‹ Charlet, sa vie, ses lettres, suivi d'une description raisonnée de son œuvre lithographiqueChapitre 149 sur 184 · ON VA SE FORMER EN BATAILLE PAR ESCADRON DANS · texte numérisé non relu

ON VA SE FORMER EN BATAILLE PAR ESCADRON DANS

LA PLAINE VOISINE. Des masses de cavalerie ont traversé un

(1) Ce bon curé de Montmartre était mon onde , et tout Paris a répété ce mot dans le temps. Le voici tel qu'il a été dit, et mieux que ne le raconte Cbarlet. Disons d'abord que le curé, ancien mousquetaire , était déjà connu de l'Empereur.

L'Empereur entre donc chez lui brusquement et sans être annoncé ; la maison embaumait du café que faisait griller la gouvernante : ■ Gomment? monsieur le curé, s'écrie-t-il , des denrées coloniales , chez vous ? — Sire , je fais comme vous , je les brûle. >

Il faut , pour faire comprendre cette spirituelle réponse , dire h ceux qui voudraient bien nous lire dans une centaine d'années , que l'Empereur , par deux décrets , de Berlin et de Milan , avait prescrit de brûler les cargaisons de tous les bâtiments , même les neutres , visités par les Anglais ; et qu'il était alors d'un vrai patriotisme de ne consommer ni sucre, ni café, ni denrées coloniales.

Le mot mal traduit, le dessin assez faiblement exécuté, prouvent que Charlel devait prendre chez lui-même ses inspirations et ne rien accepter des autres.

336 DEUXIÈME PARTIE. — IXe SECTION.

pays de montagnes et vont se déployer en plaine. Au milieu de l'estampe , une grosse charrette recouverte d'une toile passe entre deux bouquet* d'arbres.

831. — 14. Au milieu d'une classe d'enfants, un petit menuisier,

une scie passée dans le bras gauche, son rabot à ses pieds, vient se plaindre au vieux maître de deux petits camarades, et les désignant de la main : C'est eux qui m'a provoqué, dit-il; y mon dit: rabotte donc les aristocrates , alors moi j'ai calotte les fils du propriétaire , mais c'est eux qua reliché les tartines.... moi ,j'mas brossé le ventre.... Les deux enfants protestent avec énergie de leur innocence (1).

832. — 12. VAGUEMESTRE SOIFFNANN , dit un hussard auquel ce der-

nier a fait signe qu'il n'avait pas de lettre pour lui; nix fur mi.... Pas de lettre chargée... monpère m'inquiète.... donnemoi une chique. Cette conversation a lieu à la porte d'un cabaret où l'on voit quatre enfants et un chien.

833. — 13. LES EXTRÊMES SE TOUCHENT. Un tout petit tambour en

bonnet de police trinque avec un vieil invalide assis devant une table et qui lui fait boire un verre de vin. Dans le fond, à droite , groupe de quatre invalides et d'un enfant.

634. — 14. Par un temps de neige et en rase campagne, un lancier est en vedette. Aux pieds de son cheval un petit chien barbet n'a pas l'air plus réchauffé que son maître; mais le maître est philosophe , aussi se dit-il pour prendre patience : Chauffé , éclairé par son gouvernement, c'est une grande douceur.

835. — Première idée de la pièce précédente. Croquis assez avancé

en t., sans encadrement , mais avec le nom de Charlet. Le lancier, son cheval et le chien, un peu plus gros que tout à l'heure, sont tournés vers la gauche. Dans le fond, on distingue des troupes nombreuses de cavalerie.

836. — 15. Un fantassin, de cuisine au bivouac, a regardé sa mar-

mite : Faudrait , dit-il , un crâne maître d'armes pour crever un œil à mon bouillon. Un factionnaire, l'arme au bras devant lui , l'écoute en riant.

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