‹ Charles Vertel, Nathalie Oudot et Sainte-BeuveChapitre 65 sur 72 · VUES DE PARIS IXCENDIÉ · texte numérisé non relu

VUES DE PARIS IXCENDIÉ

nelle, en présence du bouleversement auquel il assiste. Une lettre, datée du .S juin 1871, qu'il a écrite à un de ses collègues qui avait pu quitter Paris, exprime les sentiments qui animaient Charles Vertel après ces terribles journées.

Mon cher Monsieur Jacquard. Merci du grand intérêt que vous nous témoignez dans votre lettre. Vous étiez tourmentés à notre sujet. En effet, nous avions tout à craindre... Remercions Dieu. Nous sommes sains et saufs ; et cependant, nous étions restés rue Keller; nous n'avons été délivrés par la vaillante armée française que le dimanche 28, jour de la Pentecôte (beaucoup de gens ignoraient même cette solennité; car on était dans une fièvre nerveuse impossible à décrire). Pendant huit jours, je n'ai pas bougé de la maison ; et, pendant quatre jours, le quartier était livré aux horreurs d'une bataille acharnée. Nous étions bien malheureux, Monsieur Jacquard ; et les minutes semblaient des heures. Beaucoup d'obus tombaient sur des maisons voisines de la nôtre ; c'étaient des projectiles incendiaires, qui allumaient des incendies qu'on parvenait heureusement à éteindre. Puis les coups de canon, la fusillade partant à quelques

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