‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 86 sur 174 · COMPAIN · texte numérisé non relu

COMPAIN

1 Troquart fut incarcéré et mis en liberté après huit mois de captivité. Sur sa pétition et sur le rapport de Louvet, la Convention ordonna, le 12 juillet 4795, qu'une somme de 1,500 livres lui serait accordée pour le rembourser des avances faites par lui à Petion, Buzot et Barbaroux. Son interrogatoire nous paraît diminuer singulièrement le caractère héroïque qu'on attribuait jusqu'ici à sa conduite. Il est évident qu'il n'a rien fait pour protéger la fuite de Petion et de Buzot, qui n'étaient pas arrêtés , et qu'il a gravement compromis Saint- Brice Guadet et madame Bouquey. Il a sauvé sa tète, c'était son droit; mais il ne faut plus parler d'héroïsme.

Quant à Louvet, il pouvait être encore caché à Paris, et les renseignements très-précis donnés par Troquart l'auraient infailliblement perdu lui et sa Lodoïska. Ce qu'il y a de plus piquant, c'est que c'est Louvet lui-même qui a sollicité de la Convention une récompense nationale pour son propre dénonciateur. Il est probable que s'il eût connu les réponses de Troquart, son langage aurait été tout différent et qu'il se serait abstenu de célébrer le dévouement du perruquier de Saint-Émilion , comme il le fit et à la Convention et dans son journal. V. la Sentinelle, par J. B. Louvet, numéro du 22 messidor an III, p. 68. Troquart prétend avoir subi huit mois d'incarcération. Il serait donc resté sept mois en prison après le 9 thermidor? Pourquoi? C'est un point que nous n'avons pu vérifier et qui mérite examen.

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