AVANT-PROPOS. VII
» vence, aiosi que de plusieurs autres grands seigneurs. Le roi conflrma » tous les anciens privilèges de TcgUse métropolitaine et tous ceux de )> la commune. Charles IV, après avoir séjourné pendant deux* mois dans » cette ville, se rendit à Marseille d*où il partît bientôt pour Avignon. Il » y fut reçu par le pape Urbain Y avec tous les honneurs possibles. Il » traversa le Rhône et s* arrêta à Villeneuve, où Louis de France, » duc d* Anjou, lui donna à dJner. Ce fut là que Tempereur se démit » volontairement de la souveraineté et du titre de roi d'Arles, en faveur » de Charles V, roi de France, pour réparer Tinjustice que Chnrles-le- » Chauve avait faite en démembrant de ses- États ce royaume en faveur » du glorieux Boson, son beau-frère (1). Depuis lors le titre de roi d'Arles » finit pour les empereurs; mais il subsiste encore chez les Impériaux, » qui s'attribuent toujours le droit et la souveraineté de ce royaume, » comme il paraît dans les titres des archevêques de Trêves. Cet électeur » donne sa voix dans les élections des rois des Romains et au sacre des » empereurs, avec la qualité de Primat des Gaules et de chancelier du » royaume d'Arles, quoiqu'il n'en fasse aucune fonction. » ( Abrégé chronologique de l'Histoire d'Arles, par M. de Lalauzière, page 240.)
On voit que, lors de l'élection de 1519, l'archevêque de Trêves^ Richard de Greiffenclau de Wolralli, était parfaitement dans son rôle, et que François I*** devait se croire le légitime possesseur du vieux, no yaume d'Ables. Charles-Quint ne l'entendait pas ainsi. Au premier prétexte qui s'offrit à lui, il traita François comme un usurpateur. Dans une lettre à sou frère Ferdinand, datée de Victoria le 16 janvier 1523, il écrivait :
(( Aussi, mon frère, par mes lettres en allemand, je vous escripz et à » ma Chambre Impériale, pour faire procéder au baa impérial et con- » fjscation contre le dict roy François, notre ennemy, des terres qu'il » usurpe et occupe. subjectes à l'Empire, sicomme du royaulme d'Arles, » du Dauphiné, Lyonnois, comté de Valence, Dyois^ comté de Prô- » vence, principauté d'Orange, Montélimar, etc. (2)
J'ai cité une réponse de Charles- Quint à Henri VIII, qui prouve que TËmpcreur refusa, après la bataille de Pavie, de détrôner son captif et de partager la France avec le roi d'Angleterre ; mais il ne cessa jamais de considérer comme usurpés sur lui « le duché de Bourgogne » et « l'ancien royaume d'Arles. » Lorsqu'il flt en personne son expédition de Tannée 1530, — une des erreurs de son règne, — il s'imaginait rentrer dans son bien. Heureusement pour la France et son roi (qui avait tort), la
(1) L*historien dauphinois de Bayard, M. Alfred de Terrebassc, s'occupe d'une histoire de Boson, et son érudition fera connaître ce roi, Jusqu'à ce jour fort mal connu , mt^me des érudits.
(2) La?iz, Correspondent des Kaisers^ tome 1*', page 83.