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cccLVi BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
qu'il concevait noble et pure, est souillée par un livre dont il ne peut se dissimuler l'immense retentissement, qui est dans les mains de tout le monde. Il sent que le caractère de l'héroïne en est amoindri, et il prévient l'objection qui pourra naître dans l'esprit du spectateur, le sarcasme qui pourra venir sur ses lèvres. Le poëte réfute l'historien, il anime cette réfutation, il la met en scène. Il est dans son droit, d'autant plus qu'il a invoqué la Muse de l'histoire et qu'il se montre fidèle à ce vers de son prologue :
Je bannis de mes vers l'allusion mauvaise.
Ce n'est pas nous qui blâmerons le chantre de Charlotte de Corday de l'avoir défendue contre la calomnie, comme le chantre de Jeanne d'Arc vengea la vierge d'Orléans des impuretés de la Pucelle de Voltaire. Telle est l'explication qui a échappé à Gustave Planche, et qui justifie pleinement Ponsard d'un reproche immérité.
Ajoutons que l'anecdote parfaitement inédite de la Mosaïque de V Ouest est parfaitement controuvée ^ ainsi que nous l'établirons lorsqu'au lieu de faire de l'histoire par le théâtre, nous pourrons aborder l'histoire pour ellemême.
Nous en placerons néanmoins ici la réfutation provisoire, et nous commençons par reproduire le texte même de l'article (V. loco citato) :
« Un beau jour, au commencement de la Terreur, des agents révolutionnaires, sous prétexte de faire une visite domiciliaire^ s'introduisent dans la maison de la tante de Charlotte Corday avec laqiK^lIe elle demeurait à Caen. Ils pénètrent dans une chaiiihi e ou Charlcjtte faisait la lecture à haute voix à plusieurs darnes. Il paraît qu'elle lisait très-bien. A leur vue, elle s'em- |)ressa de cacher le livn; dans son sein, comme elle y cacha plus tard le couteau. Un des commissaires s'en aperçoit et la
DE CHARLOTTE DE CORD.VY. cccmi
force d'exhiber CL' livre, séditieux, selon Imite apparence. — C'était Faublasl... »
Pour tous ceux tjui coiitiaisseut riiistoire de Caen pendant la Révolution, histoire écrite dans les archives delà Préfecture et de l'IIolel de ville?, pour ceux qui connaissent les localités par les plans anciens et les constructions qui subsistent encore, pour ceux qui ont étudié quelque peu le caractère de Charlotte dans les pièces aulhcnli(jues du procès, le récit de la Mosaïque ne peut pas se soutenir matériellement. Nous ne parlons pas des impossibilités morales.
Mais ce n'est pas sur des raisonnements que nous voulons appuyer aujourd'hui noire réfutation, c'est sur des faits.
Nous reconnaissons que le récit de la yiosaiquc de r Ouest est calqué, sauf quelques embellissements de slvic, sur la lettre d'une personne (jui [irélendait tenir l'anecdote tle Madame L..., sa tante.
Kn 1801, Madame I.... existait encore et demeurait à Cherbourg, rue du (^)llége. Klle était Agée de quatre-vingts ans. Nous nous rendîmes dans cette ville, et en présence de témoins, nous lui donnAmes connaissance du passage de la Mosaïque, en lui demandant si elle en recoimaissait l'exactitude.
Voici sa réponse, écrite sous ses yeux et approuvée par elle :
« Tout ce qu'on a rapporté sur la \isite «lomiciliaire. la lecture en commun et la saisie du livre est fau.r.
» Ce sont des faits imaginaires dont je n'avais jamais entendu parler. Je ne sais pas comment on |)eut faire de pareilles inventions et me les attribuer. »
Cette dame n«)us r.qjporta ensuite, par ouT dire, des discussions qui s'élevaient tians la société de Caen sur (.h»ir-
cccLviii BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
lotte de Corday, les uns la considérant comme une nouvelle Judith, les autres lui reprochant d'avoir fréquenté les Girondins, et ces discussions avaient amené le souvenir de Gil Bios ou de Fauhlas,
Nous avions recueilli nous-même à Caen des bruits de cette nature. Ainsi Mademoiselle de L... tenait de sa mère que Charlotte lisait les Liaisons daiigereuses.
Et comment en aurait-il été autrement? Ces calomnies avaient été ordonnées systématiquement contre Charlotte de Corday par arrêté de la Commune de Paris. Voyez le procès-verbal de la séance du 21 juillet 4793.
u Un membre rappelle à l'Assemblée que tous les contrerévolutionnaires, les modérés, les fédéralistes, se sont réunis pour faire un éloge imposteur de l'infâme Charlotte Corday... (Une page de développements.) ... Il demande, en consé quence, que la plus grande publicité soit donnée à un article Inséré dans le n° 202 de la Gazette natiotiale (le Moniteur), qui lui paraît assigner à cette femme atroce la place qui lui est due, et tracer son caractère, son immoralité et son audace, avec le pinceau de la vérité et les couleurs qui lui conviennent.
