II. S
CCCXLVIII
Transaction entre l'abbaye de Saint-Etienne de Dijon et les habitants d'Ahuy, au sujet de la justice et du ban de vendanges.
1350 (14 mars et 11 avril).
Nous, frères Regnaus (1), humbles abbés dou monastère Saint Estienne de Dijon, et touz li convens de cest moisme lieu, au son de la cloiche, si comme il est de costume par an en nostre chapitre essemblez, d'une part ; et nous. Demoingeoz, filz au Ravier, Micheloz de Sauciz, Jaques Malhoilloz, Jehannette, femme feu Humbert Larconcey, André Larconcey, Jehannote, femme feu Aubertin Tevenot, Jehanz et Humbers, enfenz furent Jacot au Maislre, Villemoz li Maistres, Huguenius, fdz Mélinote de Marcennay, Péris, ses frères, Jehannoz TriffoneauLx, Estienes, filz Novale la Barbiere, Berthaul.x et Jehanz, enfenz Jehaunet Besançon, Villemoz li Picharz, Jehannoz Liefourez, Benois de Marcennay, Regnau.\ Chevraulx, Jacot Bone, Amioz Bone, Jehannoz dou Poiz, Huguenins Chevillez, Jehanz et Robers, enfenz au Gaudelat, Oudete, fille au Buchoux, Angeloz, fille à la Noux, Perreaulx, filz Aubert Rebillot, Michielx li Plouciaz, Monins li Roicheranz, Jehanz Vanney, Belot, femme feu Demoingeot Grillot, Jehannoz Grilloz, Estienes, filz Bonvallot, Jehans Moreaulx, Huguenoz, filz Rolain, Jaquoz, filz Jelianz Humbert, Perrenoz. filz Lambert de Potangey, Jaquoz et Jehan, enfenz furent Monot Moichot, Jehans Oudenier, OudozClindeaul, Monoz li Bonous, Aubers Moichot, Guioz li Courmiat, Jehanz, filz au Teteru, Humbeloz Moingeon, Jehanz, filz André Denisot, Perrenoz Pantin, Huguenins Chandeaul, Jacot Moichot, Perrins de Marcennay, Meline, femme au Lende, Perrenoz li Miallaz, Perreaulx li Bichat et Perrenoz Chontriot, homes des diz religioux et habitauz de la ville d'Ahuit, façons savoir à tous que, sur les discors, quereles et controverses qui estoient entre nous, les dites parties, sur ceu que, nous, les diz religioux, li Maire et les eschevis en la commune de Hyjon, d'un commun assentement et pour composicion (2) faitte entre nous, les diz religioux et les diz Mahour, escheviz et commune de Dyjon, havons mises et fait mettre bornes
(1) Renaud de Vaubusin, successeur de Poiosard de Courbeton, élu en octobre 1341, mort le i janvier 1352-53. {Hist. de l'abbaye, p. 156.) (i) La trausaclion est du 20 février 1345-46. (Archives de l'abbaye. Cartulaires.)
entre les finaigesde Dyjon et d'Ahuit, afin de divisier les finaiges des dites villes et de la banleuhe de Dyjon.
Item, et sur ce que nous, li dit religieux, havons fait drecier unes fourches ou finaige d'Ahuit, à cause de ceu que parmi la dite composition , la aulte justice demore et appartient à nous les diz religieux ou finaige d'Ahuit, dois les bonnes divers Haliuit.
Desquelx chouses, nous, li dit habitanz d'Ahuit, nous doliens et empoichiens et contredisiens les dites bornes esti-e mises es lieux où mises estient, et auxi empoichiens et contredisiens les dites fourches estre dreciés ou dit finaige d'Ahuit, en disant, de par nous, les diz habitanz, que de tout temps et de si lonc temps qu'il n'est mémoire dou contraire, la dite ville estoit de la banleuhe de la ville de Dyjon, et aviens estey et esîiens, nous, li dit habitanz de la ville d'Ahuit, des franchises, libertez et immunitez de la dite ville de Dyjon, et que, en touz cas de aulte justice, qui, ou temps passey, estient advenuz en la ville et ou finaige d'Ahuit, les persones entre les queles estient advenuz le cas, havient esté justiciez et jugiez pour le Mahour et les escheviz de la ville de Dyjon.
