‹ Charolles: Son alimentation en eau potableChapitre 7 sur 27 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Constitution géologique du sol charolais.

Avant d’entreprendre l’étude des sources et des puits que nous venons de désigner, jetons un coup d’œil rapide sur la constitution géologique du sol charolais.

Le CHAROLAIS appartient au versant occidental d’un bombement consécutif aux plissements alpins, dont l'axe se trouve approximativement pour notre pays, dans la direction du massif de MONTMELART jusqu’au MoxT ST-VINCENT.

Quand on consulte la carte géologique de CHaA- ROLLES, on voit de suite qu’on peut diviser la région charolaise en deux parties : une région orientale, formée par la couverture secondaire du massif Oriental, qui s’enfonce vers l'Ouest sur les dépôts tertiaires.

Mais ces deux régions ne sont pas délimitées d’une façon marquée, tout au contraire elles s’interpénétrent de façon très compliquée, et l’aspect de la carte géologique de CHAROLLES, qui fait penser aux dessins d’un véritable puzzle, donne une vague idée

des nombreux plissements, soulèvements, et effondrements, dont fut témoin toute cette région à travers les âges.

Un caractère important, commun du reste à tous les terrains de cette nature, c’est le nombre et l’importance des failles, qui prennent en hydrologie un intérêt particulier. En effet, le point d’émergence d’une source, peut n'être qu’une résurgence, l’eau ayant cheminé, parfois longtemps, de son point d’émergence vrai à son point de résurgence, tout au long de la faille, et pouvant se polluer, au long de ce parcours souterrain, de tous les germes draînés par les eaux de surface.

En général donc, et si l’on met à part le massif oriental de roches granitoïdes d’origine plus ancienne, ie sol charolais est constitué dans son ensemble par des terrains secondaires (trias et lias) recouverts par endroits d’un peu d’alluvions tertiaires (pliocène).

C’est du reste aux terrains secondaires, que le CHa- ROLAIS doit sa richesse. En particulier, nous pouvons signaler les calcaires à gryphées abondamment répandus dans la région et qui supportent des herbages abondants et nutritifs, possédant la propriété d’engraisser rapidement le bétail, et les calcaires à entroques, qui supportent des herbages engraissant moins rapidement, mais convenant plus particulièrement à l’élevage.

En ce qui nous concerne, CHAROLLES est bâtie sur le flanc oriental d’un synclinal orienté du N.-E. au S.-0. La plus grande partie est bâtie sur les calcaires à entroques du bajocien, la partie occidentale se

trouvant sur les calcaires marneux qui les surmontent et qui sont eux-mêmes couronnés par le pliocène. Vers l’est sous les calcaires bajociens, abstraction faite des failles, sortent les niveaux plus anciens du lias et du trias.

Voyons comment sont situés les points d’eau que nous voulons étudier.

Le puits AUCLAIR, en pleine ville, semble creusé à la limite des calcaires marneux et des calcaires à entroques.

La source de MALESsART émerge sur le bajocien, ce qui nous peut paraître anormal et ferait supposer que le point d’émergence n’est là qu’un point de resurgence. Les niveaux d’eaux habituels se rencontrent en effet, de préférence, au contact du bajocien et du lias supérieur — au contact du pliocène et de l’aquitanien.

Pour la source MEAUPRÉ et les deux puits situés de part et d’autre, ïils sont également situés sur le bajocien et la même réflexion que ci-dessus s’impose.

Enfin, pour la source du TIR A L’OISEAU, elle émerge en terrain pliocène.

Pour la source de MEAUPRÉ et la source du Tir 4 L'OISEAU, il y a tout lieu de croire qu’elles ont une origine commune et que que le point d’émergence vrai, doit se trouver en amont des points de resur- ‘ gence, actuellement considérés comme sources, entre les calcaires jaunes en dessous, et le pliocène en dessus. Des sondages pourraient renseigner sur ce point et permettraient peut-être à la ville de CHa-

ot

ROLLES, d’avoir une alimentation d’eau plus abondante et plus saine, puisque captée au point d’émergence.

Toutefois, il convient d’attirer lattention sur ce point que de semblables travaux devraient être effectués avec prudence et sous la direction d’un géologue compétent. On court en effet le risque de diminuer l’émission de la source de MEAUPRÉ, qui alimente CHAROLLES, ou même de la tarir complètement et priver ainsi la ville d’eau, pendant toute la durée des travaux, durée très aléatoire, et ne pouvant en tout cas pas être fixée à l’avance. Un des avantages par contre d’une telle solution, serait d’avoir une eau limpide par tous les temps, alors qu’en l’état actuel, l’eau est louche après les pluies prolongées — et devient même bourbeuse après une précipitation importante (orages, pluies très prolongée).

Lasiss 0 Sos.

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Calcuire à eniroques du bajocien.

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Terrains gronitiques,

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Extrait de : Paymond Boris (La Fortune Agricole du Charolais), Gmprimerie Nouvelle),

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