» L'Assemblée, après avoir entendu la lecture de l'article, ( n a ordonné l'impression, l'affiche, l'envoi à toutes les Autorités constituées, les Communes du Département et les Sections de Paris, et toutes les Sociétés populaires de la République.
» Pour extrait conforme :
» Raisson, sec. gén. »
Or, cet article, placardé dans Paris, envoyé dans la province, multiplié à l'infini par la presse, est signé de Uabrc d'Églaritinc. Voici ce qu'il contient :
« La tète de Charlotte Corday étoit farcie de livres de toute tîspèce; elle a déclaié, ou plutôt elle avouoit avec une affecta-
DE CHARLOTTE DE CORDAY. ccclix
lion qui tciioit de la ridiculit*', avoir tout lu, dcpui;) Tacite jusqu'au Portier des Chartreux. »
On comprend maintenant de quelle source empoisonnée ont découlé toutes ces accusations de lectures immorales répandues contre Charlotte de Cordav, sans défense, sans dénégation possible; de là aussi la diversité de ces accusations. ({ Il V avait aveu de sa part. » Elle avait tout lu. c était un acte olTiciel qui le proclamait par voie d'alliches et de circulaires, on pouvait donc choisir. Aussi les uns disaient Gil Bios, d'autres Fr////;/<7*; ceux-ci les LiaiMmx (/cntfjercuscs, ceux-là le Portier des Clinrtrcux !
N'était-ce pas ainsi qu'on avait attacpié Louis XVI sur les livres qu'il demandait au Temple pour son fils? >i'est-ce pas une inculpation de ce genre (jui a seni de germe à la calomnie fameuse d'Hébert contre» la Reine? Camille Desmoulins n'a-t-il pas été accusé par Robespierre d'avoir fait lire à la plus jeune des demoiselles Duplav... (pioi? \' Are- ///i/ (Louis Blanc, vol. \, p. iîir».; V. aussi les notes fournies à Saint-Just contre Danton, j». 7.
C était là un honteux procédé des pamphlétaires de I ancien régime, ressuscité par les Morande du nouveau, et encore pratiqué de nos jours par les partis. H ne doit donc rien rester de cette prétendue anecdote, démentie par le témoin invocpié et e\pli(juée par les documents que nous venons de produire.
Un dernier reproche clol la liste des griefs de (iusta^e Planche contre l>onsard. Il lui fait un crime d'avoir plusieurs styles qui s'accordent mal ensemble : pro>aï(jue danN la Conversation chez Madame Roland, idyllique dans la scène des Faneuses, déclamatoire d ms le Dialogue entre
cccLX BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
Barbaroux et Charlotte, et il résume ainsi sa pensée : « Absence d'unité dans le style. »
Yoici une nouvelle espèce d'unité que nous ne connaissions pas : il nous semble qu'une variété de nuances n'est pas un défaut quand elle est motivée par les nécessités du sujet. Un poëte classique n'a-t-il pas dit : « Des couleurs du sujet je teindrai mon langage »? Le théâtre des anciens permettait, si nous ne nous trompons, le changement de modes et de rhythme. Corneille et Racine ont suivi cet exemple, Shakespeare fait alterner la prose et la poésie dans une même pièce, Gœthe enfin, d'un goût si esthétique, a écrit en beaux vers le monologue qui ouvre son Faust , et en prose simple la scène des cavaliers volant au secours de Marguerite. Un alexandrin majestueux vaudrait-il ces paroles jetées au vent de la nuit en rase campagne? Il y a là une de ces questions de discernement qu'il est impossible de soumettre à des règles fixes. Aussi ce qui était une faute pour les premiers critiques de Ponsard est devenu un mérite aux yeux des derniers, et l'un d'eux a écrit dans la Revue contemporaine ces lignes qui sont le contre-pied de l'article de la Revue des Deuœ -Mondes : « Racinien en quelques endroits, cornélien par l'inspiration générale, le drame est aussi shakespearien en une certaine mesure, par le mélange de la langue usuelle et du style élevé, par des scènes d'églogue ou des peintures d'intérieur heureusement intercalées au milieu des situations les plus tragiques. » (Philibert Soupe, Revue contemporaine y n" du 31 mai 4870, p. 355.)
