‹ Charlet, sa vie, ses lettres, suivi d'une description raisonnée de son œuvre lithographiqueChapitre 150 sur 184 · COMMENCEMENT DE DÉCLARATION. Une jeune bonne est · texte numérisé non relu

COMMENCEMENT DE DÉCLARATION. Une jeune bonne est

assise sur un banc, dans un jardin public, où elle a mené promener un petit garçon. Un sergent d'infanterie, légionnaire, est venu s'asseoir près d'elle, un journal à la main. Mais

(\) N'est-ce pas là une spirituelle traduction de la Révolution île 1830 !

album. — 1834. 337

bientôt , voulant entrer en conversation avec sa jolie voisine , il interrompt sa lecture, et la regardant d'un air galant : Il paraîtrait , d'après les feuilles, lui 'dit-il, que nous allons être réduits à trois bataillons.

838. — 17. Pendant la cérémonie d'un enterrement militaire, un

caporal-tambour cause avec le donneur d'eau bénite: J'aurais bien pu fricoter dans la partie* religieuse, lui dit-il, si mon père ne m en avait pas éloigné en m allongeant des bénédictions avec le manche de son goupillon. Et par son geste , le caporal indique que sa canne était le goupillon.

839. — 18. Un vieux paysan vient réclamer humblement son âne ,

dont s'est emparé un fantassin, et sur lequel il est monté avec armes et bagage. A ces réclamations, le soldat lève les bras au ciel: Nous sommes tous frères , lui dit-il avec emphase, il se faut donc aider sur cette terre de misère. Derrière le paysan se cache un petit garçon, tout effrayé.

Alphabet moral et philosophique à l'usage des petits et des grands enfants , par Charlet. (1836.)

Très- jolie suite composée d'un frontispice et de vingt -cinq pièces toutes imprimées en t., encadrées et numérotées.

840. — * FRONTISPICE. (Sans encadrement, tiré à part pour les suites

sur papier de Chine; imprimé sur la couverture, au-dessous du titre, pour les autres. )

Un enfant en blouse, coiffé d'un bonnet de police, et vu de dos, bat la caisse près d'un écriteau, sur lequel on lit: Avis aux amateurs, Gihaut a l 'honneur de prévenir le...

841. — 1. A. AVARE. Un jeune domestique, vêtu d'une redingote

de livrée qui , devant passer de l'un à l'autre , lui tombe sur les talons, est venu, une assiette à la main , pour servir son maître. Mais celui-ci, entouré de sacs d'or et d'argent, ne paraît pas plus disposé à manger qu'à faire manger les autres. Le pauvre valet fait piteuse mine , ainsi que le chien , qui derrière lui a fourré son museau dans sa poche pour y chercher quelque chose. Pauvre Jeanl pauvre chien!

842. — 2. B. BIVOUAC. Un vieux fantassin, tout en surveillant la

marmite, s'occupe de blanchir son fourniment. S'adressant à un jeune soldat en faction devant lui : Le bivouac, lui dit-il, sauf les rhumatismes, développe les facultés de l'homme, rafraîchit le sang et pousse à l'industrie,

843. — 3. C. CROuUEMITAINE. Il dévore les enfants mâles des deux sexes. On le voit en effet, ayant déjà dans sa hotte un enfant qui crie, en poursuivre d'autres, parmi lesquels il saisit d'un air féroce un petit garçon.

844-. — Première idée de la pièce précédente. C. en t., peu avancé, sans encadrement.

Ici Croquemitaine a deux enfants dans sa hotte, et tient un petit garçon sous chaque bras.

845. — 4. D. DÉMÉNAGEMENT. Celui qui n'a jamais connu la peine,

jamais non plus n'a connu 'le plaisir. Un jeune peintre romantique laisse vacant , dans la maison d'où on le voit sortir, un cabinet au sixième. Un commissionnaire marche devant lui, riant sons cape de son bagage, qui se compose d'un chevalet et d'armes anciennes.

846. — 5. E. ÉCOLE. Commencement des misères et des tribulations

de la vie. Onze jeunes garçons vont entrer dans l'école de M. Pomard. Il est à sa porte, une houssine sous le bras, des lunettes sur le nez , et compte les enfants au passage. Une affiche placardée sur le mur, à l'entrée de la classe , nous apprend que M. Pomard, instituteur, enceigne l'ortograffe, la lecture , l'écriture, les callecules, la religions et la maurale dans ses principes , et le champ religieux.

847. — 6. P. FRANGE. Là finit leur misère f Deux grenadiers de la

Garde et un jeune fantassin, restés prisonniers aux désastres de Russie, après une route qui a mis le comble à leur misère , arrivent à la frontière. Un des grenadiers a aperçu et montre avec transport à ses camarades un poteau sur lequel on lit France. L'autre grenadier se découvre avec émotion , et le jeune soldat se jettera genoux, levant les mains au ciel.

848. — 7. G. GROGNARD. Un grenadier de la Garde est en faction

près d'une chaumière détruite par la guerre ; il ne semble pas de bonne humeur, et Charlet dit alors : Le grognard est un vieux brave qui est toujours mécontent, et qui veut toujours l'être, parce que cela lui fait plaisir.

849k — 8. H. HOSPITALITÉ. Par un temps de neige , un soldat d'in-

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