ACTE I , SCENE III
Que ma haine devient chaque jour plus profonde... Et que ma mère est morte en me mettant au monde.
berengère.
Malheureux!..
YAQOUB.
Malheureux?... Malheureux en effet; Car pour souffrir ainsi, dites-moi, qu'ai-je fait?... Est-ce ma faute à moi si voire époux et maître , Poursuivant un vassal , malgré les cris du prêtre Entra dans une église, et là, d'un coup mortel Le frappa ; si le sang jaillit jusqu'à l'autel ? Est-ce ma faute si sa colère imbécile Oublia que l'Église était un lieu d'asile, Est-ce ma faute?.. Et si par l'Université A venger ce forfait le Saint-Père excité Dit que, pour désarmer la céleste colère, Il fallait que le Comte armât une galère, Et portant sur nos bords la désolation , Nous fit esclaves , nous , en expiation , Est-ce ma faute encor? et puis-je pas me plaindre Qu'au fond de mon désert son crime aille m 'atteindre* Oh! si des bords du Nil quelque chef de tribu , Pour un crime pareil et dans un pareil but, Au sein de ta famille où tout était prospère, Femme, venait te prendre ou ton fils ou ton père; S'il le traitait là-bas comme on me traite ici; S'il lui mettait au cou le collier que voici , Tu comprendrais alors que la haine dans l'âme Ne rentre pas ainsi qu'au fourreau cette lame!
<M ( il \i;i ES vu
Bl i;i m.i'ki
Oh ! oui : vous êtes bien malheureux !
ï IQOUB . ire» mélancolie
Quel enfant Plus que moi fut heureui , plus que moi triomphant ?. ( hiaod ma tète en mes mains s'appesantit brûlante! El que dans le passé ma mémoire plus lente Retrouve son chemin île jalons en jalons . Comme un homme forcé d'aller à reculons. Oubliant le présent et L'avenir, je songe A mon matin si beau qu'il me semble un mensonge : Je n'ai plus de collier, je n ai plus de prison; le s tna un soleil chaud à l'immense horizon; Jr vois se dérouler sur l'ardente savane , Comme on serpent marbré) la longue caravane... D'avance du repas les endroits sont choisis; Je sais où le désert cache ses oasis... Allons, courage, allons, mes ebameliers arabes! Redites-moi vos chants ai» magiques syllabes ;
[QVO [Oea Mali mil ■( , (lambeau de l'Orient ,
Chamelier c «unie' vous combattant et priant,
Comme vous se rendant de la Mecque àMédine... On ne sailli. -/-vous pas la chanson grenadine Que devant notre tente , au bord du Nil , le soir , Chante, en tournant en rond, cette Umée à l'œil noir, Jusqu'à rheureai moment où , doublant noire extase ,
.lie à s«»n b--.ni coi ps si ionique de gaae , ;. mi î s m front humide étalant un trésor, Mon père de sequins lui lait un masque d'or...