M. de Pontmartin attaque surtout le choix du sujet, le défaut de parti pris chez M. Ponsard, l'excès de l'éclectisme. L'article est long, creusé. Nous n'en détachons que ces lignes très-judicieuses :
DE CHARLOTTE DE CORDAY. ccclxi
u L'auteur a-t-il réussi à caractériser et à peindre m)ii liéroïne d'une façon nette et précise? est-il parvenu à se rendre compte decetle physionomie de Charlotte mêh'-e de tons éclatants et de teintes factices dans h* romanesque épisode des Girondins? Charlotle Conlav appartient à celte Famille de caractères qu'il est diflicile de ju{;er d'après les h»is communes '... »
La Revue Britnnrrique ((lirifj:ée par Amédè»» Pichol , sixième série, L XWI, p. 230, Chronicjue lilléraire, etc. Paris, mars 1850; avec cette épigraphe : « Wherc is thv knife ? thou art toc slow? » Shakspeare, Cymbclino.
u ... Charlotte Cordav elle-même parle heainoiip Irop, et avant que Marat fût venu nous inspirer le dè|^;oùt >ous le masque parfait qu'a retrouvé M. Geftrov , nous trouvions que le couteau se fiiisait hien attendre. Whcre is thy knife? thon are too slow! Où est ton couteau? tn tardes trop! comme dit notre épijjraphe shakspearienne...
»> Une scène unique nous a paru contenir mu- li«i.,i in même temps qu'une allusion à (pielques-uns de nos révolutionnaires de I84H. » (L'article est pres<pie exclusivement polili(|ne.)
u ... Les décorations sont très-heureusement exécutées. Celle du Palais-Roval n'est pas la seule. Charlotte Corday nous est
' M. de Pontmartin aurait voulu « (jue le poi'le eût osé aborder de front l'histoire, se prendre corps à corps avec elle, en ouvrir la veino féconde, et on tirer une de ces œuvres pnissiintes dont la lihre allure eût rappelé les tra;;édies nationales de Shaks|H'are. » C'est la pensée, ce sont prcs<|iie les termes do la lettre de Huzol à Salle !(V. p.ISîinf.) a Qu'il lentÀt de ces généreux coups de main, qu'd eùl do re« échappées soudaines (ju'on trouve dans Corneille, Shak>|)eare, Allieri, Scliiiler »
Ponsard lui-même avait écrit dés 48iO dans la lifvue lir Vienne : a Ne serail-i! pas beau qu'un poète surpll (pii corri^'o.^t SliaLs|H»aro par Hacine et (|ui comph'lAl llacin»? par Shakspoaro? » Hi'faphie dt ronsard. par Paulin Blanj:, p. 2L — Vienne, Savigné, l»70.)
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pirsenlc'e pour la première fois au milieu d'un tableau champêtre, délicieux paysage normand.
» On prétend que l'acteur Bignon, content de sa personnification de Danton, a dit lui-même : « Je suis entré carrément dans la peau du bonhomme. »
U Edinhunjh Review est muette sur notre tragédie.
Ponsard entre à l'Académie française en 1856. Sa réception est du 4 décembre. De nouvelles appréciations de la Charlotte Corday vont naître de cet événement , elles ont déjà un caractère tout autre que les comptes rendus de 1850 écrits au lendemain de la première représentation. On sent qu'on est sorti de l'atmosphère ardente de la presse militante. La critique est moins acerbe et plus parlementaire, elle est aussi plus haute, plus affranchie de la politique qui obsède les contemporains et passionne leurs jugements.
Il faut dire que la parole est ici à des maîtres, Nisard, Hippolyte Rigaud, etc. Voici les passages du discours adressé au récipiendaire qui concernent la pièce dont nous nous occupons :
« Pour ne parler ni de Lucrèce, qui est comme une date littéraire, ni à^ Agnès de Méranie, pour qui les promesses de Lucrèce nous ont rendus trop difficiles, n'est-il pas à votre gloire que la meilleure de vos tragédies, Charlotte Corday, soit celle dont le sujet se prêtait le moins à toutes ces convenances? Que de difficultés s'y ajoutaient à la difficulté de faire une tragédie!
V Ces gens-là vivaient hier; nous savons des vieillards qui les ont vus et qui en ont gardé comme une espèce de trembleirienl : il fillait les placer dans un lointain favorable à l'illusion du tl)éu(re.
r DE CHARLOTTE DE CORDAY. ccclxiii
;/ Ils ont («nu dans la langue de tout !«• monde des discoure que l'histoire a recueillis : il fallait les faire parler en vere avec une vérité qui cachât Tinvraisenihlance.
