‹ Chartes de communes et d'affranchissements en Bourgogne (volume 3)Chapitre 96 sur 106 · COMMUNE DE PROVENCY (YONNE · texte numérisé non relu

COMMUNE DE PROVENCY (YONNE

Prey ou la Tour du Prey dépendait, avant la Révolution, de la communauté de Marcilly, au bailliage d'Avallon en Bourgogne, et de la paroisse de Provency en Champagne. Marcilly et Prey formaient, en outre, deux seigneuries distinctes qui relevaient jadis de la baronnie de Noyers. En 1449-50, par lettre du 15 février, Jean d'Avout, chevalier, seigneur d'Avout, de Marcilly et de Prey, et son neveu, Jean d'Avout, tils d'Ythier, son fière, considérant la bonne affection de J. Gaigneau et de Marie, sa femme , « leurs hommes, serfs tailliables haut et bas de poursuite et de mainmorte, qui, nonobstant les guerres et mortalités, étaient restés sous eux en leur terre de Prey, sans la délaisser ni feurfuir, et leurs avaient rendu plusieurs services, courtoisies et curvalilés, » les affranchirent, eux et leur postérité, de toutes corvées, tailles et servitudes quelconques, avec faculté de pouvoir disposer de leurs biens et succéder au même titre que les bourgeois d'Avallon , le tout moyennant une prestation annuelle de quinze sols, une somme principale de trente livres, et encore sous la réserve des droits de justice, des censés et redevances accoutumées. Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, confirma, par charte donnée à Autun le 24 mars d4oi, ces lettres qui, personnelles à la famille Gaigneau, s'étendirent, avec sa postérité, à toute la population du hameau , puisqu'on 1582 les commissaires pour la recherche des aHVanchissements et francs-fiefs en Bourgogne, auxquels les habitants de Prey les présentèrent, n'y firent aucune objection, et les taxèrent absolument comme si l'affranchissement primordial eût été collectif.

Archives de la Côte-d'Or. Chambre des Comptes de Dijon. Affaires des communes. B 11476.

IROUER (YONNE)

Irouer, fief et paroisse relevant delà châtellenie de Noyers, appartenait, en 1271, à Marie de Champolain, veuve de Pierre Bridene; leur fils Guillaume en hérita, puis la terre passa des Chevillart aux sires d'Irouer, qui la possédèrent jusque dans les premières années du XV» siècle. Après le traité de paixd'Arras, Catherine deSerin et Robert de Mandelot, qui en étaient seigneurs, considérant « qu'à la suite des guerres, quasi tous les habitants avaient été prisonniers, ars, brûlés, et leurs maisons destruictes, tellement qu'il leur avait convenu délaisser le lieu, et qu'ils refusaient d'y revenir, à cause de la servitude de mainmorte, consentirent à leur afi'ranchissement complet et abonnèrent la taille, c'est assavoir chacun feu des ])lus riches à cinquante sols tournois, et les autres au-dessous, selon leur faculté. » Philippe-le-Bon, par lettres données à Turemonde le 1" avril 1451, ratifia cette concession , à la charge par les habitants d'en payer la finance.

Lors des guerres qui signalèrent la réunion de la Bourgogne à la France, Irouer, placé sur la frontière des deux pays, subit une destruction totale; il fut militairement occupé pendant

quinze ans. A partir de 15S0, cette seigneurie appartint successivement aux Santerre, aux Rocliefort, aux Choiseul, aux Dyo de Montperroux, et, en dernier lieu, à Th. Maussion, conseiller à la Cour des Aides de Paris.

Archives de la Côte-d'Or. Chambre des Comptes de Dijon. Affaires des communes. B H475.

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