I.XXVIII CHARLES ROBIN
« pièces de cellules épithéliales à la surface du derme dénudé. » « (. Microscope , 2° partie, p. 116). Il ne se sert pas à cette époque du terme blastème qui avait déjà cours depuis près de dix ans en Allemagne, ou Burdach (1) et surtout Geber (2) s’en étaient servi dans le sens que lui-même lui donnera.
On a \ u que Robin avait été de très bonne heure préoccupé d’une distinction fondamentale à établir entre les deux règnes animal et végétal. Il croit avoir trouve dans le mode d’apparition des éléments qui composent les tissus des animaux et des végétaux, un argument décisil. D après lui, seuls les végétaux nous présentent conformément aux vues de Schwann la transformation directe des cellules en divers autres éléments anatomiques (trachées, vaisseaux ponctués, fibres ligneuses, clostres, etc.). Chez les animaux il en estautrement : les cellules du feuillet moyen, toutau moins au bout d un certain temps, vont se liquéfier et c’est dans le « blastème » résultant de cette liquéfaction que les éléments définitifs, fibres musculaires, tubes nerveux, etc., apparaîtront par genèse. Robin ne fait d exception (1848) que pour les produits (épiderme, ongles, plumes, dents, cristallin, etc.), qui se développeraient par métamorphose directe des cellules embryonnaires. Quant aux tissus constituants ou essentiels (nerveux, musculaire, cartilagineux, etc.), il croit que leurs éléments se substituent à des cellules qui les ont précédé et leur ont préparé un blastème convenable.
Les blastèmes, d après la nature que leur suppose Robin et le rôle qu il leur fait jouer, seraient des éléments organiques (fluides ou demi-fluides) du corps, temporaires et, de plus, d’une infinie variété. Ils proviennent soit des plasmas (sang, lymphe), laissant suinter certains de leurs principes à travers les parois des capillaiies, soit des éléments anatomiques figurés déjà nés et versant autour d eux des principes immédiats propres à la constitution de 1 élément à venir. Les blastèmes, très distincts les uns des autres au point de vue de leur origine, ne le sont pas moins au point de v ue de leur fin et de leur composition nécessairement en rapport avec les éléments anatomiques qui vont naître d’eux. Cependant, ils ne diffèrent, en apparence, que par un peu plus ou un peu moins de consistance. Sous le microscope, ils se présentent comme des substances liquides ou demi-liquides, amorphes, interposées le plus souvent en petite quantité aux éléments préexistants et déjà presque toujours mélangées d’éléments de génération nouvelle. Enfin, ce
(1) Physiologie, Paris, 1838, trad. franc., t. III, p. 371.
(?) Handbuch der nllgemeinen Anatomie, Bern, in-8», 1840, p. !G.