» Ils avaient à paraître devant des spectateurs «pii les ont déjà jii^jés dans leur cœur : il Fallait ramener «lourement ces juges piévenus à riinparlialiti' tic T. ut
» On pense aux maîtres, et aux plus grands, en lisant l'admirahle scène où Danton, Rohespierre et Marat, réunis dans la chambre de ce dernier, délibèrent sur ce qu'ils feront de la Répuhlifjue tombée entre leurs mains. Vous êtes historien et porte (juaiid vous laites parler ces troi> hommes, qui, a peine vain(|ueurs de leurs ennemis counnuns, se sont rendus in^upportablr> l'un à l'autre, et «jui, venus en apparence pour se mettre d'accord, ne font que se iiie«un'r du regard p<)ur la lutte à mort à l.iquelle ils sont préparés. Il va du sanjj dans toutes leurs paroles. Danton en a comme le cœur soulevé; Marat en a soif comme d'un calm.nit pour la Hèvri' qui h* consume; Robespierre ne veut pas dire encore combien il lui en faudra. Mais dans la répu{jnance qu'ils inspirent tous les trois, il est des degrés (jue vous avez marqués avec la hdilité de riiistoirr.
» Maial raiiM- prc^<jiir |)lus de stnjM'Ur que d'aversion. Ou veut le croire, pour n'avoir pas à lui |>orlei |)liis de haine <pie n'en contient le cœur humain.
» Danton, par son retour à la générosité, excite une secri'te sympathie dont on a honte.
» Pour Robespierre, il nous fait sentir qurhjue diose «le
cette crainte inouïe «jue connurent nos pères et <pii s'ap|K'la la
l'erreur; crainte d'un péril livpocrile et inconnu ou h* mépris
se mêlait à l'angoisse, et (pii fit plus d'une fois envier les morts
par les survivants.
M II voun a été bon d'être plein du grand Corneilh", <piand vous avez eu à tracer le caractère de celle cpii ne fut | as moins une Hlle de son esprit (pi'uiu' héroïne de son sang. Ions les traits tle < ette peinture sont dignes de celle vierge si terrible et si charmanle. Ti.ut ce «pii, «lans Pacte sanglant où elle mil avoir pour complict» l.i conscience iiu'Mue de la ^^ance, non»
cccLXiv BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
touchera et nous troublera toujours : admiration pour son courage, attendrissement pour son sacrifice, quelque chose de moins que l'horreur pour le meurtre, quelque chose de plus que la pitié pour le meurtrier, vous l'avez exprimé avec une vérité poi(;nante. Vos vers ont commencé pour Charlotte Gorday la popularité de la légende, et si son caractère était de ceux qui peuvent grandir avec le temps, je dirais qu'elle a grandi depuis que vous lui avez mis au front l'auréole de la poésie durable. »
Hippolyte Rigaud n'avait à rendre compte que de la séance de l'Académie; mais en appréciant les discours prononcés, en parlant de M. jNisard, il dit un mot de Charlotte de Corday, un de ces mots comme Hippolyte Rigaud savait les dire : nous recueillons cette épave trop rare d'une plume si délicate et si vite arrêtée.
« Le passage sur Charlotte Corday, sur cette vierge terrible et charmante qui croit avoir pour complice la conscience de la France et qui nous inspire une terreur d'un nouveau genre en nous faisant trembler non pour la victime, mais pour l'assassin, est d'un grand bonheur d'expression. On a beaucoup remarqué aussi cette belle analyse de l'admirable scène où M. Ponsard a montré Danton, Robespierre et Marat délibérant sur ce qu'ils feront de la République »
En d8C6, dix ans se sont écoulés depuis la solennité de la réception académique. Aux couronnes de l'ovation ont succédé des préoccupations d'un autre ordre, et malheureusement hien somhres. Ponsard fait en quelque sorte son testament littéraire en rassemblant les feuilles éparses de ses poésies et en publiant ses œuvres complètes (2 vol. in-S", Michel Lévy.) Un article très-remarquable signé de Langeac, paraît dans V Univers illustré (2'i sep-
DE CHARLOTTE DE C(JU1)AY. cccLxv
temhre i8GG, n° 57 4). Nous «mi cxlravons les lignes qui nous intéressent :
« Drame on trajjrtlie, quelque étiquette qu'on lui donue, Charlotte Corday est une des œuvres les plus vi(;oureuses cl l>rHl-t'trc 1(1 jilus hardie qui sr soit jamais produite au tliéâtn'
» M. Ponsard excelle dans ces {jrandes discussions : il sait à fond la lan^jne politiipie, il pi. me à l'aise dans ces n'-yions supérieures, où, hormis Corneille, v{ je n'excepte ici i)ersonne, il ne connaît pas de ri\al.
