‹ Charlotte Corday: A TragedyChapitre 7 sur 161 · ACTE I. SCÈNE I. II · texte numérisé non relu

ACTE I. SCÈNE I. II

Mêlons, comme les Grecs avaient accoutumé,

Le parfum de la rose et le vin parfumé;

Et que le souvenir de cet antique usage 195

D*un siècle Athénien soit le premier présage!

VERGNiAUD, Sa penchant vers Barbaroux,

Barbaroux, si j*en crois mes sentiments secrets, N'effeuillons pas la rose; effeuillons le cyprès.

[// reprend la coupe et Pêlhe»] N'importe! De mon sang la coupe serait pleine, Que je boirais à toi, France républicaine; 200

Et ton avènement sonnerait notre mort, Que ceux qui vont mourir te salûraient encor!

[// Mt.]

TOUS, élevant leurs verres.

Vive la République!

BARBAROUX

Aux lois !

BUZOT

A la clémence!

VERGNIAUD

A la raison humaine !

LOUVET

Au siècle qui commence!

MADAME ROLAND

Vive la République ! et mourons, s'il le faut ! 205

VERGNIAUD

Que je sois le premier qui monte à l'échafaud !

\Les Girondins passetit de la salle à manger dans le salon^ précédés par madame Rolandy à qui Sieyh donne le bras. — Les (fomcstîq^ws cmj^rUnt \a \abU

par le fond^ aprls avoir e/ilevi les candilabresy quHls posent sur la cheminée et sur une console^ de chaque côté du salon. Un autre domestique entre à gauche avec un plateau sur lequel est servi le café, — La salle à manger devient obscure et le salon seul est éclairé.']

BARBAROUX

Oui, donnons notre sang; mais qu'il coule avec gloire

Pour notre indépendance et notre territoire.

Quant à tendre la gorge au fer d'un assassin,

Par mes bons Marseillais ! ce n'est pas mon dessein. 210

— On menace vos jours; voulez-vous les défendre?

Attaquez les bourreaux, au lieu de les attendre.

Les meurtres de septembre appellent des vengeurs,

Et nul ne s'est levé contre les égorgeurs !

La Commune a trempé dans cette boucherie; 215

Elle Fa commandée; elle la salarie;

Et fière apparemment de ses hideux exploits,

Au corps législatif elle dicte des lois;

Périsse la Commune! — Il est à côté d'elle

Une caverne, oU gronde une émeute éternelle. 220

Le club des Jacobins opprime nos débats.

Et ses pétitions, insolents attentats,

Aux applaudissements de la foule accourue,

Dans l'enceinte des lois font déborder la rue;

A bas les Jacobins! — Mais tous ces factieux 225

Ne sont que les agents de trois ambitieux;

A vous donc, Triumvirs, à vous mon cri de guerre.

Septembriseur Danton! dictateur Robespierre!

Et toi, l'enfant perdu de ce triumvirat.

Toi qu'on ne peut nommer sans dégoût, toi,— Marat ! 230

— Quoi! ce prédicateur du meurtre et du pillage,

JJ votera les lois que sa présence outrage!

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