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XLVIJ

Hatification de l'accord précédent par Pbilippe-le-Hardi, roi de France.

1284 (décembre).

Philippiis Dei gratia Francorum rex, notum facimus universis tam presentibus (Iiiam futuris, quod nos litteras dilecti et fidelis noslri Roberti ducis Burgundie vidimus in hec verba.

In noraine sancte et individus Trinitatis... [Voir le n° précédent .) Nos vero Philippiis Dei gratia Francorum rex, predicte omnia et singula rata et grata habentes, ea volumus et approbamus salvo in omnibus jure nosiro et etiam alieno. In cujus rei testimonium, presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum. Actum anno Domini W CC° octogesimo quarto , mense decembris.

Scellé du grand sceau en cire verte à lacs de soie rouge et verte pendants. Original : Archives de la ville de Dijon, Bt, Prhniéfies et franchises de la Commune.— Im-

XLYIII

Déclaration du duc Robert II, touchant un jugement rendu par le bailli de Dijon, contrairement aux privilèges de la ville.

Nous Roberz dux de Borgoigne, façons savoir à touz cels qui verront et orront ces présentes lettres, que comme nostrc anic/ Richarz de Montmorot chevaliers çai, en arriers nostre bailliz de Dijon, hahust lait adjorner pardevant lui Bartholomin l'espicier de Dijon, à ses assises de Dijon novelemant passées, suz cas de injure que lidiz bailliz proposoit contre ledit Bartholomin ; c'est à savoir, seur ce que il disoil, que liiliz Bartholomins, en nostre ville de Dijon, en maltalant et encourrouz havoit chacié, et fait chacier le coutel trait Huguenin le Rousselot nostre tabellion de Dijon, et requérait lidiz Bartholomins seur ce la court dou Maiour de Dijon, et que il fust ajornez pardevant ledit Maiour, pour faire

droit; ledit Maiour présent et requérant la court dudit Bartholomin, comme de sou justisauble; ledit baillif disant encontre, que nous deviens hauoir la court doudit Bartholomin en cel cas, pour ce que il disoit, que lidiz Rousselot est, et estoit en uostre servise et sur ce lidiz Maires et Barlholomins requéricnt audit baillif, que lor en deist droit. Li quex bailliz dist et pronunça par sentence locutoire, que lidiz Maires ne devoit hauoir la court doudit Bartholomin en tel cas. Et lidiz Maires, et li autres prodomes de Dijon nous baient monstre et supplié, que nous ne veuillessins pas user de ladite intellocutoire, comme elle fust donée, si comme il disoient en lor grief, et ou préjudice de lor préviléges de la commune de Dijon. Nous, oye la requeste doudit Maiour et des prodomes, \olons et otlroions, que ladite intellocutoire donnée par ledit nostre baillif, ne tiegne, et ne face préjudices es préuilaiges de ladite commune, ne à nous auxi, et que pour ladicte intellocutoire, droiz ne nous soit acquis contre ladicte commune, ne ladicte commune contre nous. Et volons et ottroions, que nonobstant ladite intellocutoire, li prévileiges. et les Chartres de ladicte commune demorint en lor force et en lor valeur, si commil estoient deuant ladicte intellocutoire. En tesmoignage de laquel chose, nos hauons fait mettre nostre seaul en ces présentes lettres. Ce fuit faiz et donnez à Beaune, le lundy après le mois de Pasques, l'an de grâce mil CC IIII" et dix-sept (1).

Cartulaire de la ville de Dijon, Bibliothèque publique, Mss. n" 448, fol. t9, v°. Imprimé : dans Pérard, p. 346. — Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon^ contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4°.

Déclaration du duc Robert II, au sujet d'une amende encourue par la commune.

1298 (septembre).

Nous Robers dux de Borgoigne, façons savoir à touz cels qui verront et orront ces présentes lettres, que comme li Maires, li escheviz (2) et li commune, et li

(t) Cette entreprise du bailli de Dijon sur la justice municipale était une conséquence inévitable de la saisie de la mairie opérée quelques années auparavant par le duc Robert, et que l'autorité royale avait, comme nous l'avons tait remarquer (n" XLIV, note 1), si mollement réprimée. Bien que le droit de la commune eût été recounu, l'inviolabilité de ses franchises en avait été atteinte, et, sinon le Duc, tout au moins ses officiers, hoslilee par position à tout pouvoir qui ne relevait pas d'eux, ne l'oublièrent jamais. Dans cette affaire-ci, comme lors de la smsie, la commune obtint encore gain de cause, mais elle en sortit amoindrie, et, comme ces attaques tendirent à se multiplier de plus en plus, chaque nouveau débat ajouta d'autant à l'omnipotence ducale.

