I -ilirti'riéÊÎlilt rr
repartit le Pore François, il n y a aucun ordre religieux, si ancien et si approuvé qu'il soit, qui n ait été nouveau et inconnu. Il ne fut pas pire quand il fut nouveau. Au contraire, l'expérience nous enseigne que les comfnencements des ordres religieux et même ceux de l'Évangile et de la loi de grâce ont été les plus florissants, les plus fervents et les plus féconds en hommes avancés en dévotion et en sainteté. Je «sais bien que plusieurs parlent de la compagnie diversement, comme le dit Votre Majesté, parce qu'ils ne savent pas la vérité sur elle. La passion de quelques-uns va même jusqu'à nous attribuer des choses fausses et condamnables. Pour moi, j'assure à Votre Majesté, avec cette vérité que pourtant de raisons je suis tenu de dire en votre présence, que si j'avais su de cette compagnie quelque chose de mal, je n'y aurais jamais mis les pieds, et si, maintenant que j'y suis, je l'apprenais, j'en sortirais aussitôt. Il ne serait pas juste que j'eusse quitté cette misère que j'ai laissée et que le monde €stime un peu, pour entrer dans une société religieuse dans laquelle Dieu notre Seigneur ne serait pas bien servi et glorifiée »
L'Empereur ne se rendit pas. Il conservait des préventions contre les jésuites. Leur institut était récent, eX d'ailleurs ils avaient emprunté une partie de leurs
* Ribadeneyra, fol. 379.
usages aux théatins, avec lesquels on les confondait dans la Péninsule et qui avaient eu pour fondateur le pape Paul IV, ennemi déclaré de sa maison. Comme prince et comme Espagnol, Charles-Quint ne les aimait pas. 11 n'avait d'attachement et de respect que pour les établissements anciens. Aussi répliqua-t-il au Père François avec l'opiniâtreté castillane : « Je crois ce que vous me dites parce que la vérité s'est toujours trouvée dans votre bouche. Mais que répondrez-vous à ce qu'on objecte contre votre compagnie, que tous y sont jeunes et qu'on n'y aperçoit pas de cheveux blancs'i — Sire, repartit le Père François, quand la mère est jeune, comment Votre Majesté veut-elle que les enfants soient vieux? Si c'est un tort, le temps nous en corrigera bientôt. D'ici à vingt ans ceux qui sont jeunes au* ront bien des cheveux blancs. 11 n'en manque pas d'ailleurs dans notre compagnie. J'ai déjà vécu quarante-six années que j'aurais certainement pu mieux employer, et voici avec moi, poursuivit-il en montrant le 1 ère Buslamente, un vieux prêtre qui en a près de soixante, homme d'une doctrine et d'une vertu éprouvées et qui s'est rendu novice parmi nous\ » L'Empereur reconnut le Père Bustamente, que le cardinal Tavera, dont Bustamente avait été l'un des secrétaires,, lui avait dépêché de Madrid à Naples, lorsqu'il reve-
• Ribadeneyra, fol. 379.
nait de rexpédition de Tunis. Il n'insista pas davantage, gardant ses doutes sur la compagnie et témoignant la plus affectueuse confiance à son austère et saint ami.
Dans cette conversation, qui dura trois heures, ils se rappelèrent le projet qu'ils avaient autrefois formé Tun et l'autre de se retirer dans la solitude. «Vous souvenez-vous, dit Charles-Quint au Père François, de ce que je vous confiai en 1542 à IMonzon en vous annonçant que je ferais ce que je viens d'accomplir? — Je m'en souviens très-bien, sire. — Je ne m'en ouvris qu'à vous et à un autre. — Je sentis toute la faveur de celte confidence, dont j'ai gardé jusqu'ici le secret sans en avoir jamais ouvert la bouche à personne. Mais j'espère que Votre Majesté m'accordera la licence d'en parler. — Vous le pouvez maintenant que la chose est faite. — Votre Majesté se souviendra aussi qu'à cette époque je l'entretins du cliangemcnt de vie auquel j'étais disposé? — Vous avez raison, je m'en souviens très-bien. Nous avons tenu Tun et l'autre notice parole et accompli nos résolutions* »
Trois jours se passèrent dans de semblables entretiens entre l'ancien duc de Gandia et le vieil Empereur, entre l'ascétique jésuite et le royal cénobite, ayant re-
*■ « Bienavernoscuinplido ambos nuestras palabras, i (Ribadeneyra, fol. 580.)
