‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 128 sur 174 · EXTRAIT DE L'INTERROGATOIRE DE GRÂNGER · texte numérisé non relu

EXTRAIT DE L'INTERROGATOIRE DE GRÂNGER

(28 septembre 1793) COMMANDANT L'INDUSTRIE DE BREST',

PARTI LE îi cornAxr.

D. S'il avoit des passagers à son dépard de Brest.

R. Deux.

D. S'il a pris d'autres passagers dans sa route.

R. En avoir pris cinq autres avant de sortir de la rade de Brest et étant à la voile.

D. S'il connoit la profession de ces voyageurs.

R. Qu'ils sont négociants de Bordeaux.

D. Quels étoient leurs effets.

R. Qu'ils n'avoient à eux sept qu'une petite malle et trois petits porte-manteaux liés ensemble.

D. S'ils étoient armés.

R. Qu'ils avoient pistolets et sabres, et cannes à sabre.

D. Quel jour est-il entré en rivière.

R. Le 23 courant. Les passagers ont débarqué au Bec-d'Ambès dans la maison du Gif Dupeyrat.

^ D'après les déclarations de Granger, les armateurs de son navire l'Industrie étaient les frères Pouliquen, négociants à Brest. C'est par eux que les cinq proscrits avaient été amenés à bord. On comprend dès lors que Petion et Buzot aient adressé une copie de leur testament à ces mêmes frères Pouliquen, qui avaient favorisé leur fuite. Le Moniteur du 27 septembre 1865 annonçait la nomination de M. Yves Pouliquen comme adjoint de Pleyber-Christ, Finistère. Ce nom existe donc encore en Bretagne.

Page 1