» Je n'insiste pas sur les autres parties de re rhef-<rMUvre, et que «le beautés cependant j aurais à v signaler : l'éclat et la solidité tie la couleur, l'ampleur des physionomies principales, les h|;ures secondaires esquissées d'un coup d»* pinceau net et juste, la variété du style, poétique avec Veryniaud et Harharoux, philosophique avec Siéves, grandiose avec Danton, positif et tr.iuchant avec ^larat, pédantes<pie et enveloppé avec Robespierre, et par dessus tout le charme vir^^inal, la {|râce virile et la vertu lomaine de celle qu'un (;rand pmte a appelée l'Auf^e de l'Assassinat. »»
A lii fin (Je raiinée, Ponsard est «léja mouranl, et pourtant, le 2n (jcc'cndire, il adresse encore à M. J. Janin celte jolie pièce de vers où sa (Iharlotle de Corday est notée de sa tnain datis un couplet souriant (pii rappelle les souvenirs de la [)reiiiiére repré>enlalion :
Voici loiitr la l.imille
Oui s'rn \a chez son parrain.
Lucrèce se fait (;entille
Pour lui plaire, et, bonne Hlle.
Ouitte son /;rand air romain.
cccLXVi BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
Derrière elle sont ses sœurs , Aynês, etc
Charlotte même minaude
Et tend à son cher J. J.
Une noble joue encor chaude
Du soufflet qui la rougit.
a Conte-nous, dit-elle, comme
Bi(jnon, Danton effaré,
Est dans la peau du bonhomme
Un jour carrément entré. »
(V. Débats du 15 juillet 1867.)
Six mois plus tard (12 juillet 1867), les discours funèbres prononcés sur la tombe de Ponsard et les articles nécrologiques qui suivent les discours ramènent le souvenir de la Charlotte Corday\ Les éloges grandissent, la justice se fait avec le temps. Tel qui avait blâmé loue; rien n'est plus intéressant que de comparer le langage des mêmes écrivains à vingt ans de distance. Le quatrième acte, qui était en 1850 une œuvre funeste, devient en 1867 une page de Tacite. Celui que ses détracteurs appelaient par ironie le Chef de Y École du bon sens est devenu un
* « Agnès de Méranie continuait l'entreprise longtemps hasardeuse, mémo sous la plume du grand Voltaire, de l'appropriation de nos vieilles annales aux convenances du théâtre.
» Charlotte Corday montrait plus d'audace encore : en vraie fille de Corneille, elle faisait voir sur la glorieuse scène du Théâtre-Français, avec tout le prestige de l'art et du talent, ces sanguinaires acteurs de 93 si terribles à rencontrer, môme dans l'histoire... » Discours de M. Cuvillier-Fleury au nom de l'Académie française. V. Débats du liJ juillet 1867. Le décès de Ponsard est du 8 du môme mois ; il avait eu lieu chez M. J. Janin, où le malade avait passé les derniers mois de sa vie. »
DE CHARLOTTE DE COHDAY. cccLXvii
grand maîlro, l'émule de Sophocle et d'I'uripide, le continuateur de Corneille et de liacine. Nous citons lexluolloment.
Sainte-Beuve, qui n'aimait pas Ponsard pendant sa \ie, reconnaît après sa mort « qu'il était revenu, par la tradition cornélienne, à la vérité révolutionnaire ». (Passage cité par Vapereau.)
(( Quelle mapnili(|ue réus>ile dans CharJollc Cordnij^ s'est écrié M. Koqueplan, cette pièce si vi>ante, qui restera un des types du \érital)le drame moderne. » ^^V<^;^//^/lionnd du 15 juillet 18(iîJ.)
Du \ivant du poCte, cette mai;n»li(pie réussite avait été un insuccès, au moins d'argent î
Le 8 avril 1S()Î> a lieu la réception du successeur de Ponsard à l'Académie.
u Au nom <lo CItarlo'te Corday, s'écrit* M. .Aiilinn, le récipiendaire, je nriiiclint' rt je salue nno (!««s (cuvres 1rs plu«> fortes du lluaire coutruipnraiu.
u dette fois le poëtc iiianlie en toute librrl»^, il se jette lianliineiit sur les pas de SlîaksjK'nre, il oso inéuie dépa*s<»r les licences du mailp*. . . . Tout se rappro<lie et m* n»èle dans ce beau diauie, le sourire et le» larmes, layrâce et la teneur, le cainu* du fov. r domesticpie et les fureurs de la rue. ... Il fallait certes un rare coura(;e; il fillait celte confiance inyéuue, qui semble i(jnorer les périls pour aUuder de telles fifjures, u celles du Triumvirat, terribles à rencontnT uiéiiie dans rbisloire, n comme l'a dit l'éminent écrivain que vous allez bientôt entendre '. L'auteur eut ce coura(;e, et il éi-rivil une scène dont le snu\eiiir ne périra pas. m
' 11 est vrai que M. C.uNiHier-Flcury parut avoir chani^é d'idi'cî» din» 58 réponse à M. Autran qu'û était char^»' de recevoir. Il pn'tendit que a Ponsard avait refait ces dictalrurs Ijoiirreaux, que H le
'•n philosophe, (jtio Danton y jonc après le liS rnui I* -!>•
râleur incpiiel ci inipalieiil, «pie Maral, dépouillé de r«llr«'u\ prettige de sa vuii;arilë sanguinaire, était noyé dans un flol de imxw. TH
cccLXviii BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
En cette même année 1869, le Panthéon s'ouvre pour Ponsard, mais ce n'est encore que le Panthéon de l'Iconographie et des Autographes. Une grande et belle publication' donne son portrait, et pour fac-similé de son écriture le feuillet entier, recto et verso, d'un de ses manuscrits. Ponsard a dû choisir lui-même cette page, car il l'a signée pour en certifier l'origine. Or, cette page de son choix contient encore un passage de la tragédie de Charlotte Corday! et, chose remarquable, c'est un fragment du troisième acte de cette scène entre Charlotte de Corday et Barbaroux dont Ponsard avait déjà publié un extrait en 1848 dans la Revue Indépendante , trace visible d'une prédilection de l'auteur pour cette partie de son œuvre.
