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que personne pour l’histologie, surtout en ne cessant d'appeler utilement l’attention sur les réactions chimiques des humeurs et des éléments à l’état frais.
Robin apportait dans la représentation des faits histologiques par le dessin ou la gravure, les mêmes tendances de précision rigoureuse. Il se servait admirablement du crayon, il excellait à rendre l’aspect offert par les éléments anatomiques dans le champ du microscope, et les figures qu’il en a données, demeurent des modèles d’exactitude. Son esprit essentiellement épris de vérité condamnait ces apparences conventionnelles et ces coloris brillants autant qu’inutiles dont on fait aujourd’hui un si étrange abus. S’agitil de figurer un tissu formé de petites cellules, on se borne h une sorte de dessin géométral qui dispense de représenter dans leur vérité des éléments anatomiques qu’on n’a pas pris soin d’observer et d’étudier individuellement: c’est encore là une conséquence de la pratique habituelle des coupes sans dissociation préalable. De même ces figures richement enluminées qui nous représentent des tissus toujours presque incolores, sont une conséquence des procédés techniques de coloration, employés au détriment de l’étude directe des éléments à l’état vivant ou même cadavérique. Sauf dans les cas où l’on voudra rendre l’aspect des pigments, la couleur appliquée à ^représentation histologique estun non sens. L’histologiste met en usage les colorants non pour avoir, comme certains semblent le penser, de jolies préparations séduisantes aux yeux, mais pour distinguer des détails qu’il ne verrait point autrement, comme une pièce d’étolfe sur laquelle sont des dessins à peu près invisibles exécutés à l’aide d’un mordant, et qu’on trempe dans un bain de teinture pour faire ressortir ces dessins. Telle est la seule indication de l’emploi des colorants en histologie. Étant donné ce fait que la plupart des éléments soumis aux fixatifs, alcool, bichromates, etc..., possèdent des propriétés optiques très sensiblement uniformes, et par conséquent se laissent mal distinguer dans le champ du microscope, l’anatomiste met enjeu l’affinité élective de certains de ces éléments ou de certaines parties de ces éléments pour tel colorant déterminé, afin de les mieux discerner ; mais il n’acquiert cette vue plus distincte qu’en s’éloignant davantage de l’état naturel; tandis que dans les représentations graphiques, son devoir est, au contraire, de serrer la réalité d’aussi près que possible. Pour colorer la substance chromatique d’un noyau nous employons le vert de méthyle, ou certains bleus pour colorer et rendre visibles les bactéries au milieu des tissus, mais le véri-
table état des choses une fois reconnu par ces artifices, il n’est plus besoin en aucune façon ni de vert ni de rouge pour représenter des corps absolument sans couleur et un trait plus fort, un simple procédé de dessin doivent être préférés à des enluminures parfaitement inutiles, qui n’ajoutent rien à la clarté des représentations et semblent uniquement destinées à fixer l’attention des ignorants.
Presque au lendemain de la nomination de Robin à l’École de médecine, paraissait le Journal de l'anatomie et de la physiologie normales et pathologiques de l’homme et des animaux publié par MM. Brown-Séquard et Charles Robin (1864). Le Journal de la physiologie de l'homme et des animaux , fondé par M. Brown-Séquard en 1858 venait de cesser sa publication. Robin y avait inséré plusieurs mémoires importants. La nouvelle direction résolut d’élargir le cadre du nouveau recueil en donnant une place aussi étendue aux recherches d’anatomie comparée proprement dite et d’anatomie générale qu’à celles de physiologie. Dès le début les matériaux abondent et le Journal de l'anatomie publie dans ses premiers fascicules des mémoires de MM. Claude Bernard, Chevreul, Donders, etc... Cependant, avant la fin de la première année, M. Brown- Séquard se retirait, ne voulant pas céder à certaines exigences de l’éditeur, et à partir du Ve numéro le nom de Robin figura seul sur la couverture. Plus tard, quand il fut nommé sénateur (1876), il nous associa à la direction du recueil dont il avait assuré la durée et que nous nous efforçons de continuer dans le même esprit.
Robin n’a point fait paraître les grands ouvrages généraux sur les Eléments et les Tissus qu’on semblait en droit d’attendre de lui. A partir de l’époque où nous sommes arrivés, il se consacre presque exclusivement, en dehors des recherches spéciales qu’il ne cessa jamais de poursuivre, à la composition d’articles de dictionnaires. Or, tous ces morceaux, quoique inspirés de la même pensée ne forment point corps. Cette dispersion de son talent fut certainement un malheur; nous avons été privés ainsi des grands traités didactiques qu'on était en droit d’attendre sur les autres parties del’ Anatomie générale, de fauteur du traité de Chimie anatomique et des Leçons sur les Humeurs. Ce vaste projet qu’avait certainement caressé Robin au début de sa carrière, d’édifier à lui seul une véritable encyclopédie d’Anatomie générale, il l’abandonne pour jeter son œuvre aux quatre vents de l’alphabet et sans qu’on voie bien les raisons maîtresses qui ont dicté à ce puissant esprit cette abdication. Dès 1868 et 1869, il fait paraître trois