‹ Charlotte de Corday et les GirondinsChapitre 42 sur 97 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Scène 1. — Charlotte se présente chez Marat ; elle a eu U? soin de se faire précéder par une lettre. Elle est introduite sans difficulté. Elle frappe Marat hors des veux du spectateur, puis elle revient sur la scène. Ses premières paroles sont hien en situation. Le sanj; qui coule jusqu'à elle lui fait hornur... Mais aussitôt reviennent les subtilités niétaphvsicjues ; le 3/o/ {Mt'in h II) est en contradiction avec rintimité île Mon être {mit Mcinen innern Sclbst) : « Cette iiiêuic main (jui depuis mon enfance n'avait servi que Thuinanité, cette même main a dirigé un fer homicide! Mais non, cette oeuvre n'est pas la mienne: elle est celle de la Provideinr!... Persornie ne vient... Les Euménides n'ont-elles donc pas ici de Noix? Je pourrais fuir; mais loin de moi cette pensée déshonorante ! »»

Charlotte ne s'échappera pas en silence et dans les ténèbres «omme un vul(jaire assassin : libres ont été sa pensée, sa l'ésolution, son action; elles doiviMit être visibles comme la lumière du soleil... Elle demand<* pour ju^jes le monde et l'humariité. Elle >e livn* aux jjens «le la maison de Marat. qui l'arrêtent.

ScKNK IV. — Chauveau-La(jarde dans son cabinet. Lux \i(iit lui faire part du moven qu'il a trouvé pour s'introduire auprès de .Marat : il a corrompu à prix d'or la (jouvernante de M.nat , qui lui a livré ses habits pour (ju'il pénètre sous ce costume jusque dans l'intérieur de l'Ami du peuplt". Cbauveau-Laj^arde cherche de nouveau à détourner Lux de son projet ; mais celui-ci V tient, et \eut ven{;er h*s mânes de Lavoisier, Eondorcet et Raillv. (.anachronisme: leur mort est, comme on le ^ait , très- postérieure à celle de Charlotte de Corday.) Lonj;ue discussion philosophique. L'entretien est interrompu p.ir le dome>fi(|ue (lt> (ihauveau-La(pirdi-, (|ui \ient apprendre à son maitr«' (|ue .M.irat est as.N.issinc ReprorheN d'.Vdam Lux , qui se plaint à Chauveau de ce qu'il l'a em()éché d'accomplir cette ;;randi> action ; mais ces repr(M-lies deviennenl bien plus vifs encore lorstpi'on sait que c'est Charlotte de Eonlay qui a lue

ccxxxii BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE

Marat. Lux fait promettre à Ghauveau de défendre Gharlotte et de la sauver, ou tout au moins de fléchir ses juges. « Attendrir le tribunal! répond Ghauveau, autant vaudrait chercher à éteindre les torrents enflammés du Vésuve. La Thémis de la Révolution a depuis longtemps arraché son bandeau pour être plus aveugle encore, les yeux ouverts. »

Gependant il promet de consacrer toutes les puissances de son être à la défense de Gharlotte, et Lux cherchera de son côté par tous les moyens possibles à assurer le salut de la captive.

AGTE QUATRIÈME.

Scènes I à V. — ^Le Tribunal révolutionnaire. — Reproduction de l'interrogatoire de Gharlotte, du plaidoyer de Ghauveau. — Peu d'additions aux réponses de Gharlotte. Il en est une qui mérite d'être citée :

Le Président. — Gomment cette pensée t'est-elle venue?

Gharlotte, avec eyithousiasme . — Oh! demande plutôt comment un rayon d'en haut tombe sur la terre !

Gharlotte est condamnée. — Désolation de Ghauveau. Lux l'engage à ne pas perdre courage. En effet, il trouve moyen de pénétrer dans la prison auprès de Gharlotte, et il lui propose de changer de vêtements avec lui, et s'engage à la faire évader. ILlle refuse obstinément, et demande à Lux de réserver ces moyens pour son frère, prisonnier à l'Abbaye. Lux, au paroxysme de l'enthousiasme, se jette aux genoux de Gharlotte : « Fille sublime, divine ! comment te nommerai -je? Tu vas habiter les sphères célestes où j'irai bientôt te rejoindre... Rien ne sépare les esprits unis dans le ciel. ?>

Charlotte Gorday se livre au bourreau. Gelui-ci remplit son office. — fiharlotte revêt la chemise rouge en disant : « La victime fut toujours parée pour l'autel. »

On l'emmène. — Ghoeur.

AGTE CINQUIÈME.

Scènes I et IL — Ghauveau -La^ïarde dans son cabinet.

DE CHARLOTTE DE COUbAY. ccxxxiii

Antoine, frère de Charlotte, vient lui raconter (Oinnicnt il est venu à Piuis |)Oiir arconipagner sa sœur Charlotte. — Il a été séparé d'elle Ibrtuitc ment dans la rue; enle\é, plonj;é dans un eachot, il ignore le destin de sa sœur. — Chauve.iu regarde à sa montre: il est sept heures. « Son sort, dit-il alors, est accompli!... A cette heure même elle a terminé son rôle héroïque sur la terre. — O Dieu! reprend Antoine, tu dors donc,... et tes foudres? "

ScKNKs III et IV. — Lux revient de rexérution ; il en raconte les détails, le courage de Charlotte, son calme, l'insulte faite à la tête par la main du bourreau. Il rapporte ensuite le précis des lettres que Charlotte lui a remis<*s et lui a recommandé de faire parvenir à Harbaroux et à son père, et en ana- Ivse le contenu.

L'auteur a placé dans la bouche de Lux une partie de la brochure publiée par celui-c-i sur Charlotte de Corday. Au milieu de ses discours, un officier se présente, et, au nom de la République, arrête Lux, citoyen de Mavence.

ScKNE V. — Les funérailles de .Marat' : sur le dt'vant de la scène, le G«'*nie de la Libert»'* a|)parait et prononce des strophes formant un épilo;;uequi rappellent le prologue et rexpli(jueut :

« Vove/ le Vice dans la pompe de la \ictoire! Voyez la perle

qui lui a été sacrifia'! I.Ile tomba Nictime de sa haute

vertu. Le bonheur de riiumanit)'- fut son but sublime. Lclai de la jeunesse, doux Mien du cœur, elle a tout immolé pour combattre le combat du devoir contre le destin.

» IMeurez-la, m. lis non avjc des larmes de honte : Charlottt* a effacé le préju(jé du supplice, elle a sanctifié l'échaFaud î

'' Ouaul à lui (Marat), son triomphe fut raj)ogéi' de la honte...

n Oubliez les ombres de ces temps effroyables! une lumière plus belle va en sortir!... >»

' On voit que la mode de représenter dçs funérailles sur la scène régnait alors en AIIema},'ne aussi bien (ju'e?i France. (V. ci-tlessuj*, p. ci.\v.)

ccwxiv BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE

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