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honorera les intentions et le caractère, à ces hommes dont je n'ai pas cru pouvoir me séparer parce que, placés à leur tour dans une position plus élevée que la mienne, je les aurais vus livrés à tout ce que les passions haineuses, mais inévitables en révolution, peuvent inventer d'absurdes calomnies et d'injures grossières... Ht puisque cette couronne d'épines ministérielle, si enviée, et si dure au front qui la porte, va passer à d'autres mains ( ils l'avaient auucucè). ils ne s'étonneront pas d'entendre une voix amie leur rendre ici cet hommage désintéressé... «
Rogier avait, à l'appui de son opinion, invoqué ses services passés — et il en avait certes le droit. Il lui était permis de dire :
« ...Croyez-en un homme qui a embrassé la cause de la Révolution avec amour, avec passion, qui se tient prêt à la défendre de tout son sang. Elle poursuivra sa marche glorieuse, s'il peut être dit qu'après avoir été le second peuple de 1'Kuropc en énergie et en courage pour briser le joug, le peuple belge a été le premier en prévoyance et en sagesse pour se constituer... »
Le bon sens l'emporta : le traité des dix-huit articles fut voté par les deux tiers de l'assemblée : 126 voix contre 70 (séance du g juillet).
Le lendemain, Lcbcau et Devaux quittèrent le pouvoir après avoir fait mettre au Moniteur la note suivante :
«Le Congrès ayant, par sa décision d'hier, levé les derniers obstacles qui s'opposaient à la constitution définitive du pays, MM. Lebeau et Devaux ont jugé qu'ils ont atteint le but en vue duquel ils étaient entrés au ministère. Ces deux ministres se retirent et répondent par leur retraite aux calomnies dont imparti les a abreuvés. »
Le langage était à la hauteur de l'acte.
Le Congrès ne tint plus que trois séances avant l'arrivée du roi Léopold : le 18, le Hj et le 20 juillet.
Elles furent occupées par la discussion du projet décrétant le rétablissement immédiat du jury (adopté par 7g voix contre 40 et 3 abstentions), du décret sur
l'administration du régent
la presse (voté par gi voix contre 25), et du décret perpétuant par des fètes le souvenir des journées de Septembre (adopté à l'unanimité).
Rogier avait fait avec Devaux partie de la commission qui avait préparé le décret sur la presse.
Et ce fut lui (i ) qui proposa les fêtes de Septembre. « Il faut, avait-il dit le 19 juillet, que toute la nation beige célèbre chaque année l'époque de sa régénération, afin qu'elle n oublie jamais de quel prix elle a été payée, n
Un demi-siècle plus tard, on décida d'avancer de deux mois la date de la célébration de ces fètes de notre indépendance. A notre humble avis, on aurait pu tout au moins attendre que Rogier et ses héroïques camarades de Septembre eussent disparu.
Avant de clore ce chapitre sur le Congrès, indiquons sommairement, d'après les Discussions du Congrès, de Huyttcns, les autres discours et votes principaux de Rogier :
Il vote contre une proposition tendant à attribuer à des autorités électives les mesures de surveillance à établir dans l'enseignement (Huyttens, I, 642);
Il demande qu'on puisse à tout âge être député (II, 32 );
Il vote contre la disposition qui accorde aux députés une indemnité mensuelle de 200 florins pendant toute la session (II, 38) ;
Il propose de déclarer que les fonctionnaires publics ne jouissent d'aucune indemnité s'ils n'ont renoncé à leur traitement pendant la session (II, 3g);
Il se prononce pour l'institution de deux chambres électives (I, 4q5) ;
( 1 ) « Je te félicite, lui écrit Firrnin, sur le succès de ta motion relative à l'anniversaire des journées de Septembre. C'était à toi, mon colonel liégeois, à proposer une telle loi. »
l54 LUTTE POUR L'INDÉPENDANCE
Il demande que les sénateurs soient nommés par les électeurs qui nomment les représentants (I, 568);
Il s'oppose à la nomination du Sénat par le Roi (I, 24) ;
Il demande un rapport sur l'état de l'enseignement (111,140).