I. Notes sur Sainte-Beuve: le National, i5 octobre
UNE POÉSIE DE SAINTE-BEUVE 4i
Jules Oudot et Elisa Oudot étaient nés en 1804 et en 1813, tandis que Nathalie était née en 1803.
Ix" En embrassant sa mere^ elle lui disait vous.
Nathalie Oudot avait l'habitude de dire « vous », même à ses parents. Les billets à son mari reproduits au chapitre précédent révèlent cette habitude.
5° Aujourd'hui, la voilà mère, épouse à son tour.
Aujourd'hui — c'est-à-dire en janvier 1829, — Nathalie Oudot était mariée depuis quatre ans. De son mariage était née, à Metz, le 16 août 1826, Glotilde Vertel.
6" Son paisible bonheur de respect se tempère ; Son époux déjà mur serait pour elle un père.
Le premier vers fait une allusion évidente d'abord aux sentiments que le capitaine Vertel inspirait à Nathalie. Nous avons dit quels ils étaient. Sainte-Beuve en a ^ait été le témoin puisqu'il continuait à fréquenter les Vertel et les Oudot. Quant au second vers, — le seul peut-être de toute
la pièce dans lequel Sainte-Beuve, non sans malice, ait égratigné celui que Nathalie lui avait préféré, — il traduit la grande différence d'âge qui existait entre Nathalie et son mari puisque au moment de leur mariage Nathalie venait à peine d'atteindre sa majorité alors que le capitaine avait déjà quarante-trois ans.
7° Et s^asseoit à l'abri du soleil étouffant, Vers six heures, sur V herbe, avec sa belle enfant.
La belle entant, c'est Clotilde Vertel qui avait, au début de l'année 1829, deux ans et demi.
Telles sont les multiples preuves qui concourent à la démonstration qui nous incombait Isolées elles pourraient paraître insuffisantes. Mais leur ensemble donne une certitude.
Une seule objection peut être faite à notre raisonnement. Elle est tirée de deux vers :
Et quand ses jeunes sœurs couraient sur le
[gazon.
Et ses sœurs l'écoutaient... »
Nathalie Oudot n'avait pas deux sœurs, mais, comme nous l'avons dit, un frère, Jules Oudot, plus jeune qu'elle d'un an, et une sœur, Elisa, sa cadette de dix ans. Peutêtre Sainte-Beuve a-t-il donné deux sœurs à son modèle pour les besoins du vers ou les beautés du paysage. Cette légère inexactitude ne saurait suffire à notre sens pour infirmer notre conclusion. Elle n'avait pas empêché d'ailleurs M. Jules Lemaître de proposer son hypothèse « Ondine Desbordes-Valmore » bien qu'Ondine n'ait pas eu deux sœurs mais, comme Nathalie Oudot, un frère et une sœur.
En somme, questagentillssînia, c'estd'une manière tout à fait ressemblante Nathalie Oudot.
Il était d'ailleurs naturel que Sainte- Beuve, qui avait adressé une poésie à Elisa Oudot, sœur cadette de Nathalie',
Sur son front de quinze ans, les cheveux
[blonds d'Aline, etc.