THÉÂTRE DE LA PORTE-SAINT-MAHTIN
CHARLOTTE GORDAY,
« La salle ne peut contenir la foule qui se précipite tous les soirs devant les bureaux de la Porte-Saint-Martin pour voir Charlotte Cordaj sous les traits de madame Dorval, aujour^ d'iiui une des bonnes actrices du boulevard, etc, etc, »?
Tel est le résultat auquel aboutissaient toutes les précautions de la police, tous les déguisements qu'elle avait imposés aux auteurs.
Aussi le Courrier des Théâtres disait-il, dans l'article fort étendu qu'il consacrait à la pièce (25 mars 1829) :
u Tout le monde a incontestablement reconnu les person^ nafjes de l'époque choisie dans ce dessein, »
Mais il ajoutait ;
» Le procès du père de la jeune Dermans {sic) offre é^jalement une partie de l'intérêt éternel qui s'attache à la plus désastreuse des condamnations. Le dévouement de l'avocat Renneval rappelle complètement celui d'un homme dont le nom est immortel et (jui expia de son san(j une vertu si liéioïque, »
Ln sorte que le même drame, que les uns représentaient comme républifairj, rappelait pour les autres des souvenirs
DE CHARLOTTE l)K COKDAY. ccxmi
royalistes, le dévouemeiil de M. de Maleslierbes el le !2I janvier. Il faut dire (|u'a celte époque on était plus aNide d'jillusions politiques que de vérité archéolojzique, car le Courrier dos Théâtres termine son compte rendu en déclarant que la mort du principal personnage est aussi historique (|ue possible, et le tableau (inal d'un magnili(|ue elî'et.
Toutefois, le sentiment de la véritidjle critique comm«'nçail à s'éveiller.
Le Courrier français ^ n" du '20 mars, article de Moreau, proteste contre la falsilication des faits, (jui ont été arrangés, selon lui , « de manière à satisfaire beaucoup trop la Gazette de France et la Quotidivmic. Les jeunes gens prendraient, en écoutant le drame de MM. Ducange et Anicet, une bien fausse idée de l'époque que ces messieurs ont voulu [)eindre. Hien ne ressemble moins à Marat et à Charlotte Corday que les deux personnages représentés par Frederick et M"" Dorval. »
Le Journal des Débats, n" du t2G mars IS2î), persifle d'abord la censure, (jui se charge de faire respecter les grandes notabilités révolutionnaires et prend sous sa protection Marat et sa mémoire. l*uis le rédacteur iclomb»' ^\\\ MM. Ducange et A. Bourgeois, « qui ont voulu aussi donner leur soulllet à la raison et à l'histoire, en faisant Marat amoureux «le Charlotte, conformément au \i<'u\ prini ijn' que le tvran doit toujours être épris de la >ictime. o
La critique la plus sérieuse, l'article le plus remarcpiable, nous paraissent se trouver dans le Fifjaro, n" du 'JT) mars
.. Dini lions j;.ir(ir »!t.' dirr tout rr «jn'ij y a irindiiljji'iirt' .m loiid di' lurtr»' âme pour la résolution hardif (rmif jriiiie Hilt* (|iii \,ï poi(|n.ird('r un tviaii, «l (|iii, sûir de S4>ii hras, sùn» «Ir \Hi\i sur rérhaf.iiid , lu- voit «pir ilii patriotisme dans ce!
