ACTEURS
Charlotte Corday.
Marat, représentant du peuple.
Barbaroux , représentant du peuple.
VKRfiMALX, représentant du jx'uple.
RoBEsi'iERRt: , re[)résentant du peuple.
D'Armans dk Cordav, père de Charlotte.
Fatimk, pouvernniite de ( harlotte.
Le l'résidenl de la Convention nationale.
Les Membres de la Convention nationale.
Troupes de Gendarmes.
Foule de Citoyens.
Ij.1 scène est à Paris, dans le Palais-Xalional.
M. Quérard mentionne, sous le n" 33 de son arlidc hihiiograpliique, une trntjéctic de Charlotte Corday en trois actes et en vers y in-H\ 171)5, qui doit être la nu^nn* que celle-ci; seulement M. (Juérard ne reproduit pas l'épi graphe, et indicjue cette pièce comme imprimée chez Potl. ù Lausanne. Il y aurait donc eu une édition faite vu Suisse ou un changement de titre. Aucune des deux éditions ne renferme le nom de l'auteur.
L'auteur anonyme nous apj)rend par sa préface que c est
ccii BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
avec intention qu'il a placé dans la journée du 31 mai la mort de Marat, qui n'arriva qu'au mois de juillet suivant: (( Par ce moyen, j'ai eu occasion, dit-il, d'esquisser celte désastreuse journée, qui changea tout à coup la France libre en un théâtre de meurtres et de brigandages. »
La scène s'ouvre dans le Palais-National à Paris. Charlotte y est venue avec sa gouvernante. Elle laisse entrevoir dans un monologue la pensée qui l'obsède et le dessein qui la conduit :
0 nation française , ô ma chère Patrie ! Sous le joLiy" de Marat te verrais-je avilie?
Robespierre, Marat, quoi! ces monstres cruels, Imposteurs, assassins, les plus vils des mortels. Ils seroient nos tyrans : juste Ciel que j'implore. Idole des grands cœurs, Liberté que j'adore. Protégez mon pays , si fécond en vertus , Armez tous les enfans du poignard de Brutus; Que je puisse moi-même offrir à ma patrie Mon bras, mon faible bras, mon courage et ma vie!
Falime, sa confidente, s'étonne de la résolution qu'elle a prise
De quitter ses foyers , ses amis et son père !
Elle suppose qu'entraînée d'abord par la réputation de Barbaroux,
Jeune républicain dont Marseille s'honore. Courageux, éclairé, grand homme à son aurore,
elle aurait ensuite puisé dans des entretiens avec lui, un sentiment qui serait partagé. Charlotte la détrompe :
Si l'amour en ces lieux égarait ma jeunesse. Je t'aurois sans détour avoué ma foiblesse ;
DE CHARLOTTE DE CORDAY. cciii
Je le confesse iTiême avec sincérité*, Si mon cœur par l'amour pou voit être doinpt('*, Rarbaroux que j'estime en eût reçu l'hommaçe; Ses talens, ses vertus, sa fierté, son coiira(;e, lit la haine qu'il porte à des tvrans cruels, Me l'ont fait distinj^uer du reste des mortels.
Futime répond :
Je sais que la nature a mêlé dans votre âme Un mâle caractère aux vertus d'une fenniie ; Attachée à vos pas dès vos plus jeunes ans, J'observois se former vos nobles sentimens.
Vous me vantiez souNent ces ennemis des Unis, Ces Romains généreux, déft'nseurs de leurs droits. Oui pour la liberté brûlant du plus beau zèle, liravaient tous les périls et s'immolaient pour elle.
Mais cette liberté, pour nous être si chère. Doit-elle possé*der votre âme toute eiitièn.?
ClIARI.OTTL.