‹ Charlotte de Corday et les GirondinsChapitre 6 sur 97 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

Quelles qu'aient été au reste les causes de la prédisposition spontanée de Salle pour traiter ce sujet, il devait trouver dans les amis qui l'entouraient un enthousiasme bien propre à l'encourager dans son entreprise.

C'était Petion , qui n'avait pas craint de faire publiquement l'éloge de Charlotte de Corday dans les réunions politiques de Caen. (V. Klause, Yersuch iiber Corday, p. 121 \)

Louvet, qui, dans \ hymne de moy^t qu'il avait composé pour le chanter en allant à l'échafaud s'il tombait aux mains de ses ennemis , avait consacré à Charlotte de Corday cette strophe :

Oui , des bourreaux de l'Abbaye Les succès affreux seront courts; Un monstre effrayait sa patrie :

Une fille a tranché ses jours !

Liberté ! Liberté ! que ton bras sur eux se promène ! Tremblez , Tyrans , vos forfaits appellent nos vertus !

point : c'est que la femme de Salle disait avoir vu Charlotte de Corday à Caen, et gardait en mémoire de ce jour la robe qu'elle portait alors. Singulier mémento, qui existe encore entre les mains de madame Raynel de Villars, petite-fille de Salle! (Lettre de madame R. de Villars, en date du 3 octobre 1867.) Tout en faisant la part de la légende, il y a là un fait de nature à expliquer la prédilection de Salle pour le caractère de Charlotte et le choix du sujet de sa tragédie.

Al. le docteur Contai, de Nancy, petit-fils de Salle, possède des Documents qu'il se réserve de publier, et qui peut-être apporteront quelque lumière sur les rapports entre son grand-père et Charlotte de Corday.

* « Petion ne vient-il pas de dire publiquement à Caen , et avec son air vertueux , que la Corday avait bien fait d'assassiner Marat. « Dans » les cas ordinaires, a-t-il dit, il faut laisser à la loi le soin de frap- » per les coupables. Mais dans l'état actuel des choses, mais dans les » moments de crise, l'assassinat est un acte de justice nationale.

n C'est une femme, a-t-il dit, qui a donné l'exemple aux hommes. » Il faut espérer que ceux-ci en profiteront pour purger la France de n la faction scélérate qui l'opprime, pour abîmer la France dans le » Marais. » Amis, voilà ce qu'un de mes cornets acoustiques m'apprend, u (lUjugyff, n» 5, col. 3.)

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