(2) Echevins.

habilanz delà ville de Dijon liayent volu et outroyé, que de l'emande que nos demaudiens a aux por raison de plusours injures que nos disiens estre faites à Gillet d'Auxois, clerc, en façent nostre servise et noslre office, nos puissons faire raison à nous et à aux, sor (I) ladite emande, et en puissions a aux condamner ou assorre (2), selonc ce que droiz et raisons sera. Nos volons et outroyons por nos, et por nos hoirs, que porce que il nos hont don(^'e pooir de coignitre (3), et de pronuncier l'emande dessusdite, en ce fait nuns préjudices ne soit faiz à lors privilèges, ni à lor Chartres, en cestu cas, ou en semblauble, ou temps à avenir; ains quant es cas à asvenir, nos volons que lor privilèges soient saulz et nostre droiz auxi, en la meniere, et en la forme qu'il estoient devant la confeclion de ces présentes lettres. En tesmoiug de laquel chose nos avons mis nostre seaul en ces présentes lettres. C'est fait l'an de grâce mil dous cent quatre-vinz et dix et huyt, ou mois de septembre.

Scellé en cire blanche ;\ double queue de parchemin pendante.

Original : Archives de la ville de Dijon, Bt, Privilèges et franchises delà Commune. — Imprimé : dans Pérard, p. 344. — Mémoire pour les vicomte-mayeur, échevins, etc., de la ville de Dijon, contre les receveurs généraux du domaine, 1774, in-4''.

Confirmation des libellés et francliises de l^i commune de Dijon, par le duc Hugues V.

1313 (décembre).

Nos Hugo (4) dux Burgundie, notum facimus universis presentibus et futuris, quod nos libertales, immunitatesve scriptas, hactenus datas et coucessas Majori, scabinis, communie, seu hominibiis et habitaniibus ville Diviouensis. a bone raemorie Roberto carissimo pâtre nostro, Hugoue avo nostro, ceterisque parentibus et predecessoribus nostris quibuscumque ducibus Burgundie, conlirmationesque dictarum immunitalum et liberlalum hactenus a dictis hominibus

(1) Sur. . . •

(2) Asseurer.

(3) Connaître.

(4) Hugues V, fils de Robert U el d'Agnès, fille de saint Louis, lui succéda en 1305, sous la tutelle de sa mère; déclaré majeur eu 1313, fiancé à Jeanne, fille du roi Pbilippe-le-Long, il mourut en 1315, au château d'Argilly.

Divionensibus obtentas a predictis nosiris parontibiis et predecossoribus, prout in litteris qiias Divionenses pênes sehabcnt, sigilloriim predecessoruni nostrorum niunimine loboratas , plenius continekir; ex uostra cerla sciencia scientes et spontanei, laudamus, approbamus, ac etiam per présentera paginam confirmamus. Confirmationes nichilominus illustrissimi Doniini nostri Pbilippi Francorum régis, aliorumque regum predecessorum suorum obtentas a dictis honiinibus Divionensibus, super immunltatibns, et libertatibus scriptis eorumdem, et prout scripte sunt, laudamus et approbamus expresse. Manutenebimus etiam personas dictorum liabitantium, et res eoruni, et cunservabimus imperpetuum fideliter in suis scriptis, libertatibus et imniunitatibus memoratis. Juravimus etiam coram Deo et honiinibus, predicta omnia et singula, prout superius sunt expressa, pro nobis heredibus, et successoribus nostris, quod ad bec specialiter, et ex certa scientia obligamus eisdem IMajori, scabinis, communie, habitantibus, que omnibus et singulis ville Divionensis tenere, et inviolabiliter observare, et in nullo contraire. Volenles quod si in aliquo pergentes nostras libertates, predicteinfracte de facto t'uerint, postquam de infractione légitime constiterit, ad statum debitum reducantur. In quorum omnium, robur et munimen, sigillum nostrura presentibus litteris duximiis apponendum. Datum apud Divionem die dominica post festum Nativilatis Domini, anno incarnationis ejusdem millesimo trecentesimo tertio decimo, mense decembris.

Scellé en cire blanclie à double queue de parcliemin pendante.

Original : Archives de la ville de Dijon, B2, Privilèges et francliises de la Commune. — Imprimé dans Pérard, p. 364.

