Je la réclame pour la veuve de Gardien
Un autre p. le fils de Camille Desmoulins, qui est dans l'indigence.
Nous empruntons à un dossier fort curieux qui se trouve aux archives de l'Empire (division du séquestre révolutionnaire) quelques lettres, les unes de Petion au 10 août, les autres adressées à l'ancien maire de Paris soit après le 21 janvier, soit à la veille de la proscription du 1*" juin. C'est l'expiation à côté de la faute j contraste qui résume la vie de Petion.
Paris, le 10 aoiist 1792, l'an i" de la Liberté. Messieurs du département de Paris.
25' cotte. 31® et dernière.
Je ne scais plus, Messieurs, où nous en sommes. Depuis trois heures, tout a changé de face. La commission centrale des 48 sections s'est emparée de tous les pouvoirs communaux, a donné, donne tous les ordres, a mis la force publique sous sa dépendance. J'allois me rendre à l'Assemblée nationale pour lui rendre compte des faits, pour l'engager à prendre, dans sa sagesse, tous les moyens, toutes les mesures que l'intérêt public exige, lorsqu'une force majeure m'a consigné chez pioi en me déclarant que je n'en sortirois pas. Faites en grâce tout ce que vous croirez sage et utile dans cette circonstance extrêmement eritique; quant à moi, f avoue que je ni y perds. (Les mots soulignés sont restés visibles sous la rature.)
Le Maire de Paris'.
' Les fonctions remplies par Petion lui valurent tour à tour des plaisanteries et des injures, comme on peut en juger par les lettres ci-dessus et le passage suivant que nous empruntons à Hëbert : « Je » voudrois bien que Duplain , qui crie contre les gens qui ne respec- » tent pas leurs magistrats , ne fit pas la sotte plaisanterie d'appeler » toujours M. Petion, le Maire deux...
» Le travail opiniâtre auquel se livre M. Petion pour servir ses » concitoyens et braver les sots de la calomnie pourroit bien plutôt le » faire appeler le Maire quatre que le Maire deux. » La Trompette du père Duchesne, par Hébert, l''" numéro, 1792.
La signature est bien de la main de Petion , mais elle est couverte d'un trait de plume qui n'est peut-être qu'une rature déguisée sous un paraphe.
Archives de V Empire.