‹ CHARLOTTE DE VALOISChapitre 8 sur 18 · CHAPITRE Wll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Wll

Gommeot l^évê^ae de Cluurtres Mmoiice IM faveurs 0pirltDelle» de notre Saint-Père le iiape. --Ses projets de visite épiseopale a Rouvres.-' Les préparatifs de réception.— Des e^tnerf.— De rôle de la Salnt-llartln qat se man^e avant le saint temps de VadvenL — Betraite préchée.

Quelques mois après ce douloureux évéucmeut, le comte de Maulévrier reçut de révêque de Chartres Tanuonce qu'il avait obtenu du souverain* pontife , Sixte IV, les faveurs spirituelles qu'il avait sollicitées pour Tanniver.saire séculaire de la dédicace de la chapelle de Rouvres. Il devait s'y rendre dès la veille de la Saint-Martin, qui se trouvait aussi cette

année concourir avec le vingt-cinquième anniversaire de son sacre. Il avait le projet 4'y officier pontificalement toute la journée de la fête; puis, pendant l'octave, il avait l'intention de faire sa visite pastorale dans les environs, en revenant tous les soirs coucher à Rouvres. L'évêque eo^^eait le prieur à s'entendre avec le comte de Maulévrier, afin qu'on publiât dans toute la contrée la bulle d'indulgence accordée par le souverain pontife, en faispt i:emarqwr surtout,, qwe Sa S^juteté t)uvfaî t les trésors de rÉgHôc api^ cOQditîûus ordinaires d'abord, maïs aussi dan§ T^spérançe que le zèle de la croisade se ranimerait encore en France, et en exprimant le vœu qu'on y établit la dévotion de V Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge, dévotion qui jusque-ïà n'avait pas été encouragée par Tautorité de FÉglise; enfin févôque annonçait qu'il donnéraît la bénédiction papale après Tofflce du matin.

Cette nouvelle réjouît tous les habitants du château, et, en leur donnant une nouvelle occupation obligée, acheva de ramener le calnie,

KT JACQUES DE Bnizt. 487

là où rafflîctîon avait eu un si grand empire. Le comte, dans cette circonstance, voulut déployer la plus grande solennité; et sa piété lui fut un stimulant pour que cet événement remarquable laissât des traces profondes do persévérance parmi les populations. Après avoir pris Tavîs du prieur, il fut décidé que Ton inviterait les frères prêcheurs et les pères capucins à venir donner une retraite pendant les huit jours qui précéderaient la fête; qu'on préparerait les casemates de la forteresse pour y loger et nourrir les pèlerins, et que pour foire honneur à Tévêque, à l'occasion du vingtcinquième anniversaire de son sacre, on inviterait tes chairiers à venir d'avance au château, afin qu'on pût aller au devant de monseigneur l'évêque et le porter sur sa chaire, pour faire son entrée à Rouvres jusqu'à la chapelle du prieuré de Saint-Martin. Les quatre chairiers sont des seigneurs vapsaux de l'église de Chartres : le premier en titre est le vidame de Chartres, alors du nom de Vendôme, et beau-frèra du comte de Maulévrier ; lès barons d'ÀlIuies , de Mont-Mîral en Per-

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che, et d'Aulhou-Brou. Quand Tévêque prend possession de son siège, les chairters vont processionnellemeut , avec un cérémonial prescrit, au devant de lui, et ils le portent sur un siège qu'on appelle chaire, jusqu'h Fenti'ée de son église cathédrale : là il est reçu par le chapitre; et c'est cette cérémonie que le comte de Maulévrier voulut renouveler au i

vingt-cinquième anniversaire de l'épiscoput de monseigneur Milles d'Illiers, honneur auquel les chairters se prêtèrent avec empressement.

Il fut donc convenu que le comte de Maulévrier, aurait soin des pèlerins, et que la comtesse s'occuperait des femmes. Jacques de Lavergne prescrivit dans tous les domaines du comte qu'on eut à envoyer, dès les premiers jours du mois de novembre, des oies grasses, des marrons, du cidre, de Thi-

pocras, de Thydromèle et du vin claîref , afin

• • • de distribuer en largesses une abondante nour- .

riture et de la boisson pour réjouir tous les

braves gens qui viendraient en pèlerinage dès

la veille et le jour même,

fcT JACQUES I)Ë DRÉZÉ. >I8Ô

Des harengs salés el des légumes secs furent aussi commandés pour les jours suivants, car beaucoup de gens observaient encore le jeûne de YAvent, qui commençait alors pour quelques personnes dès le lendemain de la S^int-Martin , comme dans les premiers siècles, pour mieux se préparer par la pénitence, pendant six semaines, à la grande fête de Noël. C'est pour cela qu'au repas de la Saint-Martin on faisait meilleure chère, et qu'on mangeait Voie yrassây qui a conservé le nom A'oie de la Saint'Marfin , avant d'entrer en carême. Cependant la grande majorité des chrétiens n'observait plus, suivant la règle générale d'alors, que quatre semaines : elles représentaient les quatre mille ans qui avaient précédé la naissance temporelle du Seigneur, adventus Domini {g).

Dans les premiers jours de novembre, les pèlerins commencèrent à affluer dans le bourg et les villages environnants ; et les premiers sermons de retraite eurent lieu dès le lende-

(g) Voir la note à la fin du volume.

im

CHARLOTTE Oï. VALOIS.

main du jour des Morts, précédés d'une mQsse du Saint-Esprit. Gomme la chapelle ne pouvait contenir la foule qui était accourue de tous les coins de la France, les pères capucins et les frères prêcheurs faisaient leurs discours ou sur les glacis et la place d'arme, lorsqu'il faisait beau, ou bien dans les casemates, les grandes salles et la chapelle, lorsqu'il pieuvait^

cflAmm niH

OÉ rMi vMt Ml «eue* tt hoMmliHft i^ee^tlMÉi iMtei aa1ièl«> fBear év«4«e de Gliarcrcs. — Gomnieiit 11 oncle pour la fêle flCcalâire de la Oédieace. — La bénédiction papale donnée Un liant de la cbapelle dn prlenré. ;- Heorenies impreftsMai' données ani populations, à la suite des pieuses prédleatlOBS. — Mélieiioiis p^HHilalref .