Enfin, en 1870, l'inauguration à Vienne (Isère) d'une statue élevée à Ponsard provoque son apothéose littéraire.
Ce caractère de transfiguration d'outre-tombe apparaît surtout dans les paroles délicates prononcées par M. Ed. Thierry au nom de la Comédie Française, et qui semblent inspirées par les perspectives élyséennes qu'on trouve dans la lettre suprême de Charlotte à Barbaroux.
« Charlotte Corday ! tout Ponsard est dans cette grande et mâle étude dramatique
qu'il était, qui eût osé représenter sous le feu de la rampe, devant un public français, ce pamphlétaire assassin?»
C'est à croire que M. Cuvillier-Fleury n'a lu ni la pièce de Ponsard, ni le Moniteur, ou qu'il les a oubliés! Et la preuve, c'est qu'il place l'intervention de Danton dans la pièce après le 31 mai 1793, tandis que la date assignée est celle du 22 i>eptembre 1792 1 C'est qu'il nie les tendances de Danton à la conciliation, tandis qu'elles sont déjà apparentes dans son fameux discours du 25 septembre 1792. Quant à Maral, il est impossible d'en faire un portrait plus ressemblant et mieux réussi que celui de Ponsard. Ce n'est pas seulement de la poésie, c est de la vérité ; et Kobespierre philosophant est aussi dans la réalité strictement historique.
> Le Pardkéonde IHlluslralion française, Pilon, 1869, in-f», t. V.
DE CHAULOTTi: I)K CORDAT. ccclxix
Il alx)r(lait cette liisloiit' de I.i première Révolution avec une sérénité, un charme de sympathie incomparables. Comment eût-il priisé que son œuvre |)ùt servir de terrain aux passions ardentes, loisque lui-mêuie était au-dessus de toute passion, ou du moins lorsqu'il n'avait d'autre passion (pie le patriotisme? C'est par l'amour de la patrie, par le culte de la terre sacrée qu'il entre en commerce avec les \aincus et avec les vainqueurs, avec les persécuteurs et avec les victimes. L'Klvsée des anciens confinait avec leurs enfers. La Chariodr Corday de Pnnsard est comme un IJvsj'e de la Kcvolution ; ils v revivt-nt, ces morts frappés tous avant le temps, mais calmes, pacifiés, entourés d'un rayonnement «jui suit leurs omhres. Ils revivent, et le poëte passe? au milieu d\'ux «n les admirant. Ils ont tant de côtés qui répondent aux délicatesses de son esprit ! Ceux-ci sont Girondins, éj)icuriens {;r.icieu\, <pii avaient révéla République comme une aristocratie des inlelli(|ences, et «pii causent <le la nouvelle Athènes dans le salon de mad.ime Roland, ainsi que les Grecs du temps de Périclès dans le lioudoir d'.\spasie. Celte jeune fille est une |)etite-niècc de Corneille. Klle lit Jean-Jacques Rousseau, seule devant la moisson <jue quitte le faucheur, devant le soleil adouci qui se couche. Kt quaml elle apparaît devant Rarharoux poin* lui inditpier son chemin, parlant, comme lui, la douce lanjjue de Théocrile ou d'André Chénier, l'entretien cpTils éclian(;ent dans la campa(;ne silencieuse est une éylo^iue anlicpie
>» C<» n'est pas l'effroi, ce n'est pas non plu.s la tolcic qui plane sur ce «Irame impartial de ClutrlitUc Corilav. \ «'olé de l'admiration, c'est la pitié. On a dit «le Racine tpi'il a p«'ini les hommes tels cpi ils sont. Corneille tels qu'iln devraient être: Pons.ird a |>eint le> homiins <!«• I.» Ri'*volution tels qu'ils ont voulu être, et pas un d'eux ne récuserait le lénioi(;na(;e qu'il a irridn di* lui drvatit la juste postérité, m
Après des accciils si élevés, si purs, si voisins de la poésie, nous ne pouvons donner la parole (lu'â la poésie clle-inéine : elle eut pour interprète um» grande \oi\, aimée et addiirée du public, rivale et |»ourt.Hit nrnie de iNttisard
cccLxx BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE -
jusqu'au dévouement, jusqu'à l'abnégation'. M. Emile Augier récita des strophes dont la presse fut unanime à proclamer la beauté. INous citons seulement celles qui, sans nommer la pièce de Charlotte Corday, s'appliquent implicitement à la plus belle production du poëte, à la plus grande injustice qu'il ait eu à subir : il ne pouvait être plus noblement vengé des hostilités et des dénigrements des premiers jours :
Dit ^enie ici-bas c'est l'éternelle histoire Qu'il soit payé par nous d'un dédain passag^er : Il semble que son siècle, envieux de sa gloire. Le sentant immortel , le traite en étranger.