nonce Fun à toutes les splendeurs de la vîe, l'autre à toutes les grandeurs de la puissance, le premier pour s humilier devant Dieu, enseigner les hommes, parcourir les provinces et les villes, étendre un institut qu*il regardait comme le plus solide appui du christianisme romain chancelant, le second pour se reposer des fatigues de la domination, se soustraire à la responsabilité du commandement, et prier plus paisiblement dans la solitude d'un cloître. Lorsque le Père François prit congé de lui, Charles-Quint Tinvita à ivvenir le voir promptemcnt. Il ordonna à Quijada de lui reniettre deux cents ducats en aumône. « Bien que cette somme soit modique, dit Quijada au Père François, Sa Majesté, en considération du peu qu'elle a aujourd'hui, ne vous a jamais donné autant dans les grâces qu'elle vous a autrefois accordées*. »
Charles-Quint n'était pas seulement à Jarandilla l'objet dliommages empressés et respectueux, on lui envoyait encore des présents de diverses espèces et surtout des mets délicats pour sa table. Le courrier qui allait et revenait de Valladolid à Lisbonne portait tous les jeudis soir à Jarandilla du gros poisson pour le service de l'Empereur les jours maigres. Sa fille, la princesse goberuadora, lui adressait de la cour des provisions abondantes et des regalos continuels : elle n'é-
« Ribadeneyra, fol. 380.
tait pas la seule. Les grands et les prélats lui faisaient parvenir à Tenvi ce qui était le plus capable de lui plaire. 11 reçut des confitures, des pâtés d'anguilles et de grosses truites de Valladolid ; des perdrix fines du \illage de Gama, appartenant au marquis d'Osomo; des saucisses faites à la façon de Flandre dans la maison du marquis de Dénia, et telles qu'on les servait naguère encore à sa mère dans Tordesillas ; du gibier de TAragon et de la Nouvelle-Cas tille, des veaux de Saragosse, des huîtres fraîches, des soles, des carrelets et des lamproies de Séville et de Portugal, des provisions d'anchois d'Andalousie et de petites olives préparées par le marchand Perejon, qu'il préférait aux grosses olives de l'Estrémadure ^
L'archevêque de Tolède lit partir, à plusieurs reprises, de sa riche métropole, huit ou neuf mules chargées de provisions de toutes sortes* pour Jarandilla. Le prieur de Notre-Dame de Guadalupe ne cessa de lui en expédier de son riche monastère, soit à Jarandilla, soit à Yuste'^. La duchesse de Béjar et la duchesse de Prias offrirent aussi à Charles-Quint des regalos de
* Retiro, estaticta, etc., fol. 70 v*, 76 v«, 77, 78 r*, 81, 82, 84» 85; pour Perejon, voir Retraite et mort de CharleS'Qmnt, etc, vol. I, p. 40, 44, 49.
* RetirOf estancia, etc., fol. 84.
' Lettre de Quijada à la princesse dona Juana du 16 octobre 1558. Retraite et mort de Charles-Quint, etc., vol. I, p. 429.
bouche et des présents. Parmi ces derniers se trou* valent une cassolette d'argent pour brûler des parfums, des eaux de senteur et des gants. LTmpereur se montra sensible à ces attentions, mais il dit en jetant les yeux sur les gants que lui avait envoyés la duchesse de Prias et sur ses doigts noués par la goutte : « Il aurait fallu m'envoyer aussi des mains qui pussent les porter*. » Les friandises, les saumures, le gibier, les mets épicésquiarrivaientàJarandilla,etque l'Empereur mangeait avec plaisir et abondamment, désolaient le fidèle Quijada, qui écrivait à Valladolid : « Tout cela ne fait qu'exciter son appétit', et le proverbe dit : La (jota se cura tapando la hoca^ la goutte ne se guérit qu'en fermant la bouché. »
La goutte, en effet, reparut bientôt, et un accès violent se déclara du 27 décembre au 4 janvier. Le mal se porta d'abord sur la main droite, remonta jusqu'à l'épaule, saisit le cou, gagna ensuite la main et le bras gauches, et se jeta en dernier liçu sur les genoux '. Celte forte attaque, après un peu de rémittence, recomniença pour ne cesser entièrement que vers le 2G janvier. Pendant qu'il en souffrait, était arrivé en
* « Y mirando los guantes dijô que ta m bien fuera bien en- « viarle manos en que los trugera. » (RetirOf estancia, etc., fol. 78 I-.)
* « No se hacia mas que incitar el apetito. • (lbid.,foL 84 r*.}
s /i'/^/,. fol. 82 et 83.
poste de Milan un assez célèbre médecin, Giovanm Andréa Mola, appelé à Jarandilla pour soumettre TEmpereur à ce qu'on appelait alors une cure*^^ et le guérir des hémorroïdes au moyen d'une plante qu'il ne trouva point en Estrémadure et qu'il envoya plus tard de Lombardie*. Le docteur italien lui demanda d'abord de renoncer à l'usage de la bière, comme contraire à sa santé; mais c'était trop exiger d'un Flamand, et Charles-Quint répondit qu'il n'en ferait rien*. Le docteur déclara que ce pays était trop humide et n'était pas assez sain pour lui ; à quoi Charles^Quint répliqua « qu'il n'y avait pas encore prononcé de vœux^.» Il était cependant bien résolu de s'établir à Yuste; et Gaztelù, qui commençait à le connaître parfaitement, écrivait à Vasquez de Molina : « L'Empereur ne chance géra rien à ses projets, dans lesquels il ne se laîs- « sera pas ébranler, quand môme le ciel se joindrait « avec la terre*. »
Pendant sofi séjour à Jarandilla, Charles-Quînt traita
* Uetiro, estancia, etc., foL 69 v*, 86 v*.
