‹ Chartes des libertés anglaises (1100-1305)Chapitre 18 sur 141 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

n'épargna même pas l'archevêque de Cantorbéry, Etienne de Langton, qui, en réalité, dirigeait depuis deux ans ropposition parlementaire. Langton se rendit à Rome pour se justifier. Son départ, en privant les grands de leur chef le plus respecté, désagrégea le parti : quelques-uns revinrent au roi ; les plus ' déterminés appelèrent Louis de France et, de réformateurs, devinrent révolutionnaires.

Peu après, Jean sans Terre mourut désespéré et ruiné (16 octobre 1216). Ses derniers partisans conduisirent à Gloucester son fils aîné Henri III, âgé de

1. La principale chronique relative au règne de Henri III est celle de Roger