Taube matinale commençait à blanchir le ciel. Je m'éloignai de Yuste avec un recueillement solennel, et ce ne fut que lorsque le soleil était presque à la moitié de sa course que le chant joyeux de quelques jeunes filles, dissipant mes graves réflexions, renvoya le spectre de Charles-Quint dans les sombres pages de l'histoire. »
Ce n'est pas sous les voûtes royales de l'Escurial que nous voudrions, nous aussi, évoquer ce grand génie autour duquel gravitèrent toutes les puissances de son siècle. C'est vers la Vera de l'Estramadure que nous dirigerions notre pèlerinage; c'est à Yuste que nous irions interroger les ruines de la retraite que lauguste solitaire avait choisie pour y compléter chrétiennement l'abdication de ses grandeurs, en s'humiliant devant Dieu et en lui rendant grâces de l'avoir désabusé des vanités de la gloire humaine.
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Le lecteur comprendra que les notes marginales du texte me dispen*sent de grossir mon volume par des pièces justificatives.
Lorsque j'ai écrit mon chapitre sur la candidature et l'élection, je n*avais pas reçu un document qui prouve que je n'ai pas eu tort de prétendre que Gharles-Quint présenta franchement ses titres devant le collège et sans chercher à ruser avec François T*', quoiqu'il continuât à lui montrer la déférence duc à son âge. Ce document se trouve dans le premier volume des Monumenla //a/^s&tirytca, publics à Vienne parle docteur Karl Lanz. C'est le texte des insli^ctions données par Charles-Quint au seigneur Poupetde La Chaulx, qu'il envoyait au roi de France en mai 1518 ; — « S'il est parlé de l'Empire, sera dit que le Roy Catholique a bien » cause d'y penser* plus que nul autre, tant pour ce qu'il est yssu et M descendu de la lignée des empereurs, comme pour ce que l'empereur » présent, son seigneur et grand-père, l'en a pieça fait solliciter; avec ce » qu'il est tellement qualiffié et si puissant roy que pour bien régir et « gouverner ledict Empire, à l'onneur de Dieu, exaltacion de la foy » chrestienne et au grand bien et honneur d'iceluy saint Empire ; et ne » se doibt personne émerveiller, mais plustôt de ce que princes d'autre n nacion vouldroient tirer ledict Empire hors de la nation d'Allemagne » où il y a beaucoup moindre apparence. » (Page 01.)