ccxLviii BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
assassinat. Si ce trait héroïque fait vibrer une corde puissante au fond de notre être, s'il nous transporte en imagination dans ces vieux et nobles temps de la république romaine, s'il réveille en nous un sentiment de grandeur, toujours est-il qu'en faire ra|îologie, c'est marcher sur des charbons ardents, et que l'admiration pour l'héroïne doit être un mystère de notre pensée. Nous ne pouvons que lui vouer un culte du fond de notre conscience. Nous pouvons croire que Charlotte Corday fit bien, nous ne pouvons le dire... En prononçant contre Sand, on a prononcé contre Charlotte Corday; notre joie de voir périr Marat aurait l'air d'un ricochet pour Kotzebue. Dieu nous en garde. La condamnation de V Album ^ national ferme la bouche du Figaro. »
Après avoir signalé les interminables longueurs du drame de MM. Ducange et A. Bourgeois et le vice du dénoûment du drame, l'article continue ainsi :
«Auteurs, pourquoi sortir de la vérité? Le cadavre d'un amant vous semble-t-il plus pathétique que les angoisses de la patrie? Héroïne patriote, et non pas vierge chagrine, frappant comme Iloratius Coclès et se dévouant comme Decius, n'estelle pas plus belle, plus sublime, plus théâtrale? Pourquoi gêner une action si libre? Pourquoi des périls si pénibles qui ne servent qu'à énerver l'histoire, qu'à faire une miniature d'un fait gigantesque, qu'une pièce intriguée d'un événement dont toute la grandeur est dans sa simplicité?
» Et Marat, n'était-il donc qu'un Do?i Miguel, qu'une espèce de Papavoine en monomanie? Où est dans ce drame l'homme qui tuait par catégories avec une si affreuse bonne foi ? qui faisait de la liberté systématiquement avec la guillotine?... Marat s'imbut froidement d'un principe absolu et en
' Nous n'avons pu trouver dans la colloclion de WiUmm ia (race de celte condamnalion , et à celle époque la Gazette des Tribunaux n'existait j>as encore. Le Courrier Français fut condamné en 1868 pour avoir fait l'apologie d'un acte repuLé crime par la loi, en juslifiant l'assassinai de Kolzebue par Sand. (V. le Droit des 27 juin et 1 8 juillet 18C8.)
DE CHARLOTTE DE COHDAY. ccxlix
tira inirépideiiifiit les conséquences. Il s'éleva jus(|irà Satan, niais il ne tomba jamais an-dessons de Cali;;nla. Kt dr ce iV-pnblicain farouche on en fait nn clianffeiir amoureux! l)e ce yéant, nn nain! D'une célébrité qui fait frémir, un obscur scélérat! Si vos |)inceaux trop maniérés ne peuvent retracer les {jrandes effi(j[ies, p<)ur<|uoi y attenler? »>
Ces lignes étaient déjà bien hardies! Chacun de ces mois était brûlant! Mais ce qui lit éclater l'orage, ce fut le nom de Don Miguel (jui était prononcé. Il faut rappeler qu'à ce moment le Portugal était en proie à la guerre civile; les deux frères luttaient moins pour le Irone que pour le principe de gouvernement. La (Quotidienne s'était prononcée avec violence en faveur du parti absolutiste. Les attaques dirigées contre Don .Miguel la mettaient dans une véritable fureur.
C'est ce qui donna lieu à l'article suivant, imprime en gros caractères, avec un titre à sensation :
uMAKAT LT I.V PllILA.NTIiriMPU: I.IJUiUAir..
») Vous allez jujjer si nos hommo dv liberté et de démocratie sont conséquents dans leur conduile. Il y a (jualre joins, vous les a\ez vus pâles, tristes, éplorés, couverts de cré|)es funèbres et psalmodiant tle lon^;. es plaintes à propos d'un roi (jni lais>!ait faire justice dans ses États. Cette tristesse hy|)ocrite était aci-ompaynée de lâches dénonciations contre nous, contre noire «aractère d'hommes, contre notre di[;nité d'écrivains '..
' l.a colère lie la {Junltdt' nttr poiivail mi^'.i aMiir eie .1 un article du Journal des Ihbats du il mars 1821i, qui, . ^ raconté rexécutiori dos sept condamnés de l'affaire Freirc, d'Oporlo, et a\oir accust' l)oii .Mi^'uel (rèlre allt* se leji.iilre de lu micoupée» et e^^)0^éc^ pendant Iruis jours, ajoiilail : u (le j ; sait récompenser le mérite, a accordé dorniprcmenl des croii do ronire du Clirist à queUiues-uns des rédacteurs de la Quotidietttu. » Inde ira*.
cr.i.
BTBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
» 11 fallait donc à ces {}ens-là un dédommagement de leurs larmes hypocrites... Un inslant, le ministère fut embarrassé pour savoirce qu'on leur donnerait : argent, honneurs, dignités, pouvoir, jusqu'aux petites familiarités domestiques qui mettent un journal au niveau d'un lévrier... Heureusement qu'on trouva encore un délicieux cadeau : ce cadeau précieux, c'est Marat! .
n A ce beau nom de Marat, la foule se précipite; on va donc le revoir! Voilà donc la Révolution française reconquise, on va donc applaudir de nouveau à ses sans-culottes, à ses faubourgs, à ses hordes sanglantes. Approchez-vous, citoyens, la tribune est dressée, les tables civiques sont dressées, l'échafaud est dressé ; arrivez , formez-vous en rond , chantez la Carmagnole , chantez les refrains patriotiques, embrassez-vous, ^larat paraît !
» Et tous ces hommes qui la veille s'apitoyaient sur des crimes imaginaires, tous ces citoyens paisibles qui versaient d'abondantes larmes sur les atrocités qu'on leur racontait pour les divertir, ils arrivaient à la Porte-Saint-Martin, et ils reconnaissaient ^îarat, et ils disaient presque avec un sourire : u Voilà le grand Marat ! »
» Et ces crimes de la Terreur, dont ils savaient la vérité..., ils les contemplaient sans larmes, sans effroi, sans pitié; de toutes les larmes abondantes qu'ils versaient sur la prétendue; tyrannie du Portugal, ils n'en ont pas conservé une seule pour les malheurs réels de la France; dans tout cela, ils ne voient que Marat et sa grande âme...
M Vous comprenez donc cond^ien d'atroce hypocrisie recouvre toutes ces déclamations et quelle croyance on doit y ajouter : hier, ils calculaient les tortures des rebelles portugais, ils comptaient les coups de hache qu'ils avaient reçus, les gouttes de sang qu'ils avaient répandues, ils analysaient, ils connnentai(,'nt, ils augmentaient surtout cet horrible calcul;... aujour- <! liiii , \is-à-vi,s de Marat, ils affaiblissent ses crimes, ils diminuent le nombre des victimes, ils protègent le héros de leuizèle, ils en font un être à part...
» Ils ajoutent à leur plaidoyer : Ce n'est pas là Marat; le {jrand Marat n'a jamais été amoureux; Marat était poussé
DE CHARLOTTE DE CORDAY. rci.r
par un instinct de lihertr, c'est une espère d'implacahlc deaiin (jui a pesé sur la France...
» Trop heureux qu'ils n'aillent pas encore une fois arracher sainte Geneviève de son sanctuaire pour v placer ce grand Dieu de 93!»
Puis après être revenu sur le contraste que présentent des hommes qui pleurent des crimes de leur création (c'estù dire les exécutions du Portugal), et rejjardent d'un a-il sec le plus étrange fanfaron de meurtre qui ail é|)ouvanté le monde, l'auteur s'écrie en terminant :
« N'est-ce pas l'histoire de ce fougueux Diderot qui pleurait à nu conte qu'il se faisait à lui-niéuie, et ces gens- là ne pourraient-ils pas s'écrier connue lui : O mes amis, Rohesj)ierre, Danton et Marat sont trois (;rands drames! j' J. J. (Qnotif/icmn' du 2() mars \H2\) '.^
La politique avait donc fait iinasion dans le domaine du théAtre. Marat reconnu sous le mascjui» de Marcel était comparé par les uns a Don Miguel, par les autres a Satan en personne. Le drame de Sept heures était devemi un champ de hataille où tous les partis se rencontraient. Tels étaient les entraînements de la politi(jiie d'alors. Mais reveiums au point de vue littéraire , et terminons par uiu* citation empruntée a une re>ue rédigée par des hommes conjpétents, appartenant plutôt ù la nouvelle école (ju'à Tancienfie ^. Le Mercure de France , au di\-neu\iéme siècle,
• I.a (iazette de France resta muette sur le mélodrame de la Porlo- Saini-Miiitiu. Plus tard Mnilemenl, en <8.'H , à propos de la pièce des Frangins, elle dit rélroacli\cment : o Peut-être a-l-on fuit sur Charlotte Corday tout ce (ju'ii était possilile de faire d;ms le mélodrame (le Sept heures, joué il y a deux ans à la Por te-S.unl-.Martin, a\tv les développements, les elTels et les émotions qui ap|>arliennenl à ce t;onrc de théâtre, d (Numhmo du iO avril <H3I.)
