‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 143 sur 174 · ÉPHÉMÉRIDES BIOGRAPHIQUES SUR PETION · texte numérisé non relu

ÉPHÉMÉRIDES BIOGRAPHIQUES SUR PETION

Petion, né à Chartres (V. ci-dessus son acte de baptême), fit ses études à Vendôme, chez les Oratoriens. Il les quitta à dix-huit ans, pour entrer chez un procureur, à Paris, et s'attacha ensuite au barreau de Chartres, où il se fit une brillante réputation par sa sensibilité, sa logique ., et son talent d'orateur.

Il concourut pour divers prix et publia plusieurs Mémoires : Moyens de prévenir V infanticide ; Unité des lois civiles; Essai sur le mariage. Ses autres écrits sont relatifs à la Réunion des notables et à l'Assemblée des états généraux.

Déjà porté par l'opinion, Petion prit une part active aux opérations qui précédèrent les élections du Bailliage de Chartres. Nommé le 8* des délégués sur 10, le 5* sur 24 pour la rédaction du cahier des doléances du tiers état, chargé d'en faire la lecture et choisi comme scrutateur, il fut élu le premier, député, à la majorité de 1 64 voix sur 1 90 (29 mars 1 789 '). Le sieur

' Archives de l'Empire. Actes de convocation aux états généraux et âéputation, t. LXV.

Bouvard, grand juge consul, fut élu après lui, avec 136 voix seulement.

Dans toutes ces opérations, Petion prend les noms de Petion de Villeneuve, et c'est ainsi qu'il signe sur le procès-verbal du Serment du Jeu de Paume, sans aucun droit à ce titre nobiliaire. Nous le savons par son acte de baptême.

A l'Assemblée constituante, les travaux de Petion sont innombrables. On cite surtout ses discours Sur le droit de faire la paix ou la guerre, et Sur la peine de mort. La ligne qu'il suivit est assez connue; elle est au reste parfaitement peinte dans ce tableau, que nous empruntons à une de ses biographies :

« Petion étoit, avec Robespierre, la tète de ce qu'on appeloit le Rocher des Patriotes... (p. \ 01).

La postérité, reconnoissante, répétera avec transport :

Incorruptible comme Petion.

Inflexible comme Robespierre.

Loycd comme Dubois -Crancé.

Philanthrope comme Grégoire,

Probe comme Prieur,

Intrépide comme Buzot,

Ferme comme Roederer,

Ardent citoyen comme Salles.

Sévère comme Camus,

Honnête homme comme Antoine.

Franc comme Reubel.

Et excellent Législateur, et brûlant du plus pur patriotisme, comme tous.

Les quelques dates qui suivent vont résumer la carrière politique de Petion.

21 juin 1791. Retour de Varennes. Petion est chargé

d'aller avec Barnave et Latoiir-Mau-

bourg à Yarcunes pour ramener à Paris

la famille Royale.

A la suite de cet événement, il demande

la mise en accusation du Roi.

Petion est élu Président du tribunal criminel de Paris.

30 septembre 1791. Triomphe de Petion. Le Peuple veut traîner sa voiture. (Le jour de la clôture des séances de l'Assemblée constituante.)

14 novembre 1791. Petion est nommé maire de Paris en remplacement de Bailly.

Ilobtient6,708suffrages suri 0,632 votans.

20 juin 1792. A la suite de cette journée, Petion est suspendu de ses fonctions de maire par un arrêté du département (6 juillet); mais cet arrêté est cassé le 1 3 juillet par l'Assemblée législative.

3 août 1792. Pétition de la commune de Paris à l'Assemblée, pour faire prononcer la déchéance du Roi, signée Peticjn, Maire.

Cette pétition se termine par ces paroles menaçantes : ^ S'il faut mourir pour la Patrie, qu'avant de rendre le dernier soupir chacun illustre sa mémoire par la mort d'un esclave ou d'un Tyran! »

10 août 179J. Le mouvement insurrectionnel s'opère avec l'assentiment tacite du Maire de Paris.

21 septembre 1792. Installation de la Convention.