* Retraite et mort de Charles-Qtiintf etc., vol. I, p. 114, 116, 121,122,123.
* « V Sa Magestad respondlô que no lo haria. » (Betiro, esta»' cia, etc., fol. 91 r% lettre de Quijada à Vasquez.)
* « A esto le respondiô que aun aqui no habia hecho proll»- K sion. » [lhid,,io\, 91.)
» « Que Su Magestad determînado esta de no hacer mudana N en ello, aunque se junte el cielo con la terra. • {IM^ fol. 79 r'.)
plusieurs affaires délicates ou graves qui intéressaient soit la royale famille dont il restait le chef respecté, ' soit la monarchie espagnole, dont les besoins et les périls ne cessèrent plus, quoi qu'en aient dît les historiens, d'occuper son ardente sollicitude. Après de courtes lassitudes, le goût des affaires lui était revenu*. Il déploya l'ancienne vigueur de son esprit et de sa volonté.
La reine Eléonore désirait que sa fille l'infante dona Maria de Portugal vînt auprès d'elle en Espagne. Il y avait plus de vingt-cinq ans qu'elle ne l'avait vue, et elle hâtait de ses démarches comme de ses vœux une réunion que son âge et sa maladie ne devaient pas rendre bien longue. Mais le départ de l'infante de Lisbonne pour Valladolid avait rencontré l'opposition intéressée du roi Jean III, peu disposé à se dessaisir du million d'écus d'or qui revenait à sa sœur consanguine doiia Maria. L'infante d'ailleurs éprouvait une orgueilleuse répugnance à paraître dans un pays dont elle avait dû être reine et où elle trouverait le souvenir humiliant du mariage convenu et rompu entre elle et
* Aussitôt après son arrivée à Jarandilla, il prit connaissance des graves événements qui se passaient en Italie et se préparaient du côté de la Flandre. Gastelù écrivit à Vasquez d'en rendre un compte assidu à TEmpereur : « Porque huelga de entender « estas cosas, yaunotrasdesta cualidad. » {fietiro, estancia, etc., fol. 69 V.)
Philippe II. Aussi les instances de la reine Éléonore n'avaient abouti qu'à des refus. Jean III avait écrit à dom Duarte de Almeida, son ambassadeur à ValladoL lid : «t Je ne puis assez m'étonner qu'on \euille faire sortir de ma maison Tinfante ma sœur, que j'ai élevée et que j'aime comme ma propre fille, autrement qu'ont coutume d'en sortir les infantes de Portugal*. Ni son honneur ni le mien ne permettent qu'elle quitte son pays et ma maison sans être mariée. » Il prétendait, afin de concilier les devoirs de la nature avec les convenances de la position, qu'au lieu d'envoyer la fille vers sa môœ, il fallait que la mère se rendit auprès de sa fille*.
Désolée de cette résistance, qu'elle sentait bien ne pas pouvoir surmonter toute seule, la reine Éléonora invoqua la puissante intervention de Charles-Quint Elle le supplia, comme « celui qu'elle tenait à seigneur et à père', » d'appuyer ses désirs maternels auprès de la cour do Portugal en réclamant lui-même la venue de riiifanlc, qu'on n'oserait pas refusera sa demande, fondée d'ailleurs sur un article formel du traité dt
* Instruction du 7 noyembre pour dom Duarte de Âlmeidt. Papiers de Simancas, série B, liasse 8*, n" 15-16.
* La reine Catherine, femme de Jean III, écrivit dans le même sens à la reine Éléonore, sa sœur. Sa lettre du 7 novembre est jwuslen** 14.
s Lettre de la reine Éléonore à Charles-Quint du 17 novembn*
mariage conclu entre elle et le roi Emmanuel. Charles- Quint écrivit, comme le souhaitait sa sœur, à don Juan de Mendoza, ambassadeur ordinaire d'Espagne à Lisbonne, où il envoya de plus extraordinairement don Sancho de Cordova, qui vint recevoir ses instructions à Jarandilla et qu'il chargea de réclamer, en son nom, de Jean III, le juste et prompt départ de l'infante*. En rencontrant un pareil négociateur, le roi de Portugal devait finir par céder. Mais il eut recours auparavant à toutes sortes de subterfuges et ne visa qu'à multiplier les lenteurs. Il fit partir pour Jarandilla Lourenço Pires de Tavora, que l'Empereur connaissait depuis longtemps et qui lui avait toujours été fort agréable, avec l'ordre de gagner du temps par des propositions préalables de mariage en faveur de l'infante*.
