AD CITOYEN MARAT
Paris, 12 juillet.
Je vous ai écrit ce matin , Marat. Avez-vous reçu ma lettre? Je ne puis le croire, puisqu'on m'a refusé votre porte. J'espère que demain vous m'accorderez une entrevue (1). Je vous le répète, j'arrive de Caen. J'ai à vous révéler les secrets les plus importants pour le salut de la république. D'ailleurs je suis persécutée pour la cause de la liberté; je suis malheureuse : il suffit que je le sois pour avoir droit à votre protection.
ChxVrlotte Cordât.
(i) Au lieu de cette phrase, on lit , dans le rapport de Chabot : «Puis-je espérer un moment d'audience? Si vous l'avez re- » çue (ma lettre), j'espère que vous ne me la refuserez pas. Vous » voyez combien la chose est intéressante... Il me suffit de vous » faire voir que je suis malheureuse pour avoir droit à votre )' estime.»
PIÈCES Jl'STIFIC VTIVES. 87