- Mtrcurc </u ili i lo m i, i,i>' sùcle, in-H", par M.M. Artaud, Borl .
ccLii BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE .
après un examen sérieux de la pièce, arrive à cette conclusion sur le drame de Sept heures (t. XXIV, p. 616) :
« En dépit d'une foule de justes critiques, ce drame est construit de manière à vivre longtemps au boulevard et à faire
époque...
» Il y a dans cette pièce des éléments de force et des inspirations tout à fait dignes de Shakespeare. Telle est la scène où Charlotte Corday quitte l'écharpe noire qu'elle porte depuis la mort de son amant et s'arme pour aller au rendez-vous que Marat lui a fixé : <( Je suis pâle ! » s'écrie-t-elle devant son miroir; puis elle ajoute avec joie : « Tant mieux, il croira ») que j'ai peur ! »
» Le jeu admirable de madame Dorval dans ce rôle dont la création atteste le talent; le masque de Frederick, qui reproduit les traits, la physionomie de Marat, non de l'homme politique à la tribune de la Convention, mais de l'homme souffrant et exténué qui lutte contre la maladie qui le consume, quelques scènes d'un effet terrible, une foule de mots énergiques et des décors magnifiques font de cette représentation un événement. H y a des traits gravés à l'eau-forte : ils révèlent un talent qui peut buriner d'une main ferme des créations dignes des théories de l'école moderne; le style est d'une grande simplicité. Ce progrès, car c'en est un, annonce l'époque très-prochaine où le faux goût si reproché au boulevard, le goût déclamatoire, cessera de tenir la place de la vigueur et de l'énergie sur nos théâtres populaires. »
Des inspirations dignes de Shakespeare I
Le style d'une grande simplicité! !
Et ces appréciations ne sont pas isolées. Le Corsaire y dont le compte rendu est remarquable au point de vue histori(|ue, ne craint pas de féliciter MM. Y. Ducange et A. Bourgeois « du respect de l'art dont ils ont fait preuve
Berville, Félix Ijodiii, Uulaure, Em. Dupaty, Léon Tiessé, Tissot, Sénancourl et autres.
DE CHAULOTTE DE COUDAY. ccLiii
a un degré ctniiient, de la scène vminemmenl sliakospeal'ioiîic^ de la toilette, de la hénédiclion maternelle, etc.
Nous avons vu nu dix-huitième siècle (ITOÎJj Grimm identifier Shakes[)earc et Sedaine. (V. ci -dessus p. lu,
Vingt ans plus tard, en 1781), Grctry fait de Sedaine le continuateur de Shakespeare. (^Essais sur In musique, vol. III, liv. wii.
Au dix-neuvième, en iS20, on hlas[)hcmait encore ce grand nom en l'associant avec celui d'obscurs dramaturges. Telle est parfois la Icïiteur du progrès !
Le jeu des acteurs est le point sur lequel les critiques sont unam'mes. Frederick et madame Dorval, déjà connus mais encore à leurs débuts, jetèrent dans cette pièce les fondements de la grande réputation (ju'ils ont acquise au théâtre.