11 vit, souffrant, en proie à la dispute humaine, Pauvre triomphateur par l'esclave insulté, Jusqu'au jour où la Mort le couche sur l'arène Et le moule en airain pour la postérité.
En le voyant tomber, l'Injustice s'est tue;
Une admiration semblable au repentir-
Sur un socle de marbre élève la statue;
La palme du vainqueur est rendue au martyr.
Salut, Ponsard! salut, illustre et cher poëte, ^
Lorsque nous t'avons dit adieu le jour fatal , rsous savions qu'il n'était pas loin le jour de fête Où nous te reverrions sur un blanc piédestal.
Que le dénigrement ait tourmenté ta vie. Que l'on t'ait contesté ton rang parmi les forts. Qu'importent maintenant les fureurs de l'envie. Il n'est pas d'insulteur au triomphe des morts.
* On sait que M. Emile Augier risqua le succès de sa pièce de Vaul Forestier |)Our faire ré,')étcr et jouer, avant lui, la tragédie do Galilée, qui fut le dernier triomphe et la dernière joie du i)Oëte mourant.
DE CHARLOTTE DE rORDAY. r.rf wi
C'est en vers magnifiques le sentiment <|uc nous a\oiis exprimé en mauvaise prose, mais rjiie nous avons justifié par des témoignages irrécusables, et établi par le rapprocbcme^it des textes qui permettent de suivre la transformation de la critique et la réparation qu'elle avait accordée d'elle-même à Ponsard, avant qu'elle fût burinée par les iambes vengeurs de M. Emile Augier.
iNous ()assons à regret quelques strophes qui se rapportent plus particulièrement a la biographie et à la famille de Ponsard, et ne pouvons résister au désir de citer les deux dernières, qui semblent sceller la statue sur son piédestal.
Toi, cependant, assis au rentre de la ville, Coniine un Terme an nn'litu du Foniiii arjité, Tn verras s'écouler sons ton pied ininiohil(> Le flot respectueux de la postérité.
^Liis tu conserveras Taltitudc rêveuse
Que la Musc imniortelle imprime à ses élus.
Et tes yeux, poursuivant l'idée impérieuse,
Vers les choses d'en bas ne se !)aiss<ront plus.
(L'ensemble du morceau se retrouve notamment dans le •journal l'Histoire, \\° du 17 mai IS70, et dans le Peuphtrnncais du IS du même mois.)
Les allusions à la pièce de ChnrloUo Corday durent revenir plus d'une fois dans les cantates qui furent chantées au pied du moimment et dans les toasts (|ui suivirent le baïKjuet. Nous ne les connaissons pas, mais la soirée se termina par un épisode qui en fut le couroimement et qui nous ramène à notre sujet. Les artistes de la Comédie-rrnnçaisc exécutèrent divers fragments des œuvres de Ponsard, cl
cccLxxii BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
notamment le second acte de la tragédie Charlotte Corday dans son entier, sans aucun retranchement ni changement.
On se rappelle que la dernière scène de cet acte n'avait jamais été représentée, quoiqu'elle contînt le nœud de la pièce, le morceau capital au point de vue de l'héroïne, la délibération qui précède sa résolution suprême et son départ. 11 y avait donc là une primeur pour les assistants, une satisfaction pour la mémoire du poëte, dont l'œuvre avait été mutilée par les timidités inintelligentes de la censure. Mais ce n'est pas tout, le rôle de Charlotte de Corday était confié à mademoiselle Agar. Or, ce qu'on sait peu, c'est que Ponsard avait eu en 1861 l'espoir de voir sa tragédie reprise à l'Odéon : l'artiste choisie par lui pour le rôle de Charlotte était mademoiselle Agar, et Ponsard lui-même lui avait fuit répéter longtemps le rôle avec le plus grand soin, lui expliquant sa pensée, ses intentions, la manière de les rendre avec toutes leurs nuances.