Ce sunt les supplications faites au duc Hugue [VJ afln qu'il feist le sairenient de garder

et maintenir nos privilèges.

A vos très haut et excellent prince monseigneur le duc de Borgoine, lour très chier et redoté soignour. Supplient humblement li Maires et li escheviz, et la commune de Dyjon, que cum votre devantier duc de Borgoine, notre très chier soignour cui Dex absoille, nous baient doné commune libertez et franchisses,

escriples et seelées de luiir seaiils, et conformées des roys de Fiance, et yous par vostre grant lioiilé et leauté, hayés reconformées les choses desusdites. De laqiiele nostre recoufornialiun vos nos avez outoyé h bailler lectres sus vostre seaul, si cum nos les bavons de vos devantiers, que il vous plaise ledicfes lettres faire seauller, et à nos délivrer, et que vos facoiz cesser vostre bailif, vostre prevot, et vos sergenz de Dyjon, de faire les grief que il font à nos de jour au jour contre lesdiz previleges : liquel grief s'euseugvent.

Premièrement, vostre bailliz de Dyjon, prevoz, et sergenz, prannent, saissisent, et arrestent en la vile, et de fueurs (1) dedanz la banleube de Dyjon, sens requérir ne motre (2) en défiaut li Maiour a les juriez de ladite vile : lesquels cboses sunt contre le previlege de ladicte ville qu'il dit : Au/ius hifru rillain Dyvionis vel extra, 'tiifru ùanici/eam, alâjuem potest capere, nisiMaior etjurati quandiu de eu jiisiiciam facere voluerint.

item vostre bailliz de Dyjon ajorne, et fait a ajorner de jour en jour les habitanz de la vile de Dyjon pardevant soy, à Talant et à Beaune, et autre part, sur injures, violances, et despitz faiz à Monseigneur, et à ses genz, et à ses sergenz, si comme l'on dit; lesquelx choses sunt contre le previlege qu'il dit : Si quis de communia, vel 'qim commimiu, aliquid mihi forefecerit, oportebit ut ego in curia Sancti Béni g n), per Majorem communie, ad judicium jurât omm, juxticiam de eo vel de ea capiam, nec eus extra predictam curiam , vel pdacistare vel quartam momtrare compellere potero.

Item cum uns vostre bourjois de Dyjon, que l'on appeloit : Mathier le e/uai- (/e//er,soittrespassez, etplusoursautres,porle tans de horandroit (3), liquel estoient recchu an ladicte commune, comme vostre home et vostre burjois et au vehu et au sehu de lour soignours, bien cinquante ans et plus, Jebanz Percevaux damoyseaux et autres soient venus, et disint que li biens desdiz morz lor soient escheor,por ce qu'ils avoient esté lour home, si comme il disoient et vehulint (4) avoir lour biens; laquel chose il ne pevent faire, et se seroit ou grand préjudice de vos, et de ladite commune, et plus de vos, que de ladite commune : laquel chose ne puct estre faite, por point de châtre, qu'il dit : Sciendum vero quod communia potest retinere homines cujiiscumque domiiùi sint, in villa Dyvionis, secundum consuetudines et usagmm pat ris mei, et predecessorum nostrorum, sine hominibus domini Sali/.

(1) Dehors, extra-muros.

(2) Mettre.

(3) Temps passé.

(4) Voulaient.

Ilem vos gens nos troblent sans cause toutes eschoietes (1), qui à vos pevent avenir, c'est à savoir, et biens de mutriers, de bestars (2), des larrons et de toutes autres choses de escheoites, et de espaves; laquel chose est contre le point de la chartre, qu'il dit : DcJi etiam eis quicqitid dominus Girardiis Rationem apiid Divionem habebal, et omnes hechoitas in hominibus, que ad me devenirc debent.

Item, com por voslre dobt(3) J/ieanz3Tarioche,Vacelim li Lombarz.el plusours autre, luit vostre bourjois de Dijon, soient et haient esté priz, retenus longuement en cors et an biens, lesquels choses sont contre le previlege qu'il dit : Prêter hec eis concessi, quod si homo de cornmuain, pro debiio meo bene ni fidcliter cognito, captus fuerit, vel aliquid omiserit de meis redditibiis, vel de causa rnea si redditibus non svfficient ^ reddimetur, vel si quid amiserit restituetiir.

