‹ Charlotte de Corday et les GirondinsChapitre 31 sur 97 · L'ARRIVÉE DE MARAT AUX CHAMPS-ELYSÉES · texte numérisé non relu

L'ARRIVÉE DE MARAT AUX CHAMPS-ELYSÉES

vaudeville civique ^ approuvé par l'administration de police, pour être joué sur le théâtre de la Cité, 2 prairial an II (21 mai 1794').

La pièce doit ôtre de Chaussier (Hector, fils du célèbre médecin); le reçu du manuscrit est signé de ce nom. On ne

1 Le citoyen Prévost-Montfort (auteur de V Esprit des prêtres) avait fait une comédie en deux actes et en vers sous le titre de le Triomphe (le Marat au Tribunal révolutionnaire , qu'il destinait au théâtre de l'Opéra-Comique national, rue Favart. La pièce, soumise à l'examen des administrateurs de police chargés de la surveillance des spectacles, fut lue par eux, et, à la date du 14 germinal an II, ils refusèrent d'en

DE CHARLOTTE DE CORDAY. aAvwii

sait si la pièce a été jouée : il n'a pas été trouvé trace de la rejjréseiilation. (Note de M. Ménétrier.)

LE VÉIUTALE AMI DU PEUPLE nu la Victime nu FÉDLUALiSME, joué à 1.1 Gaîté le 17 messidor an 11. Pièce mentionnée par le journal le Républicain français à la date susdite.

Mous ne connaissons ni cette pièce ni son auteur. Nous nous bornerons à une seule remarque, c'est (jue le 17 messidor an II (5 juillet 170 4) correspond à l'éjxjque anniversaire de la mort de Marat et a l'exécution de Charlotte de Corday, qui est du 17 juillet 1793. C'était peut-être une commémoration patriotique.

10 octobre 1703. — A la (in de la pièce de (.(uus Gracrhus (de Chénier), de jeunes canonniers qui marchent aux frontières ont paru sur le théAtre, où ils ont récité

admettre la représentation par nvis inotivô. Entre aiilros raisons, ils disent :

« Nous pensons (pi'il est (lan|;fTeiix do met in» en stono !»• Tribunal rt'volutionnairo et le jury; d'ailleurs les motifs qui drlorniincnl \v jury en faveur de Marat nous pjiroissent faux et dans le cas do nuire à la n^piilalion i\Q ce priind honuiie, et de jeter de la défa\eur sur l«» Tribunal cl sur le jury... » (.Mémo source.)

CLXXXViii BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE

le poëme de Dorat-Cuhières sur la mort de Marat, [Journal des Théâtres.)

Nous en extrairons les vers qui concernent. Charlotte de Corday. Le poëte fait d'abord l'éloge de Marat.

Peuple, lis ses écrits : la tendre humanité Y respire partout avec la liberté.

Des traîtres, je l'avoue, il a proscrit la tête. Mais vois comme son œil avec bonté s'arrête Sur le foible mortel qu'un tendre égarement Du sentier des vertus fit sortir un moment : Marat, par ses écrits, l'arrache à la torture. Une femme pourtant, l'horreur de la nature, Une femme a plongé le poignard dans son sein. Une femme s'armer d'un poignard assassin ! 0 sexe intéressant qui nous tiens dans les chaînes, Toi que forma le Ciel pour adoucir nos peines, Pour charmer notre vie en la semant de fleurs, Pour calmer nos chagrins, pour essuyer nos pleurs ! Faut-il qu'une mortelle, au quatrième lustre. Par un forfait horrible ait cru se rendre illustre ! Que par la perfidie et la férocité Elle ait cru parvenir à l'immortalité?

Jouissez de ce crime, ô tyrans que j'abhorre! Marat n'existe plus, cent rois vivent encore!

(OEuvres choisies de Dorât Cubières, t. II, p. 171; 1793. — Poème à ta gloire de Marat, lu à la séance du Conseil général le dimanche II août 1793, et imprimé par son ordre '.)

* Palmeseaux, chevalier de Cubières, avait pris le surnom de Dorât par vanité. Devenu Jacobin et secrétaire de la Commune, on lui demanda pourquoi il portait ce double nom? S'il était noble?

« Je ne suis point noble, dit-il, et je m'appelois Antoine; mais comme je n'ai voulu avoir aucun rapport avec les saints du Paradis et surtout

DE CHARLOTTE DE CORDAY. clxxxk

Dans le mois de pluviôse an II, les époux Loison tenaient aux Champs-Elysées une petite baraque dans laquelle ils jouaient une pièce de Charlotte Cordav ou simplement montraient sa figure en cire. Suivant la tradition ', ils lurent arrêtés pour ce fait, traduits devant le Tribunal révolutionnaire, condamnés à mort et exécutes le 8 thermidor an II.

Mais nous devons dire que les pièces du procès qui se trouvent aux Archives ne relèvent pas celle inculpation contre les époux Loison. Le nom de Charlotte de Cordav n'est pas prononcé dans le procès.

avec un saiqt aussi sale... »» Cubières est interrompu et couvert d'applaudissemens, et il est adopté. (Commune de Paris, séance épuratoiredu (» sej)tembre 1793. Il fut surnommé m dernier lieu .Mar.it Cubièrrs.

