NUITS-SOUS-RAVIÈRES (YONNE
Nuits-sous-Ravières était, au XI1« siècle, un fief de la puissante maison de Montréal, dont les possessions confisquées sur Anséric, constituèrent sous le règne de Hugues IV, la chàtellenie ducale de ce nom. De là l'origine de la maison de chasse que les Ducs avaient à Nuits, et qui plus tard fut convertie en fief, lin 1420, André de Montréal, sire de Marmeaux, céda cette terre à Miles, sire de Noyers, de qui Jean de Marmeaux reprit en 1296. Au commencement du règne de Philippe-le-l!on, on trouve Nuits-sous-Ravières divisé en trois seigneuries, communes pour la justice, avec faculté aux habitants de s'avouer ou de quitter librement l'une ou l'autre de ces seigneuries. Mais l'un de ces seigneurs, Jean de Granges, ayant été exécuté pour
ses démérites, son fief fut confisqué, réuni à la cliàtellenie de Montréal et administré par le châtelain, qui imposa aussitôt aux habitants des charges nouvelles. Ceux-ci, dans une supplique adressée au Duc, lui remontrèrent leur misère causée par la guerre, aggravée encore par les dettes qu'ils avaient contractéespour racheter le feu que ses ennemis voulaient «bouter» dans la ville, les ravages commis par les gens d'armes, et terminèrent en lui demandant une amélioration dans leur condition civile, seul moyen d'empêcher l'abandon total du lieu, ("les considérations touchèrent le duc IMiilippe. Par ses lettres données à Dijon au mois de mars 1431-2, il déclara recevoir ses habitants de Nuits en son aveu et comme ses francs bourgeois, à l'instar de ceux de Mareuil ; il les prit sous sa sauvegarde, le tout moyennant la redevance annuelle de deux sols par feu, et mit le comble à ce bienfait en les affranchissant de la mainmorte et de toutes tailles et servitudes.
A partir de 1491, Nuits-sous-Ravières, qui continua toujours à former des seigneuries distinctes, fut possédé par les familles Rousselet, de Courseval, de Verax Matlielin, Le Garennier, de Chenu, Morin, du Broc, Bargède, Lefèvre et par celle de Clugny, qui, en 1700, réunit toute la terre.
Archives de la Côte-d'Or. Chambre des Comptes de Dijon. Afi'aires des communes. B H477.
SARRY ET SOULANGY (YONlNE)
Sarry, paroisse du bailliage d'A vallon, et Soulangy, son hameau, dépendaient, avant la Révolution, de la châtellenie royale de Châtel-Gérard, ancien domaine de la maison de Montréal. Aussi, après les seigneurs de ce nom, les habitants du lieu n'eurent d'autres seigneurs que les Ducs, et les Rois après la réunion du duché à la couronne.
En 143i, au plus fortde la guerre des Anglais, les habitants de ces deux localités, sachant le Duc à Dijon, lui firent exposer, chacun de leur côté, qu'étant ses hommes taillablesà volonté et mainmortables, leurs voisins les « deffuyaient n et refusaient de contracter alliance avec eux, tellement que plusieurs passaient leur jeunesse sans pouvoir se marier ; que durant les guerres presque tous avaient été pris par les ennemis, pillés, rançonnés « jusques aux dents traire; » que, parle moyen du servage, n'étant pas maîtres de leurs héritages, ils ne pouvaient pas contracter d'emprunts, qu'ils étaient écrasés de tailles, et qu'enfin si remède n'était point apporté, les deux villages risquaient d'être abandonnés. Le Duc, accédant à ces supplications, abolit la mainmorte par deux lettres données à Dijon au mois de mars 1431 3-2 , les en déclara affranchis sous la condition de ne pas quitter le lieu, et «amplianl » sa grâce, il déclara la taille abonnée dans les deux villages; en telle manière que le plus haut imposé ne devait payer que 20 sols, et les autres en descendant selon leur faculté jusqu'à S sols. Le Duc maintint toutes les autres redevances.
Archives de la Côte-d'Or. Chambre des Comptes de Dijon. Affaires des communes. B H479.
MONTOT ET PERRIGNY