CHARLOT CHEZ L’USURIER
En maTtre humoriste, Charlie prend une echelleou n’importe quel objet d’art du memo genre (balai, assiette, montre, chapeau, savate) et en fait tout un monde qui lie fin it pas — comme font les poetes qui connaissent leur metier.
New Mission ; le grand N6ne$s», en haut- de-forme et veston a ramages, . au preche sa benoite
epouse ; les re verberes n’ont plus le vertigo et Charlie, correct, militaire, mondain, offre son bras — et il sait d4j4 lequel — a la dodue Edna qui fut, est, sera son ange gardien.
CHARLOT S’ EVADE (The Adventurer).
Est-ce le plus fou ? Est-ce le plus sage ? C’est
peut-etre le plus drdle. Mais je vais passer pour un phinomdne si j$ sais quel est le pi de Charlie Chaplin.
Chariot s' hade / II dtait done en pritfbn ? Dans le comique pyjama des d&tenus, il court sur une plage. Policemen. Rochers 4 deux issues. Plongfons. Fuite. Poursuite. Il sauve une jeune fiAe. Le voild h£berg£. On l’habille en homme du monde. Il y a un jaloux — et la photo de l’6vad6 dans les joumaux. Un bal. Musique. Rafraichissements. La police. L’escalier. Les portes 4 guillotine. Le balcon d’o& l’on peut verser de l’eau sur les invitis.
Flirt. Chariot laisse tomber un sorbet dans son pantalon b&ant. La eoptse reprend. Cela ne finit pas. Cela ne finira jamais.
Je renonoe. Pardonnez-raoi. J ai toqiu ruconter le plus drdle de Chariot. Je ne le ferai plus.
UNE VIE DE CHIEN (A dog's life).
II y a toujours un policeman dans le voisinage d’un terrain vague.
Et Charlie est 4 l’int&rieur.
Pauvre conune un Dieu, indolent comme la reine de Saba, le vagabond a sa philosophic. Quelle vie inttrieure !
Le sentiment totalement sentimental n’est qu’une miette de ce festin c6r6hral. Au moias peut-on l’-exttrioriser 4 loisir. 11 faut aimer. jQui ? Uae femme, un perroquet, un smoking, un pale ale-? Non. Un chien.
Le chien de Charlie est innocent et fatal autant qbe Marion Delorme ou Francesca Bertini. II trouble le policeman, attroupe les raoutards, affole les ..dames
serieuses et aboutit au p&tissier ambulant Puisqu’il vole les gateaux, Charlie mongers. Manger n’est pas voler. Negligemment accote d 1’ fetal du marchand, le vagabond grappille. L’assistte est bientQt vide. Le marchand est fou. La police veille. Une tempete se dechaine. Qui paiera les pots cassfes ? Ni vous, ni moi, ni Charlie. Les pots soat cassfes, wild tout ce que nous demandiaas.
Changement de programme.
A nous le caf’-conc’. Charlie et son chien dfebarquent dans un dancing qu’on ’peut aussi bien appeler du nom de caffe, de music-hall, de taverne et de beaucoup d’autres noms.
Des couples ardemment disparates guinchent vertement. La boisson envahit les ames. L’orchestre est en foliel Heureux Charlie, pauvre chien. L’humanitfe traque ce duo innocent. Et sur la scfene fetroite le solo tendre — et grin9ant peut-etre — de la. petite chan-! teuse mfelancolique (encore un chien battu) pleure a en pleurer. Pleurons done; Le virion qui serb de coeur a CharHe.gfemk en.lui sa. romance titubante. Et, selon 1’usage, l’homme seul aimera d’ amour la vedette du; caifeceoneert.
Digiti # )y LjOOQr
Ce toman restitue tout les romans du monde.
Peu importe desormais quo la queue du chien batte la grosse caisse, que le tdlier soit un vilain, que le trombone ait sa crise d’6pilepsie, que les vastes dames se plaisent a fox-trotter aux bras de males minuscules et que Charlie en vienne 4 jouer 4 Guignol avec un pochard assomm£ 4 coups de bouteille.
II n’y a pas d’idylle s£rieuse sans un enlevement. Edna et Charlie et le chien s’en vont. Une vie nouvelle commence. Pire ? Voire. Alio ns- y.
Ce conte est un film. Ce film peut avoir comme titre la PitiL
Ce conte, ce film, cette pieta, c’est la premiere oeuvre complete du cinbma. Elle est classique. Elle