Arrivé à Jarandilla le 14 janvier 1557, Lourenço Pires fut reçu le lendemain 15 par l'Empereur, qui l'accueillit fort gracieusement et ne voulut point qu'il lui parlât à genoux et la tôte découverte*. L'ambassadeur de Jean III, conformément aux ordres de son
* Don Saucho de Cordova arriva à Jarandilla le 29 novembre. Lettre de Gaztelù du 6 décembre dans Retraite et mort de Cliarles-Quint, etc., vol. I, p. 64, note I.
^Santarem, Relations diplomatiques de Portugal, t. III, p. 549.
5 Dépêche inédite de Lourenço Pires à Jean III du 16 janvier 1557. J'en dois Tobli géante communication à M. le vicomte de Santarem.
i82 DÉPART POUR L'ESPAGNE.
maître, ne négligea rien pour prouver que Finfante ne saurait quitter le Portugal sans être mariée^ et demanda qu'on lui fit épouser ou le roi des Romains, veuf depuis quelque temps, ou rarchiduc Ferdinand, son fils, qu'aimaient beaucoup les deux reines douairières de France et de Hongrie. La pénétration de Charles- Quint n'eut aucune peine à saisir les intentions dilatoires de Jean III. Repoussant bien loin le mariage de Finfante avec son frère Ferdinand, auquel un âge déjà avancé et de très-nombreux enfants ne permettaient pas de sortir de son veuvage, il admit que ses deux neveux, Farcliiduc Ferdinand ou le duc Philibert-Emmanuel de Savoie, pourraient très-convenablement épouser Finfante. Mais, s'il ne fut pas contraire au mariage de sa nièce, il fut pressant pour sa venue, qu'il réclama en vertu de la clause à cet égard péremptoire qu'il avait fait insérer dans le contrat d'union entre Éléonore et le roi dom Manuel le Grand *.
Dans cet entretien Charles-Quint parla avec une effusion confiante à Lourenço Pires de sa vie nouvelle» des sentiments qu'il y apportait, du repos dont il y jouissait, des dispositions qui l'y avaient conduit et
* Il cita textuellement à Lourenço Pires cet article, ainsi conçu : « Otro si es concordado que si Dios ordenaréque el dicho senhor rey de Portugal falesco primero que la dicha senhora infanta (Éléonore), que ella y sus hijos y creados se puedan partir de les didios reynos. » (Môme dépêche.)
auxquelles il déplora \ivement de n'a\oîr pas cédé plus tôt. Ce fut alors qu'il fixa la première pensée de son abdication au retour de l'expédition de Tunis, en disant qu'il n'avait pas pu Faccomplir à cause du jeune âge de son fils *. « Mais, ajouta-t-il avec un regret qui n'était ni sans fondement ni sans amertume, j'aurais dû me retirer au monastère après avoir terminé la guerre d'Allemagne. En le faisant alors, j'aurais eu l'avantage de ne pas affaiblir ma réputation ; tandis qu'aujourd'hui elle a souffert des événements qui ont
suivi*. »
Après deux jours de pourparlers, l'Empereur envoya à Valladolid, avec des lettres pour les reines ses sœurs, Lourenço Pires, qui devait leur proposer le mariage de l'infante avec l'archiduc Ferdinand ou le duc Philibert-Emmanuel*. Mais celles-ci avaient une plus haute ambition. Elles pensaient que la reine d'Angleterre, qu'on avait crue grosse, et qui était hydropique, ne vivrait pas longtemps, et elles aspiraient à
* Môme dépêche.
* « ... Doendose tambemde se nam recolher, acabada a guerra de Alemanha, confessando que fora nessu ocaziam sem perda de reputaçam, o que agora era o contrario pe los acontecimento de depois. )» (Dépêche inédite de Lourenço Pires à Jean III et datée du 15 février.) ïllui rend compte du second entretien qu'il eut avec Charles-Quint.
5 Lettre de l'Empereur à la reine de Ilongrie du 16 janvier. Retraite et mort de Cliarles-Quint, etc., vol. I, p. 91-92.
reprendre, lorsqu'elle serait morte, le projet de mariage de 1 555 et à donner Tinfante doiia Maria pour troisième femme à Philippe II.