Ilem li prevoz de Dyjon, por lui et pour ses scrgenz, prant, et fait pranre des choses des homes de la commune, et ne la veut randre por le Maiour, qui est contre le previlege qu'il dit : Concessi et'iam eis, quod jirepositus meus Lyvionis aliquid ceper'tl de rébus homimim communie, reddet sine omni placito, quantum homo ille probarerit, si legitimus a Maiore communie lesiificatus fuerit .

Item li prevoz de Dyjon font moût de grief plusours fois à la commune de Dyjon, en prenant, saisissant et arrestant personnes et biens en la ville, et lueurs de la ville, en la banleuhe de Dyjon, et le refacent à amander por le Maiour de Dyjon, laquel chose est contre le point de la chartre qu'il dit : Si prejiositus Divionis aliquid contra communiam fecerit, per Maiorem emendabit.

Item vostre chastelains de Thahmt^ ou grief et ou préjudice de nos, et eu enipeschant la juridiction de nos et de nos previlaiges, tient jours, et cognuit de touz faiz que li Juhi font, et que ils ont à faire à autres genz de nostre commune, et d'autres, laquel chose ne puet, ne doit faire por les points des Chartres, qui dient : Donavi etiam eis Eliam Judeum cum suis hcredibus, Vigerio, qui evm tune ex meo dono habebat, ipsumque quittante, et donum laudante.

Item, pour autre point de chartre, qui dit : Odo dux Burgundie, sciant unirersi tam présentes quam futuri, quod cmno ab Incarnatione Domini millesimo centeshno nonagesimo sexto, discordia fuit inter me et communicmi Bivionensem, que pacificata fuit in hune modum. Quiitaverunt enim mihi mllam que vocatur Faenna//, quam pater meus dederat eis, assensu meo, et luude mea. Et ego dedi communie banmmi Bivionenseni , et Judeos, et attractum libère Judeoruin.

(1) Epaves.

(2) Bâtards.

(3) Doute.

Item, par autre charlrc, qui dit : Ego Hugo clux Burgimdie, omnibus uotutn facio^ cjuod ih'di et conccssi Majori et scabiius D/vionis. .hidcos meos Divionenses, et volo quod sint de ma rommimia.

Et cumbieu, sire, que ii poiuz des Chartres desusdictes soient sofisamment esclarcies de lour, si bavons nos por point de Chartres, auti'e que lidiz poinz et Chartres soient exposey au plus grant profit que l'on porrai por la commune, et por le point de cbartre, qui dit : Promittimus nisuper, pro nobis et nostris heredibus et mccessoribus . (Voir, pour le surplus, la charte de 1284, n° XLVI, dont ce qui suit est la conclusion.)

Cartulaire de la ville de Dijon, à la P.ibliotlièque pul)Ii(iiie, n° 448, fol. 47. — Imprimé dans Pérard, p. 349.

LU

Pacilication des dt'bats entre le Uuc et la commune. 1314, samedi avant l'Ascension (7 mai).

Nous Hugues, dux de Borgoigne, faceons savoir à touz, que nous bavons doné et donons plain pooir, et especiaul commandement à notre amé et foiaul cosin monsieur Mathieu, seignour de Monmartin, de acorder et pacifier à la commune de notre vile de Dijon ou à singulaires persones de la dite commune de louz meffaiz, despiz, injures et forfaitures, que il bout, ou poent bavoir faites contre nous, ou contre noz gens, par quelque manière que ce soit. Et l'acort que nôtres diz cosins tara à la dite commune, ou à singulaires persones d'icelle, por nous, et en uom de nous, nous haurons fert et aggréable, auxi comme se nous, en notre propre personne, le haviens fait. Donné à la grange de Poiseux (1), le samedi devant l'Ascension, l'an de grâce mil CGC et quatorze (2).

Original: Ai'chives de la ville de Dijon, 112, Privilèges et franchises delà Comimine.

(1) Poiseul-la-drange, L-anton de Saint-Seine (Cote-d'Or).

(2) Cette pièce est sans nul doute la réponse des officiers du Duc au manifeste précèdent. On y voit figurer pour la première fois ces accusations de lèse-juridiction, de forfaitures, d'injures, de dénis de justice, etc., à raide desquels ilsprétenderont toujours justifier leur immixtion dans les affaires de la commune, seulement la chose s'estenvenimée, l'appel au Parlement de France est imminent et on veut l'éviter. Mais comme le prince ne veut, ou ne doit jamais avoir tort, le Duc retourne la question et s'explique dans son mandement comme si les lilaignanls étaient ses officiers.

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