‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 173 sur 174 · LES MANUSCRITS DE SAINT-ÉMILION · texte numérisé non relu

LES MANUSCRITS DE SAINT-ÉMILION

A côté de la responsabilité du sang répandu, Jullion en a encouru une autre d'un genre différent. On lui a demandé compte des dépouilles de ses victimes. On a prétendu qu'il avait intercepté les papiers des Girondins, et que les manuscrits qui ont surgi en 1864 provenaient de sa succession.

En présence d'une accusation de ce genre, nous avons longtemps hésité : plus nous nous étions montré sévère envers le proconsul de Bordeaux dans l'appréciation de sa conduite politique, plus nous devions être réservé au point de vue de la probité privée. II existait contre lui les apparences les plus graves, les témoignages les plus autorisés. Cependant nous conservions quelques doutes : pour les résoudre, nous avons puisé à toutes les sources d'information que nous avons pu découvrir. Nous avons eu recours notamment aux papiers du Comité de Salut Public conservés aux Archives de l'Empire. Le résultat de ces recherches a été favorable à Jullien sur le détournement des manuscrits trouvés à Saint-Émilion. Nous sommes resté convaincu que ces manuscrits avaient été exactement envoyés de Bordeaux au Comité de Salut Public, qu'ils étaient entrés au Comité, et que c'était postérieurement à leur réception qu'ils avaient pu en être soustraits. N'aurions-nous obtenu que cette certitude, que nous croirions avoir rempli une tache utile en rectifiant une opinion erronée qui faisait planer sur un homme déjà trop coupable aux yeux de l'humanité, une inculpation flétrissante

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