VIII AVANT-PROPOS
Provence était alors très sincèrement ralliée à la nationalité française. Le roi venait de $*y montrer et y avait été parfaitement accueilli. Il avait visité Arles , et notre Abrégé Chronologiqae atteste qu*il sut apprécier nos richesses monumentales : « Ce père des lettres et des arts, pendant » son séjour, donna les plus grandes preuves de son goût pour les an- » ciens monuments des Romains. Il parut fort affecté de la négligence » que les magistrats avaient eu de laisser masquer le superbe ampbi- )) théâtre par la construction de plusieurs petites maisons. Sa Majesté » fut fort. satisfaite de la réception qu'il avait reçue des Artésiens, ses » fidèles sujets. »
Quand Charles-Quint se présenta Tannée suivante, ce n*était pas < en père des lettres et des arts, » mais en conquérant : aussi la réception fut tout autre.
Aix lui ouvrit ses portes et il s*y fit sacrer roi d'Arles dans l'église métropolitaine de Saint-Sauveur. Sachant qu'Arles se préparait à se défendre, rEmpercur résolut de s'en emparer par la force ; mais les habitants s'étaient émus d'un beau zèle : les femmes, elles-mêmes, donnèrent l'exemple, et Ton vit les dames d'Allen, de Castellane-Laval, de Quiqueran, de Porcelets, rivalisant avec les dames de Marseille^ porter des matériaux pour la réparation des remparts ! Le 17 août, Arles pouvait enfin braver Tarmée impériale, dont l'avant-garde fut signalée sur la lisière des marais de Montmajour. Le général de Charles-Quint , Alphonse d'Avalos marquis de Vasto, parut, ce jour-là^ avec deux officiers et dix cavaliers d'escorte, sur la hauteur des Mouleirès d'où il voulait reconnaître la ville.
Les Artésiens pouvaient très bien l'apercevoir du rempart de la porto de TAure. Ils crurent que c'était l'Empereur lui-même, et le seigneur de Porcelets, qui commandait ce poste, ayant fait un signe, un artilleur pointa sa pièce et y mit le feu. Le général espagnol aperçut la flamme do la mèche et eut juste le temps de s'effacer derrière la chapelle de Saint- Pierre. Le boulet alla tomber à la place même qu'il venait de quitter. Comme ni lui ni aucun des cavaliers de son escorte ne reparaissaient, l'artilleur, qui avait rechargé son canon, envoya un second boulet qui frappa le même but que le premier, comme pour dire au général ennemi qu'il ne l'aurait pas manqué s'il eût osé se montrer une seconde fois. Le marquis de Vasto n'accepta pas un pareil défi. Il rebroussa chemin avec SOT) escoFte , ramena le gros de l'armée à Aix et fit son rapport à l'Empereur, qui « leva le siège d'Arles avant de l'avoir commencé. »
Peu de jours après, Charles-Quint décidait sa retraite, et voici ce qu'il écrivait au comte Henri de Nassau pour l'expliquer. Après avoir parlé de la résistance qu'il devait s'attendre à trouver à Avignon, ville prrs de