ÉPREUVES DE NATHALIE VERTEL
M. Vatout, conseiller d'Etat et ancien administrateur des monuments publics et historiques. M. Vatout avait déjà contribué à plusieurs reprises à Tavancement de M. Vertel Des lettres écrites par ce haut personnage, soit à M. Vertel, soit à Mme Vertel, de 1834 à 1840, témoignent de rintérèt qu'il portait à leur famille. En 1843, il obtint avec beaucoup de peine pour Mme Vertel un bureau de distribution de papier timbré.
Aussitôt, Mme Verlel fait part de cette bonne nouvelle à Sainte-Beuve. Ce dernier lui répond :
Vous pensezavec raison que ce qui vous touche m'est très cher, surtout quand c'est une bonne nouvelle. Rien n'est plus affligeant que de voir un malheur d'ami sans y rien pouvoir que par de stériles paroles. J'ai été bien accablé et toujours souffrant durant ces temps où je ne me suis pas donné le plaisir de vous voir. Ma pensée ne vous oubliait pas. J'irai vous voir, dès que je pourrai ; mais je n'ai pas voulu tarder à vous remercier de n'avoir pas douté de mon intérêt bien vif, Voudrez-vous bien accepter ce petit
volume en carie de visite ? J'embrasse vos chers enfants et suis tout à vous de respect et d'affection, chère Madame. — Sainte-Beuve.
Le bureau auquel venait d'être nommée Mme Vertel était celui du quartier des Quinze-Vingts Cette nomination obligeait Mme Vertel qui habitait alors 33, rue Jacob près de Saint-Germain-des-Prés, à chercher un logement près du Faubourg Saint- Antoine. Elle s'installe donc rue de la Roquette et regrette cet exil. Sainte-Beuve lui écrit à cet égard :
Chère Madame, je suis heureux de savoir de vos nouvelles, quoique j'en désirasse de meilleures. Je conçois tout ce qu'a de triste ce déplacement, cet exil dans un quartier isolé. Mais enfin c'est nécessaire. Vous avez obtenu ce que vous demandiez si instamment. Vous pouvez vous suffire à vous-même et à vos enfants : ce sont là des raisons de patience. Je serai content le jour où je pourrai aller vous voir. Je suis bien découragé aussi à ma manière : c'est notre lot à tous en avançant. J'embrasse vos chers enfants et vous aussi, chère Madame, avec les sentiments que vous savez. — Sainte-Beuve.