‹ Chartes de communes et d'affranchissements en Bourgogne (volume 3)Chapitre 5 sur 106 · SAULIEU · texte numérisé non relu

SAULIEU

Cette ville, l'une des plus anciennes de la Bourgogne, puisqu'elle fut évangélisée au 11^ siècle par saint Andoche, compagnon de saint Bénigne, qui y souffrit le martyre, figure encore parmi les localités gallo-romaines inscrites dans l'Itinéraire d'Antonin et sur la Table de Peutinger.

Après la chute de l'empire romain, Saulieu demeura sous la dépendance des évêques d'Autun, qui y exercèrent des droits analogues à ceux des évêques de Langres sur la ville de Dijon. Une abbaye s'étant élevée sur le tombeau de saint Andoche, ils en conservèrent la direction suprême. Puis, au commencement du XII" siècle, c'est-à-dire en pleine féodalité, quand le monastère fut converti en collégiale, ils réunirent à leur siège la manse abbatiale, et avec elle le dommium, la justice, les biens attachés à la dignité, et prirent le titre de comtes de Saulieu. Cependant, bien que cette annexion eût été consentie par les rois de France, les ducs de Bourgogne ne reconnurent jamais les évêques comme maîtres absolus de Saulieu, et, après de longs débats, ceux-ci furent contraints de leur abandonner la garde de la ville.

Cet antagonisme prolongé fut favorable aux Sedélociens, qui, échappés par la protection des évêques à la domination barbare, avaient sauvé du naufrage les restes des anciennes franchises municipales. La mainmorte, qui régnait autour d'eux, ne franchit jamais les limites du territoire, et les prétentions hautement avouées du duc de Bourgogne pour la garde, empêchèrent les évêques, non seulement d'aggraver une condition déjà bien précaire, mais, quand le mouvement communal se fut bien dessiné, les détermina à améliorer cette condition, dans tout ce qui était compatible, selon la coutume de l'Eglise, avec l'intégrité de leurs droits et leurs intérêts. ■'

L*échevinage de Saulieu, qui doit être contemporain de la charte de 1225, fut remplacé en 1697 par une mairie. Cette ville députait aux Etats de Bourgogne; elle était le chef-lieu d'un des sièges du bailliage d'Auxois et d'une justice consulaire.

CCLXYI

Charte de franchises octro3'ée par Gui, évêque d'Autun, aux habitants de Saulieu.

1225 (mars).

Ego Guido (1) Dei gratia Eduensis episcopus, universis presentem carlulara inspecturis, notum facimus qiiod salva justicia nostra, censibus, costumis et omnibus aliis roddilibus nobis retentis, villam nostram Sedelocum \idelicet ab omni exactione et lallia quitlavimus imperpetuiim, sub tali condicione, quod singulis aunis die dominice qua cantatur Letare Jherusalem , una queque familia que solvendo fuerit, reddet nobis vel certo mandate nosfro apud Sedelocum quindecim solidos monete cuirentis. Ille vero familie que dictos quindecim solides solvere non polcrunt ad respectum et bonam consideracionem nostram \el mandati nostri tauxabunlur. Si vero contigerit homiues noslros vel eorum res capi pro débite nostro, tenemur penitus facere liberari (2). Et hec omnia supra dicta bona fide tenere promiitimus et observare. Ut hec autem ralum et incencussum habeatur in posterum présentes litteras in testimonium et munimen sigillé nostro fecimus roborari. Actum anne gracie millésime ducentesimo vicesimo quinto, mense marcio.

Original : Archives de la ville de Saulieu, Privilèges et franchises de la Commune.

Ratiûcation, par le Chapitre de la cathédrale d'Autun, de la charte de franchise accordée aux habitants de Saulieu.

1225 (mars).

Ego Ansellus decanus (.5) cum universo capitule Eduensis ecclesie, notum facimus universis presentem cartulam inspecturis, quod venerabilis iu Christo

(1) Voir t. I, note page 42.

(2) Imité du § 43 de la charte de Dijon. (Voir t. I, p. 13.)

(3) Anseliu de Pommard.

pater Guido Dei gratia Eduensis episcopus de commun! assensu nostro (1) in villa sua de Sedcloco franchisiam stabilivit, super qua dicte ville litteras suas patentes tradidit et concessit. Quarum ténor talis est :

Ego Guido Dei gratia, elc

Nos siquidem dictara franchisiam ratam habemus et gratam et eam concedimus et laudamus et ad majorera liujus rei noticiam et testimonium presenti cartule sigilli nostri apposuimus iîrmamentum. Actum est hoc apud Eduam anno dorainice Incarnationis m° cc° xx" v°, mense marcio.

Original : Archives de la ville de Saulieu, Privilèges et franchises de la coinmune.

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