‹ CHARLOTTE DE VALOISChapitre 13 sur 18 · CHAPITRE mVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE mVI

Gomment le piiear reclierelie le comte de ManléTrier poor ok-

* tentf àt HA le parnoD da eovpotoie «ni rimirtot« -^l^nteMmieê paroles qn'U sait trouver sur la miséricorde dont le menr*

• trier a Vesoln, ini aussi.— Le comte obéit et pardonne. «^Toih cliaiite entrevue des deux amis. — L'extréme-oncUOn adml^

' ntstrCte à Lavergne, qui meurt contrit — Le comte ft reéonvri dfttaimo» -^fcé traître ■mnUtrt nteuri tittlttmeiu.

Le pi'ieur revînt auprès de Lavergne^ il lé Crottvft dans le même état } alors, il le quitte de nouveau pour se remettre à la recherche tlu comte de Maulévrier, il parvient avec peine à le rejoindre , et il le surprend dans une âgH ^tion qu'ii est plus facile dé supposer que de décrire; l'homme de Dieu lui apporte des paroles de paix et non de menaces ^ il lui offte son

pardon s'il le désire, s'il veut se repentir , et pardonner lui-même;

Malgré son trouble , Jacques de Brézé Ta entendu; il verse enfin des larmes,... le prieur en profite pour lui demandr un acte de cha-> rite qui pourra lui obtenir miséricorde à lui* même; mais il faut un sacrifice, et celui qui fait miséricorde j offre un sacrifice '^. Il lui demande enfin de venir près du lit de son ancien ami, sa victime aujourd'hui... Il faut lut

dire qu'il pardonne, et c'est là le sacrifice

Le comte frémit à cette idée, il refuse d'abord,

mais l'éloquence du prieur, aidée de la grâce, commence à l'émouvoir. II se voit homicide , excommunié, condamné par la justice hu^^ maine, et enfin pour toujours... par celle de Dieu, si lui-même ne pardonne pas! Jacipies de Brézé sanglottant convulsivement, se lève, et fait quelques pas, puisretombesurson siège, malgré l'appui du. P. Donatien, qui lui rappelle que le mourant n'a plus que quelques instants à vivre , etqu'ill'attend... Le comte

* Ecdes. 58, t. 4.

de Maulévrier paraît sourd et immobile, alors le prieur se jetant à genoux et prenant entre ses mains le christ de son chapelet» commence à réciter lentement et à haute voix , le pater;... h ces psiroles-pardannez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés j il fixe les yeux gonflés et remplis de larmes sur le comte , qui s'écrie en se le* vant brusquement :

— ; « Oh ! mon Dieu, pardonnez-moi , comme je pardonne \ >

Il court précipitamment, le prieur a peine à le suivre pour le conduire au lit de Lavergne, Tentrevue est déchirante; des deux côtés la prière humble, la douleur profonde : chacun s'accuse en même temps qu'il pardonne ; le meurtrier et sa victime s'embrassent encore avec tendresse , c'est une lutte de générosité et d'humilité qui dispute les moments à la mort.

— < Allons près de Charlotte , » s'écrie le comte qui ne peut achever... Le prieur Ta

compris , il répond :

fS9 CHÀBlbTtE Ï)Î5 TAtÔIS

-^ c Prions pour elle ! que Dieri laî lassé miséricorde... *

Utî morne silence succède à ses paroles, lé comté a les yeux hagards... Lavergne éprouvé un fréffliSàcmeiit. : . Le P. Dohétîen avec àèà paroles inspirêes, rétablit lé calme : H domiriè cette scè!i)3 sublirtie par sa présence; à genoûi près du lit mortuaire , contertiplant les ministres résultats des passions humaines; il porté les yeiix alternativement sur ceux qu'il aimait comme ses fils ; les pleurs coulent dans les sillons que les austérités plus que l'âge ont creusés sur ses joues; il arrête entre les 3éux frères des aveux désormais indiscrets et nuisibles, il exhorte à la contrition, il soutient t'èspéraiice, il confirme là foi, il excite à l'afeotir dé Dieu, il tempère lé désespoir.. •

'Quel èpèctacle pour Tincrédule!... Ou se trouverait pour lui la consolation dans des circonstances si déplorables ?... Que lui ré'sterait-il?la douleur intolérable, le désespoir, la Wige, la révolte, le trodble, la vengeance dans te cœur et dans râme> l'espoir du néant!...

Cependant les hoquets précurseurs desder-

ET lICQCtS ÛÈ ÈAtti. , ilf f

wera mhmentj^^ révéîlleht rûppaWfete ^ùîé^ taitedb P. Dotmtieit, il etivoie Un âe S(^â rë)ii gieux ehérober lés saUites hâiles; lëd vbmiil^ strnkots de sang He perfnietleht (lotiit i)de^ viatique soit adinihistrë; mdis; la pvédêhéli d'esprit de Uvérgne ne ràbandodiie ^ôinii M ne laisse échnpper aticune plainte sbf ftfes iA)uleurs vives et cuisantes; il suit les pHèf^eâ dB TEglise avec le cemie, qui malgré lét) f i^ibled et tremblantes impressions de son ftme « ré^ pond avec Fassistance. Les onctions sont fai-* tes sur les yeux , principes de la concupis-

cence; sur Todorat et le goût qui ont pu offenser Dieu ; sur Tome trop souvent disposée à écouter des paroles coupables ; sur la poitrine qui a brûlé de flammes réprouvées ; sur les pieds qui ont servi à transporter le criminel si près de sa tombe...

