‹ Chartes des libertés anglaises (1100-1305)Chapitre 114 sur 141 · XI. — PROCLAMATION ROYALE · texte numérisé non relu

XI. — PROCLAMATION ROYALE

(12 août 1297.)

Tandis que les Doléances des barons n'ont pas été consignées sur les rôles des archives royales, la proclamation d'Edouard I y a été soigneusement transcrite, et c'est là que Rymer l'a copiée ^. Elle a été également insérée par Barthélémy de Gotton (p. 330), dans sa chronique si pleine de documents intéressants. Dans l'inventaire des archives capitulaires de Gantorbéry, publié parmi les rapports de la R. Commission on historical manuscripts, VIII , 337, M. J. Brigstocke Sheppard a longuement analysé une copie de cet acte qu'il a trouvée dans un des registres du chapitre. Il s'est efforcé d'en fixer la date (mi-juillet 1297) ; il eût pu s'épargner cette peine, puisque la copie des archives est exactement datée du 12 août.

Nous reproduisons le texte de Rymer qui n'est pas exempt de fautes , mais ces fautes sont le plus souvent des erreurs de lecture qu'il était aisé de corriger. Nous avons d'ailleurs pu, grâce à l'obligeance de M. Sheppard , consulter le registre de Gantorbéry, qui nous a permis de faire nos corrections à coup sûr.

De constabiilario Anglie et mareschallo officia sua abdican^ tibus et de Rege excusando super exactionibus in regno factis per nécessitâtes diversarum guerrarum 2.

Pur ceo qe le Roy désire touz jours la pees e la quiète e le bon estât de tûtes les gentz de sun roiaume et nome-

» . > ■■■■ Il I I- II- — '--- — - ~ — — — —

1. L'édition de La Ha^re renvoie aux lettres patentes de la 25* année, 2* partie, membrana 7. Celle de la « Record commission » (1816), aux lettres closes, 25* année, membrana 7. Laquelle de ces deux indications est la -vraie? Blackstone : Magna Charta,Tp. lxi, renvoie au rôle des lettres patentes, sur la foi de Brady.

2. Ce titre est donné par Rymer, sans doute d'après le manuscrit.

ment que après son passage q'il bye ore faire a Thonur de Deu e pur recoverir sun dreit héritage, dunt il est par grant fraude deceu par le Roi de France, e pur le honur e le commun profit de sun reaume, tûtes encheisouns, par queles ladite pees ou quiète pussent estre en nule manière trobleez, soient du tut hostés kar acunes gentz purroient dire e fere entendre au puple aucunes paroles noun verroies, desqueles le meisme puple purroit estre mu de eux porter envers lur seigneur lige autrement qe fere ne dussent, corne endroit de ceo qe le conte de Hereford e le conte mareschal se aloygnerent nadguers de lui ou endreit de autres choses, lui Rois, sur ceo e sur Testât de lui e de sun reaume, e coment les busoygnes du reaume sunt alees a une pièce, fait asavoir e voet qe tuz en sachent la vérité, laquele s'enseut.

Nadguers, quaunt graunt partie de gentz d'armes d'Engleterre, les uns par prière, les autres par somounse du Roy, vindrent a Lundres ^ , le Roi, voillant purveer a la deliveraunce de meisme les gentz e a aleggaunce de lur despens e de lur deseses, maunda au ditz contes, com a conestable e mareschal d'Engleterre , qu'il venissent a luy a certeyn jour pur ordiner la deliveraunce desdits gentz ; auqueu jour le conte de Hereford e mons. Jehan de Segrave, qui escusa le conte mareschal par maladie, vindrent au Roi, e en lur présence e par lur assent fust ordiné qu'il feissent crier parmy la citée de Lundres qe tûtes les gentz qe estoient iloques venuz par somons ou par prière feussent l'endemayn a seint Poul devaunt lesditz conestable e mareschal, pur savoir e mettre en remembraunce coment e de cumbien chescun de eux voloyt servir ou eyder le Roi en cest veyage de la outre; e lur dist le Roi qe, solonc ladite ordinaunce la quele lur fust balle en escrit, il feissent faire ladite crie. E eux, receu ledit comaundement e la dite bille, s'en alerent; pus mesme le jour a la nuyter [sic'^) les ditz contes envoyèrent

1. Le 8 juillet, selon le témoignage des Flores historiarum ^ dont on dirait le récit calqué sur la Proclamation royale; le 8 juillet, lendemain de la translation de S. Thomas, était un lundi.

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