«Frederick, disent les Débats, a h'wn compris le rôle do Marat. II lui a donné un caractère de scélératesse sonibit* et farouche qui rendrait (Iharlotle excusahic aux veux de quiconqui' n'oserait pas ladmircr. Ce pers«)nna|;«' de (Iharlotle n'a pas cessé d exciter j eudant lout le cmirs de la ri'présenlation les pins vifs applandissenn'nts. Madame I)or\aI n'a pas seulement attendri le public par cette expression déchirante qui l'a t.int de fois ému. Sans tomb<^r dans re\a{jérali()n , elle a fait preuve d'une éner(jie<ju'on ne lui connaissait pas encore. C'est ù elle surtout que doit revenir le succès (|u'a ohtenu cl (ju'obticndra la piè*e. Son talent ennoblit le (jenre au(|uel il est consacré; il honore le thé.'itre dont j)lus (jue tout autre il doit assuH'r l'exi^îtenci» et la fortune. "
iM. Jules Janin écrira plus tard, à propos de la création du r<Me de Charlotte de (lorday par madame Iio>e Ohéri : « Klle n'a pas vu madame Dot \ al, j'en suis silr, dans ini
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mélodrame intitulé Sept heures. Elle n'a pas vu ce geste énergique, celte menace vivante, cet éclair, cet orgueil, cette femme vraiment terrible. »
Enfin, il n'est pas jusqu'au Courrier des Théâtres c^m^ malgré ses rigueurs intéressées, ne se joigne à ce concert d'admiration et n'accorde une part dans le succès au vertueux Moëssard.
• a Tout ce qu'on peut dire de bien d'acteurs à talent, on le doit à Frederick, à Moëssard, à madame Dorval... Frederick esl l'homme vivant qu'il a voulu reproduire, et cela sans que le {joùt y soit sacrifié à la sévérité historique... Madame Dorval est également son personnage. Une tête charmante en même temps que méditative, un costume des mieux imaginés, et toujours un profond sentiment des situations, voilà ce que nous offre cette étonnante actrice... La vertu, l'honneur, respirent sur le visage que s'est fait Moëssard; on croit voir ce qu'il veut êîie. C'est déchirant! »
Charles Maurice attendri, c'était en effet un triomphe précieux , s'il ne fut pas trop chèrement payé.
Le mélodrame de Sept heures tint l'affiche de la Porte- Saint-Martin pendant deux mois consécutifs. 11 ne céda la place qu'à Marino Faliero. Il fit ensuite le tour de la province et de l'Europe. (V. infrà, p. cclv.)
La pièce imprimée eut deux éditions en d8'29 \ et une troisième en d839 ^ Bien plus, l'œuvre de MM. Ducange et A. Bourgeois eut les honneurs d'une traduction allemande, en 183'2. Ce sera l'objet de l'article suivant.
' Paris, Bezou, in-8" de 90 page«. La deuxième édition diffère de la première en ce qu(3 le troisième acte est divisé en huit tableaux au lieu de sept.
2 Paris, Barba et Delloye. Cette reproduction est comprise dans la France dramatique au dix-neuvième siècle.
DK CIIAIILÙTTE DE CdUhAY. (xlv
CUMlLOlii: rOUDW, oder Mvuat's Ton. Urama^ iischcs Gemœldc aus dcr franzœ^H'Sclnm Révolution in 5 /Ihtlicilungc7i f nach Victou Dlca.nge, froi bcarbcilel von Ll'dwk. Meylr, etc. — CHARLOTTL C.OnDAY 0/^ LA MouT i)K Makat. Tablinujdramatiques de la Hcvolutioti françaine , en cinq jjnrticè, librement ynangés d'après Victou Dlca>(;k par I.unwn; Meykh, actuellement membre du ibéàtre de ville à Lei[)zig. Donnés pour la première fuis, le '25 février IS.'ÎO, sur le théâtre de ville d'Aix-la-Chapelle; et ensuite représentés à Berlin, liaden , Cologne, Dusseldorf, Leipzig, Francfort, Magdebourg, Kœnigsberg , etc. Leipzig, 1833, chez Oiio NNK.wd.