Disiens encour et mainteniens, nous li dit habitanz d'Ahuit, que li dit religioux ne poient dire lour bavoir droit de mettre, ne faire mettre les dites bornes, ne faire drecier les dites fourches es diz lieux pour composicion, qu'il haient hahue au Mahour, escheviz et commune de Dyjon, sur ce, pour ce que nous disiens que li Maires, escheviz et commune de Dyjon n'en pouhient faire composicion ni transport, se n'estoit de la volontey et consentement de nous, les diz habitanz d'Ahuit et nous d'elles; quar, si comme nous disiens et mainteniens ce nous appartenoit, tant par longue possession que nous haviens de user et joyr des franchises et libertez de la ville de Dyjon, et de estre justiciez, en cas de aulte justice, pour li Mahour et les escheviz de ladite ville de Dyjon, comme pour hun arrest donney à nous, en Pallemant, à Paris, contre les diz religioux, pour lequel arrest nous, li habitanz d'Ahuit, sûmes quittés dou premier larrecin pour soixante et cinc soulx, ensint comme en sont quittes li habitanz de la ville de Dyjon.
Nous, li diz religioux, disans au contraire, et que s'il estoit ensint que li dit habitanz d'Ahuit fussient des franchises et libertez de la ville de Dyjon, et que la dite ville fus! de la banleuhe de la dite ville de Dyjon, si puhient et bien hont pehu faire composicion es diz religioux, li dit Maire, escheviz et commune de Dyjon, de la dite justice, comme de lour droit, nonobstant li dit arrest, li quelx arrez ne comprant en aucune manière les diz Mahour, escheviz et commune de
Dyjou, et ne fut pas donnez contre aux, mas contre nous, les diz religioux, qui adoncques en faciens partie.
Sur ce plusours altercacions hahues entre nous, les dites parties. A la parlin. moenant prodons (1) hommes et saiges, accordez est et traitiez entre nous, les dites parties, en la manière qui s'ensuit :
C'est à savoir que les dites bornes demorront perpétuelmant es lieux où elles hont estey mises et auxi les dites fourches ou fiuaige d'Ahuit, et useront et hauront, li dit religioux, tout le profit de toute la justice en la ville et ou finaige d'Ahuit, sur les habitan/. d'Ahuit et touz autres, selon la lenour de la composicion faite entre nous, les diz religioux, d'une part, et le Mahour, escheviz et commune de la ville de Dyjou d'autre. A la quele composicion nous, li dit habilanz d'Ahuit, nous consentons expressément, en tant comme il nous toiche et puet toichier. Saul tant que nous serons justiciez et exécutez pour les diz religioux, ou cas de aulte justice, quant au premier larrecin, ensuite et pour la manière que li Maires, escheviz et commune de Dyjon justicient ceux de la dite ville de Dyjon.
Cest acort et composicion nous, les dites parties, bavons fait et façons, se il plait à noslretrèz chier et redoutey soignour. Monseigneur le duc de Bourgoigne, en commil li toiche et appartient, se en aucune chose li toiche ou appartient.
Item, pour ce que eu la composicion faite entre nous, les diz religioux, et le Mahour, escheviz et commune de Dyjon, est contenuz que li dit Maires et escheviz mettront le ban de venoinges sur les habitanz de Dyjon, baient vignes ou finaige d'Ahuit, et que nous, li dit religioux, mettrons le ban sus noz hommes et touz autres hahens vignes ou finaige d'Ahuit, exceptey ceux de Dyjon. Acourdez est entre nous, les dites parties, que nous, li dit habitant d'Ahuit, volons et expressément nous consentons que li dit religioux mettent li dit ban sus nous pour tel manière que li dit religioux ou le députez de par aux à ce appelleront; doux, trois ou quatre des habitauz d'Ahuit, et panront le seremant d'aux que il consoilleront léaulmant quant il seray temps de venoingier. Et, par le consoil des diz prodommes à ce appelez, mettront li dit religioux, ou lour députez à ce, li dit ban. Et tuit cilz de nous, les diz habitanz, et chascun de nous qui briseront li dit ban, toutes fois et quantes fois comme nous le briserons, chascun qui le briseray, par chascune fois, paiera es diz religioux douze deniers por amande et en lieu d'amande.