Mademoiselle Agar avait donc la tradition, hélas! testamentaire du maître. On peut deviner quel put être l'effet de ces premières scènes, qui semblent une églogue de Virgile ravivée par le génie d'André Chénier : les dernières paroles .<^ jetées aux faneuses, l'invocation à Jean- Jacques, la rencontre des Girondins et les questions mises dans la bouche de Barbaroux surpris de la beauté et de l'éloquence de Charlotte.
Mais qui (Jonc êtes-vons, jeune répii])]icaine, Dont la voix douce parle une langue romaine? Vos paroles, votre air, cette scène en plein champ, Kn pays inconnus, sous le soleil couchant, Semblent nous transporter aux â(fes poétiques Ou les Dieux se montraient aux voya^jeurs antiques.
DE CHARLOTTE DE COUDAY. cr.CLXXiii
Jtj cltinande connue eux si vous uc seriez pas
Oiielqiie divinité descendue ici-bas,
Et si la Liberté, la déesse nouvelle,
^'aurait pas pris les traits d'une vierge mortelle?
Ces vers hormoiiicux deviiierit recevoir un iiouvciiu charme par la justesse de leur ap[)licalion à l'arlisle dont ils semblaient être le portrait plastique.
Mais le grand intérêt était dans le monologue de la délibération, dans cette scène twn pn'ii.s audiln, (pie personne n'avait entendue et que chacun désirait entendre :
La Bible a répondn : — Judith de Dt-thnlie; Plutanjue a dit : — Brutus; et Oorinillr : — Kinilie.
L impression, nous assure-t-on, lut très-prcifonde sur l'auditoire : liachel, rpii a>iiit r<Tusé de prononcer ces vers devenus classiques, avait trouvé une bcriliùre digne de les comprendre et de les faire aj^plaudir.
CIIAI;L0TTF. COUDAV, Tmuerspiel in 5 .îrtiti, frei narh V. Ponsaud. Land>berg a. d. W . . IS51 (Cil Ml- LOTTE COIU)AV, trn(/ô(/ie en 5 nciea, traduite hbrement iraj)rès F. 1*o.\sakd. Landsberg-sur-la-NVarla \
isr,i.
Celle traduclifin a paru sans nom d'auleur. M.u-. ren-
i Landsl)orp-8ur-la-Warl.i. I>ol'o rt forlo ville fniuée daim la Nouvcllo-Mntclio (lo nrandebour^', à ihnno iieue-i ouost do ('•: ; -*»l
du cominerco cnlro la Polo^^nc cl la PomtTanic. Ce- ni
nécessaires, parce (|u'il y a en Allemagne six villes differcnle* |K>rUol le nom de Landsberg.
cccLxxiv BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE '
seignements pris dans le pays, grâce à l'obligeance de M. Vieweg, nous avons appris qu'elle est l'œuvre de M. Bœhm, Receveur des contributions (Rendant) à Landsberg, Chevalier de la Croix de fer de d813.
(( L'art de traduire, dit madame de Staël, a été poussé plus loin en allemand que dans aucun autre dialecte européen » [De C Alhmnijne^ chap. ix) ; et elle cite la traduction des poëtes grecs et latins, par Yoss, les traductions des poëtes anglais, italiens et espagnols, par Tieck et W. Schlegel. Un exemple plus célèbre encore pour la France a été donné par Schiller, qui, parvenu à l'apogée de sa gloire et de sa carrière, traduisit quelque temps avant de mourir la Phèdre de Racine en très-beaux vers '.
L'auteur anonyme de la traduction de la Charlotte Corday de Ponsard a essayé d'imiter ce grand exemple. Il annonce qu'il a traduit librement , et en cela il est modeste, car sa traduction, quoique en vers, est aussi serrée que possible. La tragédie originale a 2,446 vers, la tragédie traduite en compte 2,650, c'est-à-dire 204 de plus que le modèle; différence qui s'explique très-bien, puisque le vers tragique allemand n'a que dix pieds, tandis que l'alexandrin français en a douze.
Le traducteur n'a donc pas profité de la liberté qu'il s était réservée : nous trouvons même qu'il n'en a pas assez fait usage. Ainsi il supprime trop souvent les épilhèles. La substance de la pensée est bien rendue, mais les nuances qui la colorent disparaissent. Citons quelques exemples :
' La Phèdre de Racine a quatorze cent cinquante-deux vers. La traduction de Schiller dix-çept cent cirujuante-dcux. Il y a donc trois cents \ers de plus dan.^ la traduction que dans l'original.
DE CHARLOTTE DE COUIJAY. ..ccLXXv