Les prières des agonisants commencent, et au moment où le P. Prieur, s'adressant au moribond, lui dit : c Partez, âme chrétienne > , Jacques de Lavergue rend le dernier soupir

Le comte , plus calme depuis qu'il a héroïquement offert le sacrifice à la miséricorde, se

décide, sur Tavis du P. Donatien , à ne pas f uir, mais à attendre les résultats de la justioe des hommes, en expiation de ses crimes^ car la loi de Dieu ne lui permettait pas de se faire justice lui* même : c A moi seul la vengeance, c dit le Seigneur , ultio mea est. Deut. 35. > , Le misérable Humbert, en apprenant les suites de sa dénonciation, était tombé mort subitement à la renversé sans avoir pu pro* noncer un seul mot.

cHÂPm nxTn

CSonuBoU le prieur dam cet eroellcs drdMMtanMt prend esB* ■en ém telffnear-dTè^ae. — BéiAnse «n'il en reçoit. — Simple enterrement dee trois détantt. — Fenltcnce cnnonlqae 4n eomie de 1fnnlé?rlcr^

Les faits extraordinaires au milieu desquels se trouvait le P. Prieur, Tobligèrent à écrire à révoque de Chartres pour lui demander des instructions; il lui expédia aussitôt sur la - mule du prieuré un de ses religieux decbœur, qu'il chargea de suppléer à ce qui pouri*ait n'être pas assez explicite dans sa missive.

Le lendemain, le religieux revint avec une

204 cnAnLOîTB de valom

lettre de Téveque, qui répondait : que les circonstances flagrantes qui avaient précédé la mort de la comtesse, ne permettaient point qu on lui fit des funérailles en rapport avec sa haute position ; qu'ayant toutefois reçu l'absolution avant d'expirer, bien qu'elle n'eût pas eu apparèncp d^^qqpaj^ance;il autorisait qu'on dit une messe basse à la chapelle du château, le corps présent, sans tentures ni autre luminaire que deux cierges près du cercueil; autant à l'abbaye de Coulomb où la défuqle îj\ait fqqclé §a s^pultwire, 01 oiù lelte^^ipait conduite de nuit sans flambegi^.

Que par les mêmes raisons et bien que le commandant du château eût eu le temps de se reconnaître et de mourir pénitent, le corps sel'ait présenté à l'église paroîssiîile de Rouvres ,. où on observerait Ip même céréfngnia), qu'il serait inhumé en terre saintis au cimetièi^e commun.

Qu'il n'avait point à se prononcer pour les

funérailles du co;icier£fe. dont la mort rentrait

dans tous les cas de mort subite; mais que les

convenances ne permettaient point que sa fa-

ET JACQUES DB SRtSi. ^W&

mille fit pour lui, h cause de la CQiinoiciQnce des rvèneniocts , pluf^ qnc pour le^ adirés ; qu'pufin, le comte ayaut encouru lîexqomn^uuÎQution majeure, devait se spumeitre à toute !a rigueu;* de la péuitenpe publique ; Qar plus il était élevé, plu§ il ét^jt d^tqs l'obligation de donner de bons e^epaplç^ , çt sa répu-^ tation d(3 piété, causapt un plus gr^nd scandale, |1 devait réparer avec plu$ d'éclat }e prime qu'il avait commis,

A cet effet, il privait Jacques de Br^zé dQs ^acreuaeqts de TÉglise pendant trois ^unée|^, eu Tobligeaut à jeûner au paiu j^t '4 l'eau (pus les mercredis et yendfçdi? pppdapt petle période dp trois ^nné^s , ^vec pn jouir de plus pendant le (^ar^me et toute I4 ^epiainp^Sainti^; qu'il ne pourrait entendre 1^ iffpsge 1* première année que du parvis, la seconde dfi d^sous le porche , et la troisième dans la nef, près de la porte d'entrée.

L'évêque exhortait le comte de Maulévrier à l^ soumission, à la pénitence^ et lui faivsait espérer la rémission de ses péchés s'il était vériiablement repentant.

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Par un co.dicile particulier , Tévéque de Chartres invitait le prieur à lui faire savoir dans quel esprit le comte de Maulévrier recevrait cette injonction , afin d'obtenir du souverain Pontife un adoucissement ou une abréviation à la pénitence canonique , s'il s'y soumettait avec empressement.

' Ce furent de tristes jours de deuil au château de Rouvres ; le comte non-seulement se soumit h la pénitence publique imposée par révéque, mais il eût volontiers ajouté à sa rigueur, si le P. Donatien n'eût pas cru devoir l'arrêter dans son zèle indiscret , en excitant chez lui la contrition du cœur, bien plus essentielle encore que les marques extérieures de la mortification qui doit aider et fortifier , mais qui ne constitue pas le regret à elle seule.

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