(1) Prud'hommes.
Item, est traitiez et acourdez entre nous, les dites parties, que, non obstant cest acort, touz droiz et franchises que nous, les diz habitanz de la ville d'Ahuit, bavons, pouhons et devons havoii' pour autres composicions jadis faites entre nous et les diz abbey et covenz, et pour hum arrest jaidis dounay en France, et par autre manière quel que elle soit. Et auxi que touz acors, composicions et traitiez jaidis faiz et donnez au profit de nous, les diz religioux, et toutes grâces, privilèges et libériez donées et octroyés à nous, tant de roy comme de duc, ou d'autre prélatz ou prince quel qu'il soit, sont et demeurent eu leur vertu, senz riens enfreindre, senz aucune novacion faire d'yceux ou d'ycelles, parmy cest présent acort.
Lequel cest présent acort et ceste présente composicion et toutes les choses dessus dites et chascune pour soy, nous, les dites parties, et chascune de nous sont tenues et promettons : C'est à savoir, nous, li dit religioux, en bonne foy, pour nous et pour noz successours, et nous, li diz habitanz, pour nous et noz hoirs et successours, par nos sairemanz donnez corporelment sur sains ewangiles de Dieu et souz l'obligacion de noz biens présens et à venir, tenir, garder et accomplir fermement et non venir encontre pour nous ou pour autre taisiblement ou en appert, ne soffrir que autres y veigne. Et renonçons en cest fait, de certaine science, sur la force et la vertu de noz foy et sairemanz, et de l'obligacion dessus dite, à toutes exceptions de maul, debarat, de paour, de fraude, de lésion, de circonvencion, de déception en aucune manière, à [la dite composicion ou au dit acort, non mie estre faiz leaulmant, ne pour la manière que cy dessus sont escripz et spécifiez, à toutes costumes, usaiges, privilèges et statuz, à touz droiz et loys pour les quelx ou les queles les choses dessus dites pourrient en tout ou en partie estre rapellées ou amoindries, et à toutes autres exceptions, raisons et allégacions qui, tant de fait comme de droit, contre la tenour de ces lettres pourrient estre dites ou obiciés, et espéciaulmant au droit, disant générant renonciacion non valoir se la espéciaul ne précède. Et à tenir, garder et acomplir les chouses dessus dites et chascune pour soy, nous, les dites parties, volons estre contiainctes auxi comme de chouse adjugée, par la court de Monsoigneur lu duc de Bourgoigne, à la juridition de la que.'e court, nous, li dit abbés et covenz, submettons nous, noz biens et nos successours; et nous, li dit habitanz, nous, noz biens et nos hoirs ou successours. En tesmoing desquelx choses, nous avons requis et obtenu le seaul de la dite court estre mis en ces présentes lettres et es semblaubles. C'est fait don conteant de nous, les diz habitanz, le quatorzairae jour du mois de mars, l'an de grâce mil trois cens quarante et nuef,
en présence de Monss. Jehan d'Accey, prestre, coadjulour de Huguenin Poissenot, notaire de Djjon, pour Monsoigneur le Duc, de Vienin de Saulx, vigneron, et de Roubert de Flacelières, clerc, demeurant à Dyjon, tesmoins à ceu appelez et requis, l'an et le jour dessus diz. Dnu conteant de nous, les diz abbey et convent, fait est le onzaime jour dou mois d'avril, l'an de grâce mil trois cens et cinquante, en présence du dit coadjutour, du notaire dessus dit, et Jehan de Ville souz Gevrey, clerc, et de Huguenin li Battaitat. dou dit lieu, demourant à Dyjon, tesmoinz à ce appelez et requis li dit onzaime jour d'avril, en l'an courant mil trois cens et cinquante, dessus dit.
Original : Archives de la Côte-d'Or. Série G. Archives de l'abbaye de Saint-Etienne de Dijon. Seigneurie d'Ahuy.