Dès le 9, la série des exercices de la retraite finissait dans la matinée, et les confessions s'ensuivirent. Le 10, après midi, les cloches du bourg, lancées à la volée, annoncèrent qu'on apercevait monseigneur Tévéque, qui arrivait sur une mule , avec son clergé et sa suite , précédé du porte-croix. Aussitôt le prieur-archidiacre, ses moines et tous ceux

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des clercs qui n'étaiciU point occupés aux confessionnaux , se rangèrent en procession et marchèrent au devant de Tévôque, ayant le comte de Maulévrior cl les quatre chairiers en tête. On le reçut à la porte de la ville : la, après les discours d'usa;^'c. Milles d'illiers, après quelques difficultés, consentit à se laisser porter sur sa chaire par les seigneuis chairiers, qui voulaient faire honneur, non-seulement au digne successeur des apôtres, mais encore à la personne elle-même. Toutes les cloches étaient en branle, et les populations, agenouillées dans les rues, recevaient dévotemeut la bénédiction du seigneur évéque.

On le mena d'abord à Téglise paroissiale de la ville : il y fit sa prière; puis on le conduisit au château. La comtesse de Maulévrier était descendue jusqu'à Tentrée de la première porte de la forteresse, pour recevoir la bénédiction du prélat, que l'on conduisit à la chapelle du prieuré. Le P. Donatien lui présenta l'eau bonite, l'encensa et le conduisit à son trône élevé dans un des côtés du sanctuaire.

Après avoir adoré le Saint-Sacrement, l'évêque

ET l/kOQDBS Dfi MtSIÊ. A^ti

lîit dans les appartements du château, où on Finvita à souper ; mais il reftisa, n'ayant pas Thabitude dans aucune de ses tournées de loger ailleurs que dans quelque couvent, et d'avoir d'autre ordinaire que celui de k communauté.

En effet, le comte avait été prévenu à cet égard, et même il savait qu'il ne couchait que sur la dure ; mais il avait espéré que dans la cireonstance, il se relâcherait de la rigueur de ses habitudes. Il n'en flt rien néanmoins, bénit les tables, passa ensuite dans les casemates où étaient dressées les tables des pèlerins»

qu'il bénit aussi, puis il se rendit au prieuré pour attendre dans une cellule la solennité du lendemain.

On demandera peut-être à quoi bon ces mortifications, ces jeûnes, ces pénitences? Et d'abord on pourrait répondre par ces paroles menaçantes de Jésus^iilhrist : c Si vous ne faites péuit^ace, vous périrez tous pareillement. > Voilà le principe; l'Église ensuite en a réglé l'application, <{uand et comme elle l'a jugé convenable, comme aussi elle en dispense

4^4 cAntiuyTTtù os valojs

Umt-k'Sàitf dUivulit le» eiroonstanoeft, ou seu^ lement la modifie et là change en aumône.

Qui ne sait ^acùte^ ou n'a déjà éprouré^ qtieks mprtftfieati^Qs» enafi&ibliasant le coppui doinnent 4e 1^ fdreeet de la vie à r&Qote? Enfin, que veut la religion? c'est que nous combattions dem vicô$ fioalb^ureUsement trop Qommunsy rinteattpérânee et rararioe. Admirables institutions, trc^ f)eu eonnued et appréeiéesj car bllt^ fent eifÂrér sur le» lèrri» dQ Pindig^nt le blasphème dôntpfe là Pron«* jdenee^ et ^ès ehangeat en béaédietiéœ te furj^t'à gue l'envie eût pu lui inspû^r 1

L^e lendemain , de bonne faearë i tniit )e joondè était atir pied* Om ouvrit les deux ba^ tants de la porte d'entrée de la chapelle^ 0t jine mu^tiluiJte de pwyiei puti lin jpnris efi de la place d'âurmes, voir offieiert revécue. Déjà, dè&Ginq heures dii QiitliB,Jbeauconp^deg6n& ayaiept approché éa bi i^i»Sftttablei mai» penr Ja Bresse de ffîons^gnfiut I'évéquei.ee.fut bÎM .plus cppiiid^a)^^ ^i^i le j^Heérfut obligé de porter le saint aiboûe-înafiie aoiia lé poi^-^ 4^)0, afin d'évHer le désordce/et d'y é^umt

^ ion' oôté 11 (joaunudiofi Biir le» deg^és qdî dtséenduèdi an pai-vis. Do resté, tout ceei avril été préVa.

Après la messe, toittès les felotibes ànnon-^ •iteal )a biaêdUttittû papale. Dans la rilie,on «tait monté sur les toits; tontes les coni>s et tonsfes f^àcië du «hàtean et de la forteresse étai«at omlvei'ts d'une multitude innombrable; FéTéqne monta sur la seciotide galerie aU* dMsns de la perte de la chapelle j là; ricëompagiié de son clergé, rëtétu de ses bablts pontiflcatix, coiffé de la mitre, tenant la crosâe en main, H lut les paièfés jjrescrités ; puiii, saluatft la eroit dofit 16 comte dé Maulévrie^

tenait la bampe, il bénit tcftrte éette populatl«in «hrélieittle, ^i, à gèrioùxi la iété bai^ iéo, reeetait eb àilebce la bébédiction envoyée put Utchtft de la chrétienté. Dans ce moment, lés fambdin^ battent aut champs, les trom^ ptfltes, les ékirotfs retèritis^nt, les elochéé SQfut lancées... <.