Petion est appelé le premier à l'honneur

périlleux de présider l'Assemblée, et ce à la presque unanimité des voix ' .

18 octobre 1792. Petion est réélu maire de Paris par 13,746 voix sur 15,317 électeurs.

Janvier 1793. Vote pour la mort, mais pour l'appel au Peuple.

26 mars 1793. Petion est élu membre du Comité de Salut Public (chargé de remplacer le Comité de défense générale). Il est le second sur la liste.

Fournier l'Américain dénoncé par Bourdon de rOise comme ayant le projet d'assassiner Petion.

C'est l'apogée de la popularité de Petion.

Un citoyen nommé Jouan demande l'autorisation de donner à son fils le prénom de Petion. On sait qu'un autre citoyen de Bar-le-Duc publia une biographie dans laquelle, devançant la fameuse parodie de Brichet, Cor de Marat, Cor de Jesu, il compare Petion au Législateur des Chrétiens, qui, dit-il, aurait convenu comme maire de Jéru-

1 On a fait la remarque que sur soixante-seize présidents qu'eut la Convention on compte :

Guillotinés 18

Suicidés 3

Déportés 8

Incarcérés 6

Devenus fous 4

Mis hors la loi 22

Total. ... 61

Tous ceux qui ont été deux fois président ont péri. (Deschiens, Journaux révolutionnaires, p. 604.)

12 avril 1793.

l"juin 1793.

2 juin 1793.

24juin 1793.

28 juillet 1793.

Août 1793.

29 prairial an II.

(8 messidor an III}.

DOTAMENTS.

salcm , ainsi que Petion convient pour maire de Paris*.

Grande lutte oratoire avec Danton.

Petion est porté le premier dans la motion d'Hassenfratz, tendnnt à la mise en accusation de 27 membres de la Conventon, motion faite au nom de 'a Municipalité et du Département.

Coup d'État. 21 députés sont mis en état d'arrestation chez eux.

Petion est le 6» sur cette liste.

Évasion de Petion par l'entremise de Maziiver. Un sieur Coqueau est écroué, le 2 germinal an II, aux Carmes, pour avoir favorisé l'évasion de Petion. Confiscatiou de ses biens.

Participation de Petion aux événements du Calvados.

Fuite dans la Bretagne, et plus tard à

Bordeaux.

Suicide de Petion.

Sous la présidence de Doulcet de Pontecoulant, et sur le rapport de Bailleul, le Conseil des Cinq-Cents :

* Vie de J. Petion, maire de Paris, p. J, J. Regnault (citoyen juré de Bar-le-Duc), auteur de plusieurs ouvrages littéraires et politiques, à Bar le-l)uc ai à Paris, l'an IV de !a liberté, in- 12 de 122 pages.

L'auteur annonce qu'il tient t«es renseignements de M. Joseau, ami et co iipatriote du maire de Paris.

L'ouvrage commence ainsi : « Je n'ai point attendu jusqu'ici pour rendre hoiimage aux vertus sublimes et aux talents ëminents du maire de Paris, i^

L'auteur termine par un parallèle plus ridicule encore qu'inconvenant entre Petion et Jésus : « Ils ont la même simplicité de mœurs, la même sagesse de caractère, la même éloquence; seulement Jésus a succombé à la rage sacerdotale, Petion en triomphera. »

« Considérant que les citoyens Valazé, Petion , Carra, Buzot, Gorsas, Brissot, Représentans du Peuple, Membres de la Conv. nat., sont du nombre des représentans qui, après avoir coopéré à établir la Liberté et à fonder la République , l'ont scellée de leur sang et sont morts yictimes de leur dévouement à la Patrie et de leur respect pour les Droits de la nation;

C que par leur mort, leurs femmes et leurs enfans sont privés de leurs secours et réduits à l'indigence;

Art. 1". Il sera payé un secours annuel de 2,000 fr. à chacune des veuves des citoyens Yalazé, Petion, Carra, Buzot, Gorsas, Brissot et Phelippeaux. »

N — Je demande la même justice pour la veuve du représentant Salles.

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