ACTE II, SCENE I
» Frappons; prevenons-les par des coups plus terribles;
» Autant qu'ils sont cruels, montrons-nous inflexibles;
» Que de tout frein gênant le fer soit dégagé :
» Des Esclaves, des Rois, que le sol soit purgé. »
A ces cris soutenus par nos amis fidèles,
Le Sénat redoutant quelques crises nouvelles.
Jouet de ses terreurs et de nos passions ,
Nous a plus accordé que nous ne demandions.
Le juge est déclaré libre de toute entrave;
De ses lents procédés la loi n'est plus esclave.
Elle est une arme aux mains du parti le plus fort;
Le cri du peuple, ainsi, devient l'arrêt de mort.
Nos amis, cependant, presens dans tout l'empire,
Investis du pouvoir de créer, de détruire.
Pourront, de nos agens peuplant les tribunaux,
Du soin de nous venger fatiguer les bourreaux.
Ainsi veut le Sénat : et si le sort propice ,
Du combat qui s'apprête ouvrant pour nous la lice.
Nous accorde le prix qu'il doit aux grands desseins,
Les Proscrits, sans retour, sont remis dans nos mains :
Leur parti va périr; et cette femme altiere,
Sous ces fatales loix tombera la première.
DANTON
J'accepte cet augure.
(Le reste du Comité entre.)
Amis, approchez tous :
Il faut vaincre et régner; le jour est beau pour nous. Que le peuple entre : ouvrez.
22 CHARLOTTE CORDAI.