Mais ^ h pém réVéqftiO a-t^il proïioïiëé lé éêftàèr è/nent tfaé lotîtes leà poptïlatioii» se lèiten» en triant : Noéi, Hbél; eHes ét«iéirt

4M cHARLorre de mott

ivres de joie et de bonheur* Heureux le peu-» pie, qui sait honorer ses véritables fêtes aux pieds des autels , et que h foi aide à supporter sans murmures » les peines de cette triste vie , de cette vallée de larmes , de eet exil , qui heureusement doit avoir un terne. >

Pendant le repas qui suivit , tous les gens de la campagne furent assis à de longues ta-* blés abondamment servies, Monseigneur vint les bénir , le comte et la comtesse , vinrent ^'assurer que tout était convenable, et lorsque les grands personnages ^e retirèrent, tout le monde se leva, le hanap en main, pour boire à la sainte de leurs Seigueurs.

L'octave se passa également bien j et iors^ que tout fut fini et fut rentré dans Tordre ac-" coutume, on parla encore longtemps, de^ journées édifiantes, du bonheur sans nuages qu'on y avait éprouvé, des bonnes paroles de monseigneur Tévéque, des solides instruc* tiens des charitables prédiçateuri; ; aussi ^ de la générosité et des magniQcences de monseigneur le comte de Maulévriçr , et de ma-^ dame de Brézé. Oh ! dam , chacun avait bien

£T JAGQUBS DE BRÉZC. 497

sa petite histoire , son petit événement à raconter en rentrant au logis ou à la ohaumiëre; et ceux qui revenaient chez eux, étaient biefa vite entourés et q\iestionnés sur ce qu'ils avaient vu ou entendu :

—«Monseigneur Févêque est-il fait conune nous? est-il grand? est-il petit? est-il gros? Et conunettt est^ qu'eM donc fait son grand bonnet? Sa crosse ou son bâton f c'est-il tout d'or?

— c Vraiment , oui , disait Tautre , ça vous reluit à Tœil , que ça vous éborgne et vous écarquille.

— ce Et notre comte, c'est -il là un seigneur !

— c Et sa dame, ma fine , dit une boulangère, c'est qu'on n'en voitpoint debellescomme ça ; all^ voua a dés yeux , que c'est comme la gueule enflammée de notre four, avant d'y mettre la pâte.

-r- < Puis* aile vous est atournée et ficelée , q^ ça ne se voit que cheux notre seigneur lerdè.

198 caAEtom bb yalois^

— il Aussi ben, aQe ea tieiit wi péil dip It péte do coè , à 06 qu'on £t.

— € Maïs, dîtes donc, ma compaère, c*est-il point sa sœur?

— € Jp orô hen q^'o« fn\ d)î q«eW(|i|# chose

«-*^ c Dîtes donc , mère liixieiie , »VvMS m^ manqué , soa dvèle de beiiaet f ça to» res* semble à un bourellet de notre gars/ tmt 9mhm9nt qu'il e»t t$iut é'or ot d'u^stut *.

— < Mais c'est qu'il faut qu'aie soit forte sur les reins, pour porter c'te barrique là, sans branler la tète.

— < Et les rôts , (Jonc ; et le cidre j et Thynocras , et l'h^dromél ; ah ! le père Jean Galot| y n'en revenait pas d'aise , y croyait aqp c'était z'un conte ^e féé , auou^ ?

* En ejEFet, aif hénin pyramidal avait, ^océ<lé jfie espèce de hùureht plus aifretix'encor^, tfû est )>oissîMê; ee boufelet

on le plaçait sur une façon de calotte qui couvrait en parti^ les oreilles ; le tout était en étoffes précieuses. ' ' '

ET UCQUift M Baiaul» 48D

^^ f! Oh I ma fiûQ r j^ nous 011 souvieDérat»^

toujours bien.

•— € Av'vous entendu chanter , comme ils braillent bien ces biaux seigneurs? Oh ! ce n'est point comme nos machicots de net'village.

— cPuîs, ça joue sur des ficelles tirées, et ça fait un drôle d'effet dans les oreilles ; puis la trompette !

— cOh ! dites donc, compère Lucas, avVous remarqué quand Monseigneur il a été juché là-haut, sur la chapelle, que ça me faisait peur qui ne descendit tout d'un coup , ce chier homme; (car c'est pas coutumier du fait;) voilà t'y pas que les tambours, les cloches, les trompettes, les clairons, tout se meta battre et à crier avec les chiens, que ça vous pénétrait l'àme; on s'croyait au jugement dernier. »

Chacun parlait suivant son impression; mais il en restait une et elle était salutaire , car le peuple, surtout, a besoin dés solennités

extérieures 9 pour que son imagination soit frappée. ,

On eût lieu pendant longues années , de se féliciter dans la contrée , de la retraite qui avait précédé et suivi cette grande fête; et plût à Dieu que les effets n'eu eussent été oubliés par personne 1

dimni m

CoHiBieiit n est plut dlflelle aux rlctoet éè tofrnre les maxlmet «9 vtnmtflÊè, ^ €lMrMCt« «i f «etatt «• tamtM paMcm pour lOM proMeiMdc. — La KoBce , Ui VenCroAnieiic» oft im comtcflM de Maolénier répand ses Menfidts. -^ Pro|eC de eonscndre ui pavillon près de la forêt , ««'on vent appeler fêrel.