Avant cette négociation pour la venue de l'infante, le ?îavarrais Escurra était venu trouver encore une fois Charles-Quint et l'informer des dernières et alarmantes dispositions du duc de Vendôme. Antoine de Bourbon, après avoir connu ce qui s'était passé àBurgos, ne s'était mépris ni sur la réponse ëvasive de TEmpereur, ni sur le silence prolongé du roi Philippe. 11 avait vu ce que signifiaient ces négociations sans terme et ces pourparlers sans conclusion, et il avait dit: « J'admire que ces gens se moquent ainsi de moi, et « me croient assez simple d'esprit pour ne pas m aperce cevoirque tous ces délais ne sont que des leurres*. » Il avait ajouté quil n entendait pas être tenu ainsi le bec dans ïeau^, et il avait demandé qu'on se décidât vite, dans un sens ou dans un autre, pour qu'il agit en allié ou en ennemi'. Le duc d'Albuquerque avait transmis à Philippe II cette sommation, qu Escurra
* « Y cstoy espantado que las génies se quieran del lodo burtt lar de mi, y me quieran hazer tan simple de spiritu que yo « no entienda que todas estas prolongaciones no son que hurlas « y enlretenimientos de palabras. Copia de lo que un secreiario € de Vandoma escriviô al Escurra por orden de su amo, â 8 de a noviembre 15è>6. » (Simancas, Estado, leg. 807.)
* « El pico dentro del agua como de présente. » (îbid.) 5 Ibid.
vint communiquer à TEmpereur. Charles-Quint donna (le bonnes paroles à Temoyé du roi de Navarre, mais sans rien promettre. « Étant éloigné des affaires, lui « dit-il, et à la veille d'entrer au monastère, je ne peux « prendre aucune résolution là-dessus. Mais la ré- « ponse du roi mon fils, auquel j'ai écrit de Burgos, « ne saurait tarder. Entretenez donc la négociation du « mieux qu'il se pourra, jusqu'à ce que cette décision « arrive *. » Il n'était guère possible d'admettre que la riche Lombardie fût cédée en compensation de la pauvre Navarre, et que des politiques aussi ambitieux et aussi habiles que Charles-Quint et Philippe 11 achetassent à ce haut prix l'alliance d'un prince dont l'hostilité n'était pas au fond très-redoutable pour eux, et qui ne serait certainement point en état de reconquérir ce que l'un de ses prédécesseurs avait été hors d'état de défendre. Néanmoins, comme il valait encore mieux éviter ses attaques que s'y exposer, on continua à lui laisser des espérances, toutense préparant, s'il ne s'en contentait point, à le repousser sur la frontière bien défendue des Pyrénées. « Il annonce, écrivait Charles- « Quint à VasquezdeMolina, que si l'accord entre lui « et mon fils ne se conclut pas, il entreprendra Tannée « prochaine la guerre contre la Navarre*. » La possi-
* C'est ce que l'Empereur raconte à Vasquez de Molina dans sa lettre du 6 décembre 1556. Simancas, Estado, leg. 809.
* « Certiûcando que en caso que no se effectue ei concierto
bîlité de cette invasion, lorsque la guerre se renouvelait en Italie pour s'étendre un peu plus tard vers les Pays-Bas, décida Charles-Quint à empêcher, en le désapprouvant, le départ du duc d' Albuquerque pour l'Angleterre, où le mandait Philippe IL « Je m'étonne, « écrivit-il à la princesse doria Juana, que le roî mon « fils, dans un moment où le roi de France a rompu « la trêve, et après la négociation dérisoire de Ven- « dôme, éloigne le capitaine général de la Navarre, « dont la présence est de la plus grande importance sur « cette frontière*. »
La trêve de Vaucelles, en effet, avait été rompue, et le pape Paul IV était parvenu à ses belliqueuses fins. Non-seulement il n'avait pas rétabli les Colonna dans leurs terres et leurs fiefs, mais il avait rendu leur dépossession irrévocable en donnant la ville et le duché de Palliano à son neveu Jean Caraffa, comte de Montorio, et au jeune fils de ce dernier la ville de Cavi avec le titre de marquisat. Les Espagnols, qu'il haïssait par-dessus tout, et qu'il voulait expulser de l'Italie, avaient été en butte à de violentes attaques et aux plus insupportables outrages. Sous de frivoles prétextes, il avait arrêté l'envoyé de Charles-Quint, Garcilaso de la
entre el rey mi hijo y el dicho Vandoma, emprendererâ el < ano que viene la guerra contra Navarra. » (Retiro, esiat^ m, etc., fol. 81, 86 et 92.)
* Ibid,, fol. 92 I*.
