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La même année (1854) Robin décrit comme élément anatomique spécial le périnèvre. L’existence de ces gaines solides, résistantes, enveloppant les faisceaux de tubes nerveux dans les nerfs périphériques avait depuis longtemps déjà frappé les observateurs. On peut les voir indiquées sur une figure de Leeuwenhœck représentant une section de nerf de cheval. Un élève de Cruveilhier, Bogros, les avait injectées au mercure; cependant les histologistes négligeaient de les signaler et de les décrire. Robin, le premier, montre que ces gaines sont formées d’une substance distincte par ses réactions qui en font une espèce anatomique, et leur donne le nom sous lequel on doit continuer de les désigner (1). A la vérité, les moyens dont il disposait alors ne lui permettent pas de voir les cellules lamelleuses interposées aux lames concentriques qui enveloppent les faisceaux nerveux, mais il décrit complètement celles-ci et montre en plus que les corpuscules de Pacini ne sont qu’une dépendance de ces lamelles encore épaissies, multipliées au niveau de la terminaison de chaque tube nerveux.
En 1855, Robin démontre que les lignes transversales signalées parfois sur les grosses fibres élastiques des Mammifères ne peuvent être comparées aux stries des faisceaux musculaires; que ce sont simplement des fissures ou excavations transversales étroites.
La comparaison des mêmes éléments anatomiques aux différents stades de la vie était pour Robin une des conditions nécessaires pour arriver à leur complète connaissance. Aussi ne doit-on pas être surpris de voir de bonne heure l’anatomie de l’utérus et de l’embryon fixer son attention. Le premier il fait connaître (1848) la structure intime de la muqueuse utérine, d’une manière comparative pendant et hors l’état de grossesse. Comparant ensuite la texture de la muqueuse du col utérin, dont jusqu’alors on avait négligé l’étude, à celle du corps, dont la caducité normale après chaque grossesse venait d’être démontrée par Coste, il établit que ces deux régions muqueuses diffèrent malgré leur continuité, et
« signification d’une formation réellement nerveuse, bien qu’elle joue un rôle ana- « logue à celui du tissu conjonctif; que l’une quelconque des cellules d’une masse de « névroglie, même prise au sein d’une formation pathologique, peut acquérir à la « fois la forme et les fonctions d’une cellule nerveuse ganglionnaire; qu’elle possède « la névrilité à l’état latent, et dans certaines conditions redevient apte à la dévc- « lopper par une simple modification évolutive. » Noie sur le gliome neuroformalif et l'équivalence nerveuse de la névroglie (Gaz. méd. de Paris, 1884).
(1) M. Ranvier a proposé récemment (voy. Exposé des titres et des travaux scientifiques de M. Ranvier, 1885) de remplacer ce nom de Périnèvre par celui de <( gaine 1 mielleuse » sans qu’on voie bien pourquoi abandonner un nom déjà ancien et parfaitement déterminatif.
SA VIE ET SON OEUVRE
explique consécutivement comment il se fait que l’une d’elles est caduque, tandis que la seconde ne l’est pas. Dans un autre travail publié à quelques années de là (1857), il établit les analogies de la muqueuse non caduque de l’utérus des Mammifères avec les muqueuses en général, tandis que cette analogie n’existe pas chez la femme. Il fait connaître les modilications remarquables de forme et de structure que subissent les cellules entrant dans la composition des muqueuses au niveau du placenta pendant l’évolution de l’œuf chez divers Mammifères. Il tire de la structure intime de la couche interposée au placenta et aux sinus sanguins une démonstration nouvelle que les matériaux fournis par le sang maternel ne peuvent arriver que médiatement et par dissolution au sang fœtal.
Antérieurement (1853), il avait décrit la constitution anatomique des cotylédons des Ruminants, inconnue à cette époque; montré les éléments qui en composent la partie utérine et leur arrangement réciproque comparativement pendant l’état de vacuité et pendant la durée de la gestation. 11 étudie également (1855) les modifications que l’arrivée de l’ovule dans l’utérus imprime à l’épithélium prismatique de la muqueuse du corps, lequel fait place à une couche de cellules pavimenteuses tant chez les animaux domestiques que chez la femme.
Il confirma plus tard (1858) ces données sur un grand nombre de mammifères, en y ajoutant plusieurs indications importantes relatives à l’état de l’utérus, de sa muqueuse au niveau du placenta, et à celui de l’épithélium dans les parties auxquelles cet organe n’est pas adhérent.
Les dépendances de l’œuf ne sont pas de la part de Robin l'objet d’une moindre attention. L’étude qu’il fait et la description qu’il donne (1849) de la substance propre du chorion et de ses villosités, lui permettent de déterminer pour la première fois la nature des vésicules hydatiformes des moles, qu’on croyait jadis nées aux dépens des tissus maternels, et qui ne sont autres qu’une modification spéciale des branches des villosités de tout ou partie du chorion.
11 fait également connaître le premier (1854) la manière dont s’oblitèrent celles des villosités choriales qui ne concourent pas à la formation du placenta, par l’atrophie de leurs capillaires et par l’extension de la couche de tissu lamineux existant entre le chorion et l’amnios; tandis que les villosités placées au niveau des parois utérines, restant vasculaires et augmentant de volume, forment bientôt le gâteau placentaire. Cette oblitération normale sur une