U est plus diffîoile aux riches et à oeux qui n'ont pas besoin de gagner leur pain à la«ueur de leur front, qu'an pauvre, de demeurer dans la Yoie et le sentier de la justke ; on se fait il« Itnion sur là disposition libre de scm temps, comme si on n'était plus obligé au traTaii imposé àt<)uthomme, qui répondra du temps* mal employé ; c'e^t déjà une immense étfide à)

faire, que de rechercher les obligations rigoureuses de son état , sur quoi on sera jugé sans miséricorde ; mais y on a plus de facilité pour disposer de son temps , plus d'entraînements, plus de mollesse, et partant plus d'éloignement pour |a sévérité des lois et des conseils évangéliques>

C'est malheureusement ce que nous allons voir, malgré tant d'efforts, tant d'épreuves, tant de secours et tant de ^âçes, car une ruiv- Ittfo pe^l^ f|At i^j^veoiiiai ^^

Aussi, un jour il arriva, qu'après âi^ir renouvelé ses recommandations , le comte de Haulévrier partit de son côté pour aller à la chasse, et il confia sa chère moitié à Yacoâbo, popr filtre iiie lengui! promèBade; fe« v<iilà doDO oftevttu^tfit eôtc) à* oètii>t gnvIssMt auf. Vuvàfù rive dç la Vf 4grft<| )a wontegné sttiMtisft où qe trouiiaMi aoeLfÉnne «icla routa 4» la fbplt daDraui ioù ttap citait ji ingivt ]iû»U Qultufi ,tqu^M n'y ^noyait gnèn i|iia ém Moces ; «ki» qi|ttç ifumt. ê'B^lm^rfefh le Mêttôe, àpièft y ANoir bu do kHi . oiç lede»*

Kf MflQVSft fil iftKlÉ* IM

6ta At à niirroâta, vera Àii(^, et Pim passa <sbM mi ^ûptiUiKiBiine. dMil^le fief i«lwait dq «fiîpieur 06 Rou'vrefl; il i6 trouvait dans sâo fatit iqanoir et Nçut âvM joi(9 la ooiAtesse ée }lbm\éyivm9 à qui: il. pi^ésent» aa foÉUoé et iipa partifi do ae* trenMtdeas eaftinta. 43q ]|]%9 iiav avak mm ViatrodUIene ; Gharifktie dara^ada d*«à panvalt venip aa omn? Qa lui a[^|Hrit qnd prèa da l'iialMtatîan , |1 axirtast HM aowae d' 9«i JM^âiala q# était t^^ pPO-> itabfe aua fiwiniaB aténlaa ; dlaa y amvaiaai aa foula a| 9rm traiiTsâaar bîaa , pw de teiiq^ après ea avoir fait usage. De-Ià^ aappoaaitHoa, lui vmait la aan| praa^oa «igAJfièatif qUa pèr^ tait aa liau«

' Apvèa awir aoaipliiÉenlélaaiyadalà Van^f traoUlatia,, daa haaiaax a£feta da aatta aatt aw In daato Ai namcdr } la oawtaaaa» apitèa an avalf aamâ < woo laoquaa da Ldraifaa y di»r iBiada 9»! tdaioigiiaQl> da l'iaMMlr, qiialqtM

détaiia^aacalta DQ«[il>mtt^*fe*Mttfii dla Hp* prit , que depuis le oaaîiiaa fai^fâi vivant'; aa avait obtenu da ' fea foH ana panâiûn via^ gèap da 10 livwa paar ahaoaa df s ^Biutt<v

904 CHARLOfTE DE VALOIS*

et une de >l 20 livres pour la mère ; que de plus , quelques garçons avaient déjà l'hiMineur de servir ; Talné des fils était marié , un autre était à Rhodes ) un autre moine; il y avait deux Mes de mariées ^ trois filles religieuses; que quant aux autres, INeu y pourvoirait ; déjà deux autres seraient hors de la maison , si Tune pouvait avoir une dot de $00 livres pcmr se marier ^ et l'autre 4 40 livres pour entrer en religion ; mais qu'on ne pouvait guère espérer pouvoir réunir ces s(»nmes importantes avant dix-huit mois ou deux ans, jusque-*là, il fallait attendre.

' Charlotte avait bon OQBur.; puis elle aimait Tostentation ; elle promit d^obtenir les 440 li« vres nécessaires pour les deux dots , que le craite de Maulévrier serait sans doute asses bon I pour accorder à la famille d'un de ses va$saux ^'il estimait véritablement* Un con^ cert de reccmnaissance se fit enteiidre, o^était à qui baiserait la main ^ la robô , les genoux d'une si généreuse dame.

Les bienfaits sont des titres , sur lesquels on semble pouvoir fonder de nouvelles espé^.

IST IACQ13ES DE iltItZÉ. 205

ranc6s , c'est une espèce de droit ; le sire de la Ventroûillerie profita des bonnes et géné« reuses dispositions de Charlotte, pour la prier de prendre deux de ses fils, Tun de six ans, 1 autre de sept, à son service, ou à celui du comte de Maulévrier, en qualité de pages.

Celte place entraînait tout naturellement Yé^ ducation des enfants dont les seigneurs se servaient ainsi ; devenus grands, ils étaient équipés et pourvus d'un emploi qui les faisait vivre honorablement. La dame de Brézé pro*mit d'en faire la demande à son mari pour Tun des deux ; mais elle prenait l'autre dès ce moment à son service personnel.

Les expressions de la plus vive reconnaissance éclatèrent de nouveau ; mais Charlotte ne semblait rechercher qu'une seule appro* bation. En effet, le commandant, devenu son chevalier, la regardait les larmes aux yeux ; il jouissait sincèrement du bien qu'il voyait faire, et se félicitait d'en être le témoin*

Apre» avoir laissé écouter le teoips conVe« nable, Charlotte fit les adieux le^ plus gra« cieux, renouvela ses promesses, . pirit le bx^

800 miÀliLoTtt; bfe nidii

delAVergnB'MVftehemtnfl ckictftié de la fb^

rit. ■••■••■•• .

Ainsi, pâf tttotifô et par vaux, les promélîèHts, après Une longue promenade dans les routes dmbfeusés de la fbrét, débouchèrent sur une éminence qui dôtâinait le pays, et d*où Ton apercevait le bôurs sînùéUx dé TEure arrossuit de fraîches pmirîes. dhariotte voulut s^asseoir là sur le gazon ; elle envoya les chetaui Tâttendre âii bas de la montagne, et ordouuà k Jact(ues de l^âsseoir également pour 6e reposer, tl dbélt; 6e plaçant toutefois à distâuee respectueuse.

