‹ Charles Rogier (1800-1885) d'après des documents inéditsChapitre 15 sur 65 · PROJET DE NOUVEAUX TRAVAUX IIO · texte numérisé non relu

PROJET DE NOUVEAUX TRAVAUX IIO

ce sera là surtout la tâche de Charles Rogier, qui sait prêcher d'exemple.

Il est d'ailleurs rentré de Paris avec nous ne savons quelle ardeur de travail nouvelle : bien des projets hantent son cerveau.

Il veut réorganiser le comité de littérature de la Société d'Émulation, dont il venait d'être nommé secrétaire adjoint; donner une impulsion nouvelle aux travaux du Comité grec qui s'était formé à Liège l'année précédente sous la présidence de M. de Sélys et dont le zèle paraissait s'attiédir ; pousser à la translation du Mathieu à Bruxelles ou à la création dans cette ville d'un journal fondé sur le plan et d'après les principes du Mathieu (1) ; réunir des documents pour son Manuel électoral; commencer la publication des Mémoires de Don Juan Van Haelen; créer un journal hebdomadaire à l'usage du jeune âge, la Récompense.

La plupart de ces projets furent exécutés.

Peut-être a-t-il renoncé de lui-même, vu la difficulté

(1) Il devait avoir souvent déjà traité cette question avec un de ses condisciples, Lucien Jottrand, qui lui écrivait de Genappe le 26 décembre 1826 : « Toute la rédaction du Mathieu a vu sans doute avec plaisir que la plupart » des abus frondés par notre seconde chambre à l'occasion de la loi des » budgets, étaient justement de ceux que le Mathieu s'exerce à combattre... » Mathieu n'aura pu se défendre d'un petit mouvement d'orgueil bien » naturel ; les bons citoyens ont observé de nouveau quelle peut être dans » un état constitutionnel l'influence d'un bon journal, et moi, pour ma part, » je me suis dit pour la centième fois : quelle action énergique n'aurait pas » ce Mathieu placé plus au centre du royaume, si, maintenant qu'il se publie » presque à la frontière, dans une province presque inconnue à la moitié » des habitants des Pays-Bas, son influence est déjà telle qu'elle guide nos » mandataires dans leur opposition aux sottises des ministres! Mon cher » Rogier, autant par patriotisme que par intérêt de spéculation purement » pécuniaire, vous devez tous désirer de voir un Mathieu à Bruxelles... Il » nous faut partout de l'opposition nationale... Seulement quelques difficultés » s'élèvent dans mon esprit chaque fois que j'examine le plan du journal » dont nous avons tant parlé... »

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d'exécution, à transplanter Mathieu à Bruxelles. Mais si un autre Mathieu ne s'est pas fondé à Bruxelles, la faute n'en fut pas à lui, mais à certain publiciste de la capitale d'humeur difficile.

Il ne tint pas à Rogier non plus que le Comité grec ne se réveillât de sa léthargie : on avait, après tout, des préoccupations personnelles à Liège.

Mais c'est plutôt au point de vue littéraire, que nous pouvons dire que les années 1827 à 1829 ont été pour Rogier des années fort occupées et réellement fécondes.

L'influence qu'il exerça au comité de littérature de la Société d'Emulation est incontestable. Il porta la parole, au nom de la Société, lorsqu'on 1828, le cœur de Grétry fut rapporté à Liège. Son influence est surtout visible dans les sujets de concours qui furent choisis pendant ses années de secrétariat. Un seul exemple : voici les deux questions du concours de 1828 :

i° Le député d'une nation libre. — On demande sur ce sujet une pièce de 100 à 200 vers.

2° Exposer les différentes méthodes nouvelles d'enseignement et les comparer entre elles, en faisant ressortir leurs avantages et leurs inconvénients.

Le journaliste politique et le professeur sont là.

Les Mémoires de Van Haclcn parurent en 1827 (1). Voici dans quelles circonstances Rogier était entré en relations avec lui.

Le Mathieu Lacnsbergh avait consacré, le 11 septembre 1824, un article assez curieux aux Mémoires publiés

(1) Mémoires de Don Juan Van Hatîen, chef d'état-major d'une des divisions de l'armée de Mina en 1822 et 1823, écrits sous les yeux de l'auteur par Ch. Rogier ; Bruxelles, H. Tarlier, 1827, 2 volumes in-8°. (On y trouve un très beau poi trait de Van Ilaelen par Madou et une carte de la Géorgie qui fait honneur à Jobard, le directeur de la lithographie royale de Bruxelles.)

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