PRÉFACE. XXIII
Mahat est mort charge'* de haine, Corda Y vit auprès de Bkltus '.
Barbaroux , qui avait reçu la dernière lettre de Charlotte de Corday et dont Louvet enviait le bonheur î
Guadet, qui récitait ces vers que peut-être ^ il avait luimôme composés :
Quand tu punis Marat de la mort la plus juste, Cordav! tu fis tomber l'assassin des Vertus! Tu meurs, mais l'univers écrira sous ton huste : Plls grande que Bruti s ^.
C'est au milieu de cet entourage, dans ce foyer d'admiration pour rhéroïne normande, au contact de ces esprits supérieurs exaltés par le malheur et la persécution, que Salle, proscrit lui-m(^me , conçoit les premières scènes de sa tragédie. 11 est au fond des grottes de Saint-Émilion, il écrit à la lueur d'une lanterne; il n'a d'autres rt^ssources que quelques livres, d'autre perspective que la iTiorl. Il semble que chez un homme capable d'entreprendre une œuvre littéraire dans de pareilles circonstances, l'inspiration sera
* Quelques notices pour l'histoire et le récit de mes périls, 1"" édition, an III, p. 93.
- J'oserais dire certainement. Je n'ai trouve^ ce quatrain nulle pari, quoique j'aie réuni une collection à peu près complète de tout ce qui a été écrit sur Charlotte de Corday tant en vers qu'en prose.
Ces \ers sont inspirés du mol qui termine la hrochure d'Adam Lux et qui lui coûta la vie. Guadet (^tait particulièrement lié avec Adam Lux; c'est à lui que le jeune drpulc'' de Mayence s'était adres>«'' lorsqu'il avait conçu la pensée do se donner la mort dans la Convention. (V. ci-dessous, p. 110, la correspondance entre A. I.ux et Guadet.) Barharoux connaissait leur intimité ilhul.). 11 ne serait donc pas ('tonnant que (iuadel eût consacré ces vers, qui nous paraissent fort l)eaux, tout a la fois à la L'ioiro de Charlotte et au souvenir d'Atlam Lux.
*• Mémoires iwdits de Petion, etc., publiés par M. Dauban. Tion, Paris, <866, p. 501.