LIVRE PREMIER
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Ckinmieiit à'son avènement le rot Ldnl» XI Ile mettre en prison Merre «c ■réai.— Prar %mU wMUth Itnéii «nr t» MéHM h son alfeetlon an lion roi fen OUarlet septième. — Il était selgnmur êm éHnstal êê ■—tras* -» ia MMifim a éi f ^nê tit M e. femme*
Pierre de Brézé, coopte de Mau^évrier^.
gr$aii^-*aén^Qhfil d'Anjou, de Poitou et de Normandie, était re»té Tun dea plua fidèles sujeta de Charles VU; il avait entretenu dea ralaf^ tien» amjicales ayee la belle Agnèa Sorel», parcQ qu'il lui aavait gré, sfiiyant l'opinion
d'alors , d'avoir maintes fois relevé le courage de son royal maître. C'est elle, disait-on, qui détermina ce prince , accusé d'être quelquefois indifférent à sa gloire, à écouter et à recevoir la sainte fille de Domrémy. Elle lui dit un jour : qu'elle se voyait obligée d'aller à la cour du roi d'Angleterre , car une femme lui avait prédit, dans sa jeunesse, qu'elle serait aimée d'un roi puissant ; or, le roi d'Angleterre devait bientôt ajouter la couronne de France à la sienne , tandis que le roi Charles n'était plus appelé , par dérision, que le roi de Bourges. Hélas ! il y était même bien peu roi dans cette capitale dd Berry, puisqu'après avoir commandé une paire de bottes que le cordonnier lui apporta, Charles YII lui dit qu'il ne savait pas quand il pourrait le payer, et que le manant remporta ses bottes, comptant peu sur le paiement royal.
Il parait qu'Agnès était véritablement une aimable et douce personne , car la reine Marie d'Anjou, pieuse et charitable princesse, en qui on peut reconnaître un rare mérite, et qui aimait son mari sans trop de réciprocité, la
voyait à la cour et ne lui témoignait nulle colère ; elle avait Thabitude de dire : c Le roi € est mon maîtres il a tout pouvoir sur moi, tath « dis que je n'en ai aucun sur lui. »
Les bonnes qualités d'Agnèi? ne pouvaient pas sans doute excuser sa position et ses relations coupables avec Charles VU ; toutefois , elli^s auraient pu empêcher la haine de se faire jour dans le cœur du dauphin , ou bien au "moins en affaiblir la manifestation ; il fut accusé d'avoir fait empoisonner la dame de Beauté, en 4450. Le roi lui survécut onze années, et se laissa mourir de faim le 22 juil* let \ 464 , à Meheun-sur-Yèvres, dans la crainte
assez fondée, qu'il pourrait bien être empoisonné par ordre de son fils, ambitieux et révolté.
 peine Louis XI apprit-il, en Brabant où il était retiré, la mort de son père, qu'il se rendit à Reims; et s'y fit sacrer, le 45 août suivant, par Jean Jouvenel des Ursins, archevêque de cette ville.
Aussitôt qu'il fut monté sur le trône, il donna ordre de faire enfermer Pierre de firézé
dans le château de Loches, pour se venger de l'amitié que ce brave sénéchal avait eue pour Agnès , et parce qu'il l'avait toujours trouvé inébranlable lorsqu'il avait tenté de Tentralner dans son parti »
Pierre de Brézé était seigneur de la chfttellenie de Rouvres; c'était autrefois une habitation royale de la seconde race de nos rois ,-oft Judith j fille de Char}es-le-Chauve, après avoir été reine d'Angleterre, puis comtesse de Flandre, était venue passer son dernier veuvage et où elieétait morte ; -—plus anciennement en** core^ c'était une habitation druidique; mais à l'époque que nous citons c^était un château^ fort , situé sur la Vesgres, qui remplissait les fossés de Tenceinte fortifiée (a). Au bas de la forteresse, un bourg assez important par son commerce et sa «situation topographique, sur les confins de l'Isle-de-France et de la IVormandie, relevait du château , qui , indépendamment de ses droits de haute et basse justice , avait un four à cuire , et un prieuré Sous !è
(a) V^ les notes à la an.
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VMflible du grand saint Martin, lequel, par un" privilège exceptionnel, conférait une juridioition archidiaconalê à celui qui en était titu^ laire.
GbarleB VII , pour récompenser les bons et loyaux services de Pierre de Brézé, lui avait donné, pour être Joints à son fief de Rouvres, les seigneuries et don^aines d*Ânet , de Nogent*le*Roi, de Bréval et de Montcbauvet, avec la ferme de ta Courùnne, qui en effet ne relevait que de la couronne par un privilège particulier ; o^te ferme touchait aux fossés du château de ftotivres et communiquait, par d«B souterrains, jusqu'à la double enceinte de fortification, en sorte quô le ehftteau pouvait encore être 'febilem^it approvisionné par la ferme en oas de siège, pai* suite dé sa po»sition.
Le comte de Maulévrier était donc par luimême, par ses services distingués, par sa for^ tune, par ses alli^tnees brf Hantes, un haut et puisssmt seigneur f dont le dévouement et les services n'étaient point ft dédaigner ; le nou» veau roi avait manqué d^^dresse dans e#tte
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" circoustauce , et il deyait s'estimer heureux s'il venait à trouver une occasion de revenir sur un acte de sévérité mal placée.
Aussitôt que le sénéchal fut arrêté , il en donna avis à la comtesse de Maulévrier, à qui il confia la direction de ses biens , avec tous les pouvoirs nécessaires à cet effet. Cette femme excellente et pleine de courage était alors à son château de Rouvres , de retour d'un pèlerinage , et ce fut dans la chapelle du prieuré qu'on lui apporta cette triste nouvelle. Son affliction fut plus grande que son étonnement , car elle n'attendait rien de bon du roi qui montait sur le trône , et si l'honneur le lui avait permis , elle eût promptement rappelé du service son fils auprès d elle ; mais alors elle eût eu l'apparence d'exercer une vengeance, et elle n*en fit rien.
Puisque nous voilà ramenés à la chapelle du prieuré) nous allons la faire connaître ; c'était un ctvef*d'œuvre pour l'époque; elle mérite une description détaillée , tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, aujourd'hui que l'on s'occupe volontiers d'archéologie chrétienne ; l'on
sait d'ailleurs qu'on ne trouvait guère de magnificence alors que dans la maison de Dieu, car on n'eût jamais pensé à cette époque de foi, à faire de sa personne une idole, et à s'habiller plus somptueusement que le maître de l'univers; il ne voile ses splendeurs, vénérables sous de simples espèces, qu'afin que nous puissions en approcher avec confiance et !e conserver au milieu de nous; mais il doit souvent trouver que nos mépris ou notre indifférence à cet égard prouvent un afTaiblissemeut de foi bien coupable de la part de nos ingratitudes multipliées.