Vega, emprisonné le grand maître des postes Juan Antonio de Tassis, maltraité l'ambassadeur d'Espagne don Juan Manrique de Lara, marquis de Sarria, qu'il avait contraint de sortir de Rome. Il avait révoqué les diverses bulles par lesquelles ses prédécesseurs concédaient aux rois d'Espagne des subsides ecclésiastiques^ et notamment la bulle de la Quarta^, qui donnait à Charles-Quint, pendant les années 1555 et 1556, la quatrième partie des revenus du clergé castillan et aragonais. Paul IV était allé même jusqu'à suspendre le service divin en Espagne; et, poussant les choses aux dernières extrémités, il avait intenté des poursuites contre Charles-Quint et Philippe II devant la chambre apostolique, dont le fiscal avait conclu à ce qu'ils fussent privés, l'un de l'Empire, l'autre du royaume de Naplcs, que le pape déclarait être également des dépendances du saint-siége. Enfin, dans l'espérance d'obtenir l'adhésion et les secours du puissant allie que la trêve de VauccUes lui avait fait perdre, il avait envoyé son neveu, le cardinal Caraffa, comme légat auprès d'Henri II, pour ramener ce prince au traité abandonné du 15 décembre 1555, dans le double intérêt du souverain pontificat et de la domination française en Italie* L'entreprenant légat, que Paul IV avait tiré de la vie des camps pour l'introduire dans le sacré collège, et
• Par un bref du 8 mai 1550 Retira, esUmciat etc., fol. 2S
qui exerçait un empire extraordinaire sur son onde par la similitude des haines et la communauté des ambitions, avait pleinement réussi en France, d'où il était revenu avec la promesse de la guerre et avec un corps auxiliaire de deux mille hommes, que devait suivre bientôt le duc de Guise à la tête d'une armée.
Philippe II, attaqué dans ses partisans, outragé dans ses ambassadeurs, poursuivi dans sa croyance et dans celle de ses peuples, dépouillé de ses privilèges, menacé de perdre ses États, ne put point, malgré les hésitations de son caractère et les scrupules de sa piété, éviter la lutte à laquelle il était aussi fortement provoqué. Pour en diminuer les périls, il fallait aller audevant d'eux. Attendre que ses ennemis opérassent la jonction de leurs forces au centre de l'Italie, c'eût été s'exposer à perdre le royaume de Naples et le duché de milan. Mais, avant de désobéir aux injonctions pontificales et de commencer la guerre contre TÉglise, il vour lut se concilier l'approbation et se donner l'appui de l'opinion catholique dans tous les États de la monarchie espagnole. 11 fit assembler en Flandre, en Italie, en Espagne, les théologiens les plus respectés, les plus savants jurisconsultes, les plus habiles casuisles, qu'il rendit juges entre le pape et lui. Ces docteurs du catholicisme et du droit furent, en général, d'avis qu'il devait empêcher Tcntrée des brefs pontificaux dans ses royaumes, de peur d'en agiter les peuples; qu'il pou»
Tait y continuer Fexercice du culte chrétien et y percevoir les revenus ecclésiastiques malgré Tinterdiction du pape ; enfin, qu'il lui était permis de défendre par les armes ses droits légitimes contre Paul IV, qui les lui enlevait sans raison et sans justice^ Mais ce sentiment ne fut partagé ni par le primat d'Espagne, don Juan Martinez de Siliceo, archevêque de Tolède, ni par le célèbre fray Domingo de Soto, que Charles-Quint avait autrefois envoyé avec le titre de son premier théologien au concile de Trente, et qui, tous deux, dans leurs scrupules et leur ignorance, conseillaient au roi catholique de conclure un arrangement impossible avec le saint-père. Soto, témoin de l'ébranlement de la vieille religion en tant de pays, craignait qu'un commencement de désobéissance au saint-siége ne fût un prélude de révolution dans la foi. Il l'écrivit au roi* en termes colorés et énergiques : « Sans doute, dit-il, ré- « sister au pape armé en Italie n'est pas d'un grand « péril, parce que, quand le pape revêt le harnais, il se c< dépouille de la chasuble, et, quanti il se met le casque, « il se couvre la tiare. Mais, en Espagne, si l'on mé- « prise les commandements du pape, qui représente, « parmi le peuple, la loi de Jésus-Christ, il est à crain-
* Retiro, estancia, etc., fol. 24 et 25.-
* Sa lettre, en réponse à celle de Philippe H. qui l'avait consulté en particulier, était du 5 juillet 1550. Elle se trouve dans le manuscrit de don T. Gonzalez, fol. 25 v*.
190 DÉPÂBT POUR L'ËSPàGNE.
« dre qu'il n'y ait bientôt plus de pStpe, et à la fin plus <c de foi *. »
Soutenu par la grande majorité des théologiens et clés canonistes qui étaient les lumières de ses États et les guides religieux de ses peuples, Philippe II se décida à la guerre contre Paul IV. Après une protestation plus forte par les faits que par le langage, le duc d'Albe eut ordre de pénétrer sur le territoire pontifical avec des troupes qu'il tenait prêtes, d y rétablir de force les Colonna dans leurs possessions^ et, les armes à la main, d*y contraindre le pape à la paix.