Après un long silence :

— ^ c On est bien là, dit Charlotte, la vue y est magnifique. Quel dommage^ sire JacqueSi que notre château de Rouvres ae soit pt^ «i-* tué ici. >

Lavergne pe répondit que par m^iiosylf labes.

Aprèi» qoelqties inststitftj elle teptit f ' ^ « Bl'eît toUleî^totf 6 euCort , èît* Jàc(ftit!sf tous Fami é'ràiisnee de lûOh tnari.

^ t Non 9 ma très honorée datub, ptitequll est heureux.

«^ tlTitie tardait dépuié longtemps de trou^ ter Toceasion de vous parler do ma reconliaidsance pour Totre discrétion, vous n'aveï pOitit âflkiré à'une ingrate. >

Elle appuya sur ce dernier mot, en le pronoqtçant avec lenteuf et en tournant sur Jacques de Lavergne tin de ces regards qui portent le polsoin et le feu dans l'âme.

Le malheureux était ému; madame de Maulévrier lui tendit la main en signe de ré^ conciliation , et il ne put s'empêcher de la porter à aes lèvres.

Qu'aurait-il dû faire P brusquer le dialogue, se l'approcher ' de la suite, et fuir ensuite comme l'avait conseillé le P. Donatien ; mais la grâce rëpoussée d'abord, était déjà la plus faible, et Lavergne prolongea la conversation, sans qu'elle eût encore d'apparences coupables, et qu'il s'en rendit véritablement compte lui-même. Car, alors que la grâce s'éloigne, le jugement s'obscurcit^ et

206 CHAtlLOTTE Dfi TALOiS

l'on de flatte, parce qu'on ne vondrait pas tomber tout-à-fait.

Toujours est-il que ce téte-à-téte dura trop longtemps, car dans la disposition de sou cœur, un regard suffisait pour le rendre cou* pable; nul aveu n'est encore fait, et cepen«^ dant ils se sont trop compris.

En signe de raccommodement et avant de se remettre en route, il fut convenu que Charlotte demanderait l'agrément à son mari d'élever en ce lieu un pavillon de plaisance ^ui porterait le nom de Sorèl, eu souvenir de sa mère.

CHAnmm

poinÊa$9mî UiMmteMe 4e NaaMvrler rentre tard .— biqnMtiiiee dn eomce de Itealévrlcr! — Trouble» 4e Lavertne. — lae^nee

. 4e Iréié eoucBC «oz propeeiU— • %ùt loi fUt m ffemme. *^ Cmels eombatt dan» l'âme 4e Laverfse. — lB4iiténi4es 4e te c e M > i e e <e 4e lta«i«?rler * te vue 4n ceteM «pparcat 4e La-

La comtesse de Maulévrier rentra tard; son mari inquiet la faisait chercher déjà de tous côtés. Ce qui le rassurait, c'était de la savoir accompagnée de son ami, qui saurait la préserver de tous dangers. Qu'il était loin

de les tous prévoir Il fut tout joyeux de la

revoir pleine de santé et de gaité ; il n'en était pas de même de Lavergne , et les réflexions

240 CHARLOTTE DE YALOIS

qu'il avait faites au retour l'accablaient d^un profond chagrin ; il commençait à tout redouter; et surtout, il regrettait amèrement de n'avoir pas quitté le château , suivant le conseil expérimenté du P. Donatien Il était

temps encore; mais a-t-il fait ce qu'il fallait pour obtenir le courage nécessaire?...

Charlotte, elle, n'avait pas perdu un instant pour présenter ses projets à son mari avec la séduction qu'elle savait employer si à propps tjband elle voufeîT; réussir; telle demaBtfe it obttet b?^ èr»pfes»enïe!it tes déoî éots et tes tteolc piMOB 'es paf es pour 1m -«rfaiif^ëoMn vassal ; mais ce qu'elle sut présenter avec tout le charme d'une idée favorite , c'est la construction de son pavillon de plaisance, au- (f^fA. smf&fii'h et sop ê^ne rattMiwîwt pour ïb ntolawti de à doux s»uvejMr.

Pour. ajouter la grâce ^ la bonté, Jacques de Brézé pria sa femme de se charger de tout.

II Taùtorisa donc à s'entendre avec son trê-

sorier pour les dots et fa dépensé ^li pavillon; puis avec son ami Yacoûbo, ainsi qu'bn l'ap-^

petatt tonjbure ^t amîtîé, pdur ïes pages ^ ïes coîirtrtictîons (|\iî devaient s'élever à deul iteuêsdelà.

Le comte voulut qu'à eux deux l'entreprise fût dirigée sans qu'il y mît les pieds avant ffn'on ne pût l'habiter^ pour en avoir toute la surprise*

Reiîtré chez lui, Jacques de Lavergne eomliirenO^ k souffrir avec une violence extfémé , la ïéte lui parut bouillonner du feu ; 4e cœxxT *st oppressé , et ses battements sfe |)récîpitent avec une vélocité qui lui était inconnue jusqu'alors. Le piiemiet» pas qulï &ii dans le iséfntîer du trimte lé boulieverse ; il sent toute son imprudence; il n'en acctrsé paâ kfemiïiede dôïi ami, c'est sur lui seul qu'il fait lieïbmbei» tout le poids de ses remords. Il roulât de lùi-méme, et il is^ent enfin que la fuite devient Son remède tihiquë. Mais aura-l-il le courage de son devoir? Saura-l-il puiser & ^ source là force presque brutale dont il aufd besoin pour s arracher, lui, de son plein grê^ à des séductions qùll n'a pas recherchées ?

