‹ Charles Rogier (1800-1885) d'après des documents inéditsChapitre 9 sur 65 · AVRIL, MAI, JUIN · texte numérisé non relu

AVRIL, MAI, JUIN

Les publicistes Destutt de Tracy, De Pradt et Benjamin Constant. — Les tribunaux de commerce. — L'état du pays : le pour et le contre (de Ch. Rogier) (2). — - La Société Générale. — Le Pamphlet des Pamphlets de P. L. Courrier. — L'Ecole des Vieillards de Casimir Delavigne. — Le Jury et la procédure secrète. — La Mnémotechnie [de Ch. Rogier). — Les Essais poétiques de Delphine Gay. — Chaque peuple doit avoir sa législation particulière. — Résumé mensuel des nouvelles politiques {de Ch. Rogier). — UEssai historique de Chateaubriand.

— Les rapports de Voltaire avec le diable (de Ch. Rogier).

— La lecture à haute voix. — Grétry et l'histoire de la musique. — Le respect de la liberté religieuse. — Les loisirs poétiques de trois amis : Reynier , Henkart et Bassenge (de Ch. Rogier). — Lord Byron. — Les relations du Saint-Siège avec les républiques de l'Amérique.

(1) Il va de soi que nous ne nous arrêtons pas aux comptes rendus des représentations théâtrales, des concerts, des bals. Contentons-nous de dire que Rogier en a fait un grand nombre : les curieux liront par exemple avec intérêt un de ses articles sur un bal (n° du 27 avril 1824). Nous ne parlerons pas davantage des articles de fantaisie pure, ni des charades, ni de ce qu'on appelle aujourd'hui les nouvtlks à la main où les deux Rogier faisaient florts.

(2) Nous ne donnerons cette indication que quand il n'y aura aucun doute possible.

ROGIER AVANT LA RÉVOLUTION DE l83o

— Mademoiselle Mars {de Ch. Rogier). — De la nécessité d'abroger expressément les lois contraires aux principes de notre loi fondamentale. — Aperçu sur la situation des états de l'Amérique méridionale {de Ch. Rogier). — Le droit de mouture. — Si l'on peut corrompre ou étouffer l'opinion publique. — Bolivar [de Ch. Rogier). — Les Liégeoisismes [de Ch. Rogier). — La liberté de la presse...

Arrêtons-nous un instant à cette question de la liberté de la presse, une des questions brûlantes du temps, qui provoquait de vifs débats entre les journaux ministériels et le groupe des journaux indépendants, dont faisait partie le Mathieu Lansbcrgh.

Un arrêté royal du 20 avril 181 5, confirmé par la loi du 6 mars 1818, permettait aux tribunaux de frapper la presse coupable u d'alarmer ou de troubler le public, de susciter entre les habitants la défiance et la désunion ».

L'élasticité des termes de l'arrêté-loi, le vague où il laissait le magistrat chargé de l'exécuter, la contradiction flagrante de ses principales dispositions avec le principe de la liberté de la presse inscrit dans la loi fondamentale : tels étaient les arguments principaux qu'invoquait Mathieu pour que le pouvoir législatif l'abrogeât. Qu'au milieu des bouleversements politiques de i8i4etdei8i5, des pouvoirs nouveaux, s'établissant sur un terrain nouveau, eussent cru avoir besoin d'une grande force pour se consolider et pour se mettre à l'abri de toute inquiétude : cela se concevait. On pouvait s'expliquer encore que trois ans plus tard, en 1818, lorsque l'arrêté royal avait été revisé parle pouvoir législatif, on eût cru prudent de ne pas débarrasser brusquement la presse de toutes ses entraves. Mais quand le pays était calme, pourquoi maintenir une loi qui répugnait aux mœurs de la nation et qui faisait en quelque sorte de la liberté de la presse une lettre morte?

A ceux qui lui opposaient l'intégrité, l'honnêteté, l'impartialité des juges, Mathieu répondait :

« Nous n'avons jamais voulu opposer le moindre doute à cet égard : il n'est ni dans notre dessein, ni dans nos principes d'attaquer les personnes ou d'incriminer les intentions. Mais quand on nous dit que les garanties résident dans les hommes, nous nous bornons à répondre que les hommes se trompent, meurent, se remplacent, changent de position et de pensée ; que le sentiment de la veille n'enchaîne point celui du lendemain ; que les institutions seules sont fixes, universelles et durables ; et que là où les garanties manquent dans les lois, on peut dire qu'elles n'existent nulle part. »

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