Le duc d'Albe ne rencontra aucune résistance sérieuse dans les Etats romains. Il entra sans beaucoup de peine dans Anagni, Valmontario, Tivoli, Vicovaro, Nettuno, Palombara, Porcigliano, Ardea ; s'empara de vive forco de la ville et de la citadelle d'Ostie ; occupa toutes les positions qui dominaient Rome, et sembla menacer d'une seconde prise d'assaut la capitale du monde chrétien. La ville entière, épouvantée et incapable de se défendre, maudissait tout haut le turbulent vieillard qui l'exposait à ce nouveau péril, et qui, seul intrépide au milieu de l'effroi universel ■ et toujours
* « Resistir alla al papa armado, no trae tanto peligro; por- « que quando se viste el arnés, parece desnudarse la casulla^ « y qu a M do se pone el yelmo encubre la tiara. » (Retiro, es* iuncia, etc., fol; 2^ et 25.)
^ Relaxdone di Roma di Bernardo Navagero, en 1558. Dans Alberi, série il, vol. III, p. 382 et 394.
inflexible dans son inimitié, s'écriait, en parlant des Espagnols : « Chacun peut maintenant connaître ces « traîtres, qui songent depuis tant d'années à renou- « vêler le sac de Rome, comme ils couperaient le foin « dans leur pré et le bois dans leurs forêts ^ »
Mais le duc d'Albe n'osa point tenter sous Philippe II ce qu'avait accompli le connétable de Bourbon sous Charles-Quint. Au lieu de pousser plus loin ses avantages et de réduire le pape à la paix par une plus grande défaite, il consentit à une trêve de cinquante jours, qui fut conclue avec les Caraffa, sous la média- • tion des Vénitiens *.
Cette nouvelle inattendue arriva en Espagne au mois de décembre 1556, et fut portée à Jarandilla, où l'Empereur ne la connut que le 5 janvier 1557 '. Charles- Quint avait suivi avec un suprême intérêt tous les incidents de cette lutte. Il écoutait avidement la lecture des dépêches de Flandre et d'Italie que lui envoyait Vasquez de Molina et que lui lisait Gaztelù. Après les avoir entendues, il disait toujours : « N'y en a-t-il
* Relazione di Roma di Bernardo NavagerOt en 1558. Dans Alberi, série II, vol. III.
* Philippe II, par une lettre du 9 octobre, avait accepté la médiation des Vénitiens, et il invita lui-même le duc d'Albe a poser les armes. {Retira , estancia,e\c,,îo\. 50.) La trêve, de dix ours d'abord, fut prorogée de quarantCo
*lbid., fol. 83 r.
plus* ? » Lorsqu'il fut remiç de son premier accès de goutte^ et qu'il se fit communiquer les lettres qui lui avaient été apportées de Valladoiid, il apprit avec un extrême déplaisir la suspension d'armes à laquelle avait consenti le duc d'Albe*. Dans ce moment, le duc de Guise, à la tête d'une armée française, passait les Alpes, arïlrait en Piémont, et la trêve lui laissait le temps d'opérer sa jonction avec les troupes que les ('araffa levaient de toutes parts. C'est ce que dit le pénétrant Charles-Quint, qui, comprenant toute la portée de cette faute ', y vit la perte prochaine de toutes les places conquises sur le territoire pontifical, cl la guerre bientôt transportée des États de l'tglise dans le royaume de Naples : « Il ajouta entre les dents, écrivit « Gaztelù, beaucoup d'autres choses; et, dans sônmé- « contentement, il ne voulut pas entendre lire les ar- « ticles de la trêve *. »
Il fit connaître à Philippe II toute sa surprise et toute sa désapprobation d'une conduite si inhabile. Du 8 au 16 janvier, il ne cessa pas d'écrire des dépêches pour
* « Pero siempre en estas cosas dice : Si no hay mas. » (Lettre de Gaztelù du 18 novembre.) Retraite et mort de Charles- Quint, etc., vol. I, p. 45.
* « ... Se manifesté en estremo descontento. » [Retira, et* tancia, etc., fol. 83 v^.
5 Ibid,, fol. 84 V*.)
* « ... Dijô otras varias cosas entre dientes y que de mohino « que estaba, no quisôoirloscapitulosdelatregua. » (Lettre de Caslelû. /Mrf..fol. 84 V.)
sa fiUe et ses sœurs à Yalladolid, pour son ambassa* deur à Lisbonne, et surtout pour son fils à Bruxelles. Cette application et cette ardeur contribuèrent vraisemblablement à la seconde attaque de goutte qu'il eut jusqu'au 26 *. Ayant alors reçu de nouvelles lettres de la princesse dona Juana, et voulant, dans d'aussi difficiles conjonctures, aider Philippe II à sortir victorieux de cette première et périlleuse épreuve de son règne, il pressa la gouvernante, sa fille, de mettre les côtes et les frontières de FEspagne en état de défense, de réunir Fargent nécessaire aux levées des troupes et aux frais de la guerre, d'envoyer en Flandfe des soldats castillans, « qui, selon Fexpression de Quijada, c< étaient les meilleurs soldats du monde *, » afin d'y compléter les régiments espagnols; de pourvoir, en un mot, à tout ce qu'exigeait une lutte qui allait devenir générale au printemps.
