VERDUN-SUR-LE-DOUBS ( SAONE-ET-LOIRE
l.a ville de Verdun, aujourd'hui chef-iieu de canton de l'arrondissement de Chalon-sur- Saône, est, comme l'indique son vieux nom celtique F/r/rf«»;«)(. Verchmum . fort ancienne. Située au confluent de la Saône et du Doubs, A l'extrême frontière des Eduens et des Séquanais. cette heureuse position, au double point de vue stratégique et commercial, lui valut de devenir de tiès bonne heure un centre important d'habitation. La voie romaine de Chalon à Besançon passait sur son territoire. Au moyen âge, Verdun, qui faisait partie du diocèse de r.halon, passa, durant les troubles qui suivirent l'enfantement du système féodal, sous la domination des évêques, qui plus tard en constituèrent un fief relevant d'eux an profit de seigneurs particuliers, descendant, dit-on, des anciens comtes de Chalon. Guy V, l'un d'eux, accorda en seplembre 1234 les franchises que nous allons analyser, d'aprèsle seul document existant et qui, mallieureusemen;, est incomplet. Eudes, dernier seigneur du nom de Verdun, vendit la moitié de sa terre au duc Philippe-le-IIardi, en d3(i5. I*hilippe-le-Bon, son pelit-lils, en disposa en faveur de Humbert de Luyrieux, descendant par les femmes de .Jean de Verdun, frère d'Eudes, en le mariant avec Marie, sa fille naturelle. Des Luyrieux, la terre passa par les Maréchal et les La Chambre aux Gadagne d'Hostun et aux marquis de Pons, ses derniers possesseurs.
Verdun députait aux Etats d'Auxonne. Il entrait, après leur suppression, à ceux de Bourgogne parmi les villes de la Petite-Roue et concourait à la nomination des alcades.
\ . Guy, seigneur de Vauvry et de Verdun, aff'ranchit ses hommes de Verdun de toutes tailles, exactions et impôts, sauf ses sergents, son prévôt et sa famille, et en se réservant la justice et tous ses revenus. Toute amende ne ])ourra être levée sans jugement.
2. Tout habitant de Verdun possédant des biens meubles et immeubles d'une valeur de 100 livres estevenantes, paiera tous les ans, la veille de la Nativité de la Vierge, un marc d'argent ; celui qui n'en possédera que pour une valeur de 50, paiera un demi-marc, et ainsi de suite. Tout défaut do paiement sera pa.ssible d'une amende de 7 sols.
3. En cas de dissentiment au sujet de cette prestation, le seigneur et les habitants éliront chacun deux prudhommes. Ce^ délégués, ras.semblés dans une des églises de la ville, n'en pourront sortir qu'après avoir prononcé sur le différend. Néanmoins il leur sera loisible de
s'adjoindre d'autres prudhommes, el les deux parties obligées de s'en rapportera leur jugement.
4. Le seigneur de Verdun conserve son droit d'indire : pour le mariage de sa fille; pour achat de terre; pour voyage en Terre-Sainte; pour sa nouvelle chevalerie ou celle de son fils; pour faire la gnerre et pour sa rançon.
5. Le seigneur se réserve un crédit de quarante jours pour tout ce qu'il pourra acheter à Verdun ; mais si, quinze jours après l'expiration du terme, il ne s'est point acquitté, on ne sera plus tenu à rien envers lui jusqu'à pleine satisfaction.
6. Les sergents du seigneur, son prévôt et ses serviteurs, ne seront astreints à aucune de ces charges, s'ils n'ont point un an et un jour d'habitantage h Verdun.
7. Les habitants s'engagent à servir, garder et défendre fidèlement leur seigneur, qui, de son côté, s'ils sont arrêtés pour ses dettes, doit les faire mettre en liberté.
8. Ils sont tenus de défendre sa terre et d'être pourvus d'armes en fer. Néanmoins le seigneur ne peut les obliger au guet et garde qu'en temps de guerre. La fortification du bourg, la construction des ponts, l'entretien des chaussées et les dépenses du guet et garde sont à leur charge.
9. Au premier cri d'alarme tous les hommes capables de porter les armes devront s'assembler, sous peine d'amende. Il n'y a d'exception que pour les enfants, les vieillards et les malades.
10. Ils doivent l'host et la chevauchée, et si le seigneur les emmène à un siège pour son service, ils demeureront avec lui à leurs frais, sauf au seigneur à licencier ou à tenir à ses dépens ceux qui seraient dans l'impossibilité de le faire.
H. S'il s'agissait du service d'un autre, au-delà d'un jour et d'une nuit les frais incomberont au seigneur on à celui au iirofil duquel l'expédition sera faite.
12. Nulle personne ne pourra être arrêtée à Verdun, sinon pour un forfait, ni rachetable parla composition.
13. Le seigneur doit le sauf-conduit à tout étranger voulant quitter Verdun , à moins qu'il ne soit poursuivi pourvoi, incendie, homicide ou crime capital.
14. Tout habitant pourra dispo.ser librement de son bien en payant 20 deniers pour livre de lods au seigneur.
15. Quiconque possédant un meix ou un jardin à Verdun n'y bâtira point une maison dans l'an et jour, le seigneur, après qu'il l'en aura averti, pourra disposer de son fonds pour y établir une maison, à moins que le tenancier soit orphelin ou éloigné de Verdun pour une cause raisonnable. Cet héritage pourra, dans le pi'emier cas, être transmis aux parents du possesseur, sauf le droit du .seigneur du meix.
16. Le seigneur aura également la libre disposition des biens de ceux qui abandonneront la ville, l'an et jour écoulés. Les parents seront également préférés pour la rétrocession de ces biens. De même qu'en cas de mort sans héritier direct, les biens seront dévolus aux parents les plus proches.
17. Quiconque possédera à juste titre et de bonne foi pendant un an et un jour ne pourra être inquiété, h moins qu'il ne soit impubère, orphelin ou en tutelle.
Le reste de la charte est inconnu.
Archives de la Côte-d'Or. Chambre des Comptes de Dijon. Affaires des communes. B 11480. Imprimé dans les Doniments inédits pour servir à l'histoire de Bourgogne, par M. Marcel Canat ; Chalon, 1863, 1 vol. in-8".
ARGILLY
Commune du canton de Nuits et de l'arrondissement de Beaune; ancien fisc royal devenu dans la suite le chef-lieu d'une des plus importantes châtellenies des ducs de Bourgogne. Elle dépendait du bailliage de Nuits, siège particulier du Dijonnais.