* V. Mémoires de miss EUiot.

« Les époux Loison, dit miss Elliot, furent amenés à la prison des Carmes pour avoir exposé une figure de Qiarlotle Cordav, image qui était assez bien fuite. » V. 210.)

V. aussi l'ouvrage si remarquable de notre confrère et ami M. Sorel sur le couvent des Carmes. 1! relaie d'altord la teneur de leur écrou : « Loison et sa femme, directeurs de théiire aux (Jiamps-Elysées, entrés aux Carmes le 4 pluviôse. .Man. coup, (c'est-à-dire manœuvres coupât les. C'est le motif de leur arrestation). Condamnés à mort le 8 thermidor an II. » Puis il ajoute :

" A côté de ces détenus (mesdames Reauharnais , Lametli , de Bragelonne, Ho«he, etc.) il s'en trouvait beaucoup d'autres qui pour être d'une condition plus huiiihle n'en r«*slai«'iit pas moins dignes d'intérêt. Parmi vux ti^uraii'nt les epouv I.oixjn, pauvres gens (jui dirij'raieiit aux t'Iiamps- Élys<^s un petit théâtre semblable à notre Guignol d'aujounPhui . «t qui montèrent aur l'écUafaud parce qu'ils avai«'nt affublé un»* marionnelle du costume dr Charlotte Corda) , et qu'iU lui avaient lait crier : ,\ \u\s .Marat. ' (Sorel, le Couvent des Carmes sous la Terreur, p. 248, l'édition )

cxc BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE

Il y a aussi à rectifier ce qui les concerne de la manière suivante, d'après le même Dossier :

« Loison (Guillaume), poêlier-fumiste et directeur des marionnettes, et sa femme, condamnés le 9 thermidor (et non le 8).

THE MAID OF NORMANDY or the Death of the QuEEN OF France, trag, in four acts^ by E. J. Eyre. S\ 4793-1794. (LA JEUNE NORMANDE ou la Mort de la Reine de France, tragédie en quatre actes, par E. J. Eyre. In-8". 4793-1794.)

Il nous a été impossible de nous procurer cette pièce, quoique nous l'ayons demandée à Londres aux libraires spécialistes. Elle ne nous est connue que par la Biographie de Basker, qui nous a été communiquée par M. Ménétrier.

ce Cette pièce donne certainement une juste prise à la critique sous plusieurs rapports, dit cette Biographie. L'auteur a rendu le caractère de l'héroïne, Charlotte Corday, moins intéressant en représentant l'assassinat de Marat comme inspiré par un ressentiment privé. Ce qui n'est point exact, puisqu'il ne fut dicté que par le plus pur patriotisme.

» 11 suppose en outre que Charlotte eut deux entrevues avec Marat, et que dans le premier de ses entretiens elle lui aurait avoué loyalement ses principes et l'aurait menacé de mort; en sorte qu'il devient impossible d'admettre qu'elle eût obtenu de lui une seconde conférence. La pièce ne manque pas d'ailleurs de mérite; elle a été représentée sur le théâtre de Dublin. »

DE CHABLOTTE DE CORDAY. cxci

[Bw(jraphiadrnmatic(i , par Erskinc liasker, conliiiuée par Isaac Reed et par Stephcn Jones. Londres, ISI'2, vol. III, p. 9. (Indication de M. Ménétrier.;

C. COUDAI oder die Rkblllio.n von Calvados, etc. (CHARLOTTE CORDAY ou la Rébellion du Calvados, tra(]édie républicaine en quatre actes, épisode du temps de la Révolution françai>e, en ïambes. Steltin, 1794. Chez Jean-Si(;ismond kAFFkE.)

En noie à la main ; Le rédacteur de cet ouvrage, devenu très-rare, est Henri Zschokke, né le ii mars Ml\ à Magdebourg, mort le 27 juin 1848 à Aarau. Les Biograj)hie.s el Bibliographies de Zschokke que nous avons pu consulter ne mentionnent pas celte pièce au nombre de ses œuvres, mais il ne serait pas étonnant qu'elle fût de lui ; car on sait qu'il avait embrassé avec ardeur la cause de la Hévolulion française et qu'il vint en France des i7'J5.

PERSOWAGES :

Jean-François Corday, ci-devant d'Armans.

Marie-Churlolle Corday, sa fille.

La sœur de M. de Corday, tanle de Charlolle.

Robert, son cousin.

Corbigny, un jpune oiïicipr de la gar.'.'e nationale.

Maral, député de la Convention.

Barba roux, \

Guadet , \ députés réfugiés.

Pelhion, )

Félix Winipfen, général du Calvados.

PERSONNAGES ACCKSSOIRES :

Le savetier Pierre.

Un médecin.

La citoyenne f.vrard , gouvernante de .Maral.

Gardes, serviteurs, peuple.

La icène se passe, pendiint les trois premiers actes, a Cnen , et, pt'udant le dernier, à Pans, en juillfl 1793.

cxcii BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE

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