A en croire le titre, l'auteur allemand aurait remanié librement Tcriure de Victor Ducange. Malheureusement, il n'en est rien , et ses prétendus arrangements se réduisent ù (jurlijues modilicalions insignifiantes pour le fond du drame. Ainsi les noms de convention exigés par la susceptibilité de la censure française ont été remplacés par les noms vrais. M. d Armans est appelé M. de Corday d'Armans, sa lille, Charlotte, et Marcel redevient Marat , Député envové en mission. — La scène se passe près de Paris. — La pièce est divisée en cin(| actes au lieu de trois, et le dernier tableau, la marche de Charlotte à l'échafaud, est supprimé. — Du reste, mêmes énormilés, mêmes contresens hist(»riques, même faiblesse de style et de pcMisée. La pièce paraît ce-
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pendant avoir eu du succès , puisqu'elle a été jouée sur les principales scènes de rAlIcmagne. Mais ce succès s'explique aisément : on voyait là avant tout des tableaux de la Révolution française, et sans regarder s'ils s'appliquaient exactement à l'épisode du 13 juillet 1793, il suffisait pour que le public s'y intéressât qu'ils fussent tirés de la . dramatique époque de la Terreur. Il est à regretter que Ludwig Meyer ne se soit pas davantage émancipé des traditions de V. Ducange, et qu'il se soit borné à une imitation servile au lieu de la libre interprétation qu'il avait promise.
CHARLOTTE CORDA Y, drame en cinq actes et en prose de Regmer Destourbet \ — Paris, Dumont et Barba, 1831, in-8^
PERSONNAGES : ACTEURS
Marat, houppelande dont les revers sont doublés de poil, pantalon de peau, bottes molles à la hussarde, une casquette. . . . Beauvalet.
CoRDAY, père de Charlotte, vêtu de noir, culotte et bas de soie Saint-Aulaire.
Mlippolyte Regmer d'Estourbet, né à Langres en 1804, mort à Paris m 'IHSS, a laissé plusieurs romans pubhés sous le pseudonyme de l'abbé ïiberge, nom de l'ami de Desgrieux dans Manon Lescaut. Le plus piquant est intitulé Louisa ou les Douleurs d'une fille de joie, 1830, 2 vol. in-12; il ne manque ni de grâce ni de sensibilité. Il avait composé en outre des drames soi-disant historiques d'une assez mince valeur : 1» les Septembriseurs, scènes historiques, Paris, 1829, in-8"; c'est un rerijoil do dix drames dont le titre indique suffisamment le .sujet : la Mairie, l' Abbaye , les Carmes, la Salpétriêre , Bicétre, un Souper chez Venua, la Mort de Marat, la Mort de Danton, la Mort de Rohe^pi rre; 2^ Charlotte Corday, Paris, 1831 . in-8"; les Girondins, •■^encs historiques, 1832, in-8". (Note de M. Léon de la Sicotière.)
DE CHARLOTTE DE nORDAY. rxLvii
GoR«AS, ami de Corday. M(^me mise que le
pri'cédent Giiald
Adam de Lux*, député, officier de la îzarde nationale. Au premier et au cinquième acte, costume militaire; au quatrième, le hausse-col; au second et au troisième, hahit de ville Bolthet.
A.NTOi.NE, vieux domestique de M. de Cor-J day. Mise plus simple (jue celle de son< ^^**^^maître; habit gris | f^AURE.
Un Commissaire de !a Commune, écharpe, habit (!p ville.
Charlotte Corday. loiujs cheveux tombant sur les épaules. Au quatrième acte, un chapeau de paille; au cin(juième, le bonnet. Brocard.