212 CHARLOTTE DE YALOIS

pour abandonner une seconde fois le frère qui lui résistera, qui emploiera toutes les considérations de Tamitié fraternelle, qui se plaindra, qui pourra Taccuser d'ingratitude, qui dira que dans la disgrâce Tabandon ne peut se pardonner... Que sais-je encore ?•••• Mais, dans cette énumération des motifs que l'on suppose dans Tespérance non définie de trouver une résistance invincible, n'y a-t-il pas déjà une arrière-pensée qu'on ne s'avoue pas, mais qui est bien la seule dominante? la seule vers laquelle toutes les autres convergent? la seule autour de laquelle toutes les autres * tournent en se resserrant comme les spirales d'un goufTre, pour les réunir à la seule qui demeure.

Hélas 1 oui, il faut bien l'avouer, c'est déjà de la faiblesse que de vouloir discuter et raisonner avec la passion coupable. Dieu demande alors qu'on agisse et non qu'on délibère ; car on est bien près de la chute , et elle est d'autant plus grande que la résistance a été prolongée.

Celui qui considère 003 terribles lutter avec

les yeux de la Foi, peut-il voir autre chose, sinon, que Tliomme est une intelligence déchue, luttant ici-bas contre des organes, vou« lant quelquefois le bien , faisant plus souvent le mal; et cette lutte pour ainsi dire continuelle entre les oi^anes et Tintelligence , entre la chair et Tesprit; c'est l'épreuve qu'on nomme la vie! Il faut cependant, jusqu'à la fin, soutenir ce combat dont la palme est aux cieux.

La comtesse de Maulévrier de son côté n'avait eu rien de plus pressé qu€| de rechercher et retrouver Lavei'gne, pour lui raconter la manière dont son mari avait accueilli toutes ses demandes, et la grâce qu'il y avait mise.

Rien ne devait être plus funeste que cette aimable et facile condescendance d'un mari trop aimant. Les projets de Charlotte, comme on l'a vu, furent dépassés; car tout naturellement, Lavergne dut l'entretenir plus souvent, raccompagner habituellement dans ses courses fréquentes, et devenir ainsi lui-même rinètrument de leur perte commune; et cela,

21 4 CBARIX)TTE HB ¥U0I9

$Mi nom d'Agnès Sorel qui, si Fon s'en sou* vient, avait été à ses yeux un épiouvantaiU àfwt il faisait peur à iaeques 4e Brésé avant son mariage.

Charlotte énumère longuement ses prQJel;s; elle charge Lavergne de luji pvocnrep des plans, de faire demander des areliitectea t d'aller wnoiQcer ees bonnes neuvdlM à k &inille de la Ventrouillerie ; non , elle ira avec lui; puis, ils reverront ensemble etaveo plus de soin les lieux qui lui sont devenus si chers. Enfin, elle parle avec ce désordre que donne quelquefois l'ivresse de la joie

Et cependant Lavergne l'écoute préoccupé; ses démonstrations toujours calmes et respectueuses ne correspondaient pas à l'activité fébrile de Chailolte qui d'abord m s'apergoit pas de cette dîiférenoe ; puis, elle 1q coneidèm et le voit pensif, absorbé ; elle crMDt d'avoif blessé les susceptibilités d'npe 4me dent elle connaît et apprécie les touches déiicateft« S'arrétera-t-elle T Mais cette résistance 9^ff»f rente ne fait qu'enflammer davaipîtfl^ SA pi«^ sion, et elle trouvera dans le génie i«T9aAlfd4

KT JACQUES DE BRÉZt.

Tattrait, un arsenal assez puissant, des armes assez cachées, mais assez sûres, pour vaincre ce qui peut rester encore de résistances scrupuleuses.

aunni m\

Olil'MlVAltla

nalm«le éam lafoelie LavcrgM «si eoaiib «t «e to cMttMM «• MtaMvrlcr .

«n F« INiMtltti «tBMar«i laûmetfelJiTcrfM.

Eh attendant, Tébranlement, imprimé au système nerveux, Tétat violent dans lequel se trouvait Tàme de Lavergne, par le combat à mort que s'y livraient sa passion coupable et rhonneur avec ses principes religieux, affectèrent sa santé ; il fut comme envahi par une fièvre ardente,' et fut obligé de s'aliter, c^ ses forces étaient entièrement épuisées , et Toppression qu'il ressentait lui faisait croire

248 CHÀRl^OTTE DE TALOIS

à une rupture prochaine dans les organes qui avoisinent le cœur.

Une fois malade, sa chambre était devenue le séjour habituel du comte de Maulévrier, qui, ^ vivement inquiet des progrès du mal, avait fait quérir à Dreux et à Chartres les physiciens les plus eipérimenfés et les plus célèbres dans la contrée. On consulta même des astrologues, et tout ce qui fut prescrit fut exécuté avec une exactitude que l'on ne pouvait ttaUv«b ett denitoi; c'était Oiavloite qfn g'4taJt chargée, presqu"! i^e wvie^ 4e« wmfi ifiultipliés qu'exigeait la gravité de la maladie aiguë dont Jacques de Lavergne avait été saisi subitement, dans la nuit qui suivit le retour de la promenade de la fbrèt.

Le ?• Itonatieh ne fut pas le dernier à verni* visiter son cbeWenfbint, et à fui offrir les se-

cours refî^ettx ; ît obtînt encore toute sa con|| lîance dans les moments où le délire ne dé-

tredsail pas la suite de ses raisonnements'^ fé Hkfù prîeur, avec on conp-cfteîf doigte, avait livresque tout deviné, i h manière dont h corntesse mtrIffpKait ses soins, et à celle dont ils

£r IÀGQVB8 Mft Btttat« lUt

étaient reçus. Il osa, un jour qu'on étiift phié rassuré, mettre le doigt sur la pàaie^ ^ intert rogea le walaUe, qui troiria ub grand smila* geineuty ei peut-élre sa guémsan, dana ealW €oi^fideue« difficile.