n lui écrivit à ce sujet une lettre très-longue et trèsbelle, où reparaissait le prévoyant politique et le souverain qui avait toujours su commander et agir avec opportunité : « Ma fille, lui disait-il, les Français ayant « rompu la trêve avec aussi peu de fondement qu'ib « Font fait, les affaires de la chrétienté et les nàtra « étant dans les termes où elles se trouvent, il comiert
« Retiro, estandap etc., fol. 85 et 86. < (( Castellanosporquesonlosmejoressoldadosdel: (/Hi.Jol.eir*.)
quitta définitivement le château de Jarandilla pour aller s'établir au monastère. Le 3 février 1557, dans l'aprèsmidi, il se sépara des serviteurs qui ne devaient pas Ty accompagner, du comte de Rœulx, de M. de Hubermont, et de plus de quatre-vingt-dix Flamands, Bourguignons et Italiens, qui l'avaient suivi de Bruxelles à Jarandilla. Outre le payement de ce qui leur était dû, ils reçurent de lui des présents en témoignage de satisfaction et de bon souvenir*. Sur le seuil même de son appartement, il leur dit alors un dernier adieu, et les congédia avec de douces et affectueuses paroles ■. L'émotion était universelle. Tous ces vieux serviteurs avaient le visage bouleversé, et la plupart fondaient en larmes '. Leur douleur, en se séparant à jamais de leur maître, n'avait d'égale que la tristesse de ceux qui allaient s'ensevelir pour toujours dans la même solitude que lui *.
Vers trois heures, il monta en litière. A cheval et à ses côtés étaient le comte d'Oropesa, qui l'accompagna jusqu'à Yuste ; le sommelier de corps la Chaulx, qui y
* Retira estancia, fol. 92 v*.
* «... Y él les dispidiô con muy buenas palabras y demoi- € tracion de amor. » (Lettre de la Chaulx. lbid,p fol. 92 v* )
» Ibid,
* Ils se trouvent, dit Gaztelû, dans la « tristeza y aoledad. » {Ibid., etc., fol. 91 v*.) Quijada ajoute : « Es gran lastima ver « partir una companîa de tantos anos... créa V. que lo sienten € demaziado. » (Ibid,, fol. 92 v*.)
resta quelques jours encore avec lui, et le majordome Luis Quijada. Derrière se trouvait le reste de ses serviteurs. Au moment où le cortège se mit en marche, les hallebardiers qui avaient formé sa garde jetèrent leurs hallebardes à terre \ comme si les armes employées au service d un aussi grand empereur ne devaient plus être d'aucun autre usage. Le cortège traversa silencieusement le fond de la vallée et gravit lentement les flancs de la montagne sur laquelle s'élevait le monastère. L'Empereur arriva à cinq heures du soir à Yuste •. Avertis de sa venue, les religieux l'attendaient à l'église, qu'ils avaient illuminée, et dont les cloches sonnaient à toute volée en signe d'allégresse '. Ils allèrent au-devant de l'Empereur, la croix en tête, et le reçurent enchantant le TeDeum^, Ils étaient transportés de joie, dit un témoin, « de voir ce à quoi ils n'au- « raient jamais cru*. » Charles- Quint, descendu de sa litière, se plaça sur un siège, et se fit porter jusqu'aux marches du maître-autel. Là, ayant à sa droite le comte d'Oropesa et à sa gauche Luis Quijada, après que le
* Manuscrit hiéronyinite, c. xiv, dans Retraite et mort d^ Charles-Quint, etc., vol. II, p. 15 et 16.
* Lettre de Gaztelû du 5 fév., ibid., vol. I, p. 119.
' <c Las campanas se hundian y parece que sonavan mas que olras vezes. » (Ms. hiéronymite, c. xiv, ibid., vol. II, p. 16.)
* Lettre de la Ghaulx dans Retira, estancia, etc., fol. 93 r*. » « De ver lo que nunca ereyron. » {Ibid.f foL 95 r*.)
19S DÉFART POUR L'ESPAGNE.
chant des prières solennelles fut terminé, il admit les moines à lui baiser la 'main. Le prieur, vêtu de sa chape, mais un peu troublé en présence du puissant souverain qui devenait Thôte religieux de son couvent, le complimenta en l'appelant « Votre Paternité. » — « Dites Votre Majesté, » ajouta en le reprenant aussitôt un moine qui se trouvait à côté de lui *. Charles- Quint, en sortant de l'église, visita tout le monastère*, puis il se retira dans sa propre demeure, dont il prit possession le soir même, et où désormais il devait vivre et mourir.
^ Betiro, eslancia, etc.» fol. 93 r*. Lettre de M. de la Ghaulx 3t lettre de Gaztelû, Betraite et mort de Charles^Quint, vol» U ç. 119.
* Lettre de Qaijada du 4 février. Ibtd., p. ii8'«