Les coiMetla ne pouvaient être ni «mltipliéaf ni tr^p éteodua, soit à eauaa (k la fiiiblûMe du paurre malade, foit à emaa des eonrts.nuh ineiit$ où ils pouvaient ètrci sadb ; luais ils se résLwaieAt toujaurs par b uée^sûté de la fuite, et la départ auasitAt que l'on paw^ rait se lever. Il opinait pour que oe. fut dans le midi de la Franoa^ d'abord, pour pré^ teiLter la besoin d'une ataposphève plus douce» puis parée qu'il voulait aussi profiter de la oir«» eeustaMe pour radrasae» au eawnqndew d'Aubusseu^ en Auvergne, eqpéra»! que de là il pewrvslt se oeodre à Aliqdos^ et j tp^ivé que|^ ques expédilîmis avec les chevidi^s de ^alBt* ieaa de Jérusalem. Lavergaa arah fini p9HP y donoet son agrément ; la prieur eotreteasif t souvent de oe pio)et le oomte .de Maulévffmri qui, à grand regret aussi y donnait la maiiij pour eomerver la via et la sasté'à sea cher

220 CHARLOTTe DE VAL0I8

Yacoâbo. La difficulté d'exécution et d'entière résolution était retardée, parce que les physiciens soutenaient que le malade avait la poitrine en très bon état, et n'ayait nul besoin de quitter son pays natal , ce qui même, soi vaut quelques-uns, pouvait lui devenir funeste.

La comtesse de Maulévrier entrai! parfaitement dans les considérations des médecins, qui favorisaient une inclination qu'elle ne combattait plus, et, avec cette finesse perfide qu'une femme adroite sait mettre dans ses projets , elle arrivait à persuader et à convaincre son mari. Faut-il ajouter que Lavei^ gne, qui savait ce qu'il aurait dû faire, qui eût voulu avoir assez de courage pour exécuter le projet du P. Donatien, avait peut«étre le cœur disposé à préférer toutes les difficultés que l'on pourrait opposer à son éloignement.

Lorsque sa piété et le prieur prenaient le dessus, alors il demandait sincèrement à Dieu de ,mourir, et de mourir promptement, afin de ne plus l'offenser; il redoutait sa faiblesse plus que la mort.

Il se releva cependant,^ et Charlotte fut

ET JACOOCS DB BlélÉ. 221

a98e£ adroite pour ne lui pas laisser la posais bilUé d*exéeuler une seule mesure de pru-^ dence ! . . • Que de maux entraîne la faiblesse^ et combien elle précipite d'âmes dans le goof* frCi sur le penchant duquel nous sommes toujours suspendus !

Lespromenades furent reprises; de courts moments de satisfaction» attirèrent de nou« veaux remords dans Tàme Uen née de Larergne, qui avait eu horreur du vice ; mais déjà cette horreur était moins profondément enraci* née. L'abus de la grâce Tavait éloignée de son cœur, qui commençait à s'ouvrir aux sophismei ; les pasuona humaines sont aveugles, au Bdoins elles aiment à se faire illusion ! Elles veulent surtout s'étourdir, quand les lueurs de la raison apparaissent ; alors, on ferme toutes les avenues à la lumière qui pourrait éclairer cette pauvre âme, puis on voudrait croire, peulp-étre finit-on par croire sincèrement, qu'on ne voit pas, et qu'on ne peut faire autrement L • .

C'est là ordinairement la marche que prend l'incrédulité, si tant est qu'il puisse y avoir

£82 CHAllUflTfi DB TALOIB.

mt rMBMe iBcràduIe. On ne veitC psk «roîM, paroe tiu'il fftadinit pmlîqMtf t» que Toil pnwidt^ efe YwA rtort étte ^obséq^ent* Moins tÈaXkenrenK pe«t^re eelm qui, plus ineèft^ 0éq[|]6Bt^fénk ée des faiblèiMto comme telles^ qui se les reproche comme de gt^ttM attefintek à.kioi divine^ aoetts ^ui ne fait j^a pMrâfde de son cyoidmod'itierédiiiHté^ car il peut âfrivef dans ce ideràiey oaa, ^e^ par itte juateptuài^ tbiidu eiel. Dieu refuie à cekii qui le n^ni^ ta poaaibilil^ de ralltamer plus tard k vkhehe qui fumait encore loraqu'll s'test déclaré àthée«

Toujours: eatnl, que le «aliwMr^t LâVttf^ gne^ trop faiUe pouc kittèr «rec éa pasaioflv i»r le Ihéàlrô de ate ppanml» eondHrts» ^'ii n'i vfcit pua eu le «ourage d'atmoÉMÉnr, wfê& fini par donner la aiortà aen Ame.

Mais, dira quelqu'un, TAiBe eat InimôrtritaT Oui^ «ertea, elle eat iraniortellé, «ris l'insuf* fiaauoe du lâo^ge humain h'emj^oie cette «i^ preasioB de mort que pour siginfier que TAflae a perdu son empire, sa digniléj aa beauté; aoil emi»re sur l'indiFiâu^ sa digbitë aux ^éux des #â beaitlé aun yeui de 0itUi

(lifflM ini

fânâmént ot pè^àt déflAlr tés «oofàbleft âénftét'ei. -^ il^êrtue iè U aNmime. — PelDes et tii«alétii4cs fondées 4u. yrleur. 7- ^oârmenU Ihfem'aax que 8oaftk*e tji«erfiie^ dans kaa àme ek (i«M MM ewAr. — AlHètiiMui«9UMheBicli» «■ cmiu 4^ léTrter. — Prièrcft Inelllaicês du conptfble.

Nous nous gard^oQfii bien de raconter le»

faiblesses adultères de Charlotte et de Jacquei de Lavergne, ce seiait répéter i^e que Vom a lu partout j avec des détaib trop souvent aéduisantsv et d'autant plus funeslesi qu'ils ne sont pas toujours présentés sous le jour odîeuK qui leur convient, ni avec le blâme sévère qui de?rait les accoippagnier ; la rigueur des Pères de rËglise contre ce crime énorm^^

étonnerait aujourd'hui la molle délicatesse de notre foi affaiblie. Qu'il nous suffise de résumer de si criminelles relations, par ces paroles accusatrices et accablantes : Duplicité ! trahison ! crime !

L'on n'a pas sans doute oublié la situation de la ferme de la Couronne, qui communiquait avec le château par des souterrains; c^est là, dans une pièce secrète dont le comte de Maulévrier et Jacques deLavergne avaient seuls la clé, que se donnaient les criminels rendez-vous. Là, on se croyait à l'abri de toute surprise; là, on offensait les lois divines et hunîaines.

Le prieur s'aperçut bientôt que les visites

du commandant devenaient plus rares, qu'alors même elles étaient embarrassées ou pénibles ; puis les visites cessèrent, et il ne douta plus de ce qu'il craignait avec angoisses. Attriste d'abord, puis affligé profondément, le P. Donatien ne pouvait plus que prier Dieu, car sa longue expérience des hommes et des choses l'éclairait assez, pour craindre les conséquences de ce qu'il redoutait depuis quéli^ue

temps, et pour savoir eombien il est difficile de donner des conseils efficaces à qui ne les demande plus.

Ce qui l'inquiétait d'avance encore, c'était lorsqu'il supposait que le comte de Maulévrier arrivant à être instruit, viendrait lui confier ses douleurs. . . lui demander des conseils... peut-être avouer un crime dans lequel sa fureur l'aurait plongé sans aucune préméditation!... C'étaient d'affreuses prévisions, mais qui ne manquaient pas d'être fondées pour qui connaissait la violence des premiers mouvements de Jacques de Brézé.

Ce que Lavergne redoutait cependant au milieu de ses désordres, c'étaient les absences du comte de Maulévrier ; soit pour les chasses, soit pour les affaires de son gouvernement; car il tombait dans la libre et entière dépendance de Charlotte, qui n'avait même plus alors de ménagements à garder : elle ordonnait, et il fallait obéir, parce qu'on avait obéi une première fois

Lavergne préférait encore la présence du comte, quelque pénible qu'elle fût habituel-

226 CSLihtOTÊE ]>E VAi<»S

Jemâiit ffom lui ; sui^tout lorsque eeliii^^i , avec sa coastante et^aocienoe affectioD^ kit parlait, Tinterrogeait en frère apr cette dis» jposition habituellement ti-iste qu'il apercevait chez lui, sans pouvoir s'^n rendre com^^te. Quelquefois il voyait ou entendait tout-àf<coup Laver^ne «anylotter, étouffer-... Aloi*s le^ interrogations ne tarissaient plus, et il eu était arrivé à croire que son ami avait une maladie fort singwliàre, dont on n'avait poiat encore entendu parler.

Son intérêt afftx;tueux le poussait à en causera; vec sa femme, qui trouvait mlUebiai^ pow expliquer cette disposition morale, .par la poésie de son Jmagiuatioo exaltée et langoureuse.

ï)*autres fois , le cpmte demandait à Lavçrgnè s'il ne voudrait point se marier^ et celui-ci refu^a^it; s'il ne voudrait pas faire un voyage oiiti-^-mer; et celui-ci, saqs rien décider., remettait va en causer plijs tivrd Ces idées étaient suscitées par le *^bap prieur, à qui le comte en avait parlé, et qui, avec cette prudence que donna Tesprit 4^

IT lACQUCS DB BBÉZÉ. 219^

Di^, avait chetcfaé k persuader que ce hm gai'çoû était probablen)6ut trop atiaché à sa patrie, mais qu il pouvait avoir vocation ail* leui*s, et que n'y répondant pas avec assee de pi'pmpticude» il éprouvait les peines très aa«. iurelles qui suivent la résistante à la fràoe. Le codate cependant ne pouvait pas forcer Lavef'gne; il luf reprochait quelquefois, avec amitié 9 d'avoir depuis quelque temps une place bien secondaire dans le cœur de soucher frère, puisqu'il ne le jugeait plus digne comme autrefois de ces confidences/ de jces épaiidiements qui unissent les bons amis.

AI(A'S, Lavet'gne n'y tenait plus, les sanglots se faisaieut jour, il se levait et s'arrachait des bras de son ancien ami, pour aller se jeter sur les dallés de la chapelle. Là, comme le pii« blicain, il se tenait piK>sternéV humilié; il n'osait plus prier; il savait que ses f>itènes, dans Fétat de son âme pécheresse, ne poa^ vaienra^ir d'accès auprès de Dieu, et qu'elles étaient iuutiles pour tout auti*e chose .que pour demander sa conversion; c'était aussi là que se bornaient ses prières; il deman-

dait, mais faiblement, le courage de sa con« version , et du moins la grâce d'une bonne mort.

Ayant même, à cet égard, perdu toute confiance en lui, il faisait prier dans tous les couvents pour sa conversion, et surtout pour qne Dieu lui fit la grâce de mourir dans la pénitence et la contrition.

Il faisait vraiment pitié ; il était digne de compassion, celui qui, avec de si touchants désirs, ne savait pas avoir le courage de sa volonté; il s^accusait avec raison d'être d'autant plus coupable, qu'il connaissait la pro* fondeur de sa perfidie; car il n'était pas comme ceux qui sont d'une impardonnable ignorance sur tout ce qui doit intéresser leur iTEBNiTÉ!... Oh! inconséquence de l'espèce humaine, qui en général se joue de la vie comme d'un passe*temps, et qui arrive au der« nier jour, tout étonnée d'une part , que ce soit fini, et de l'autre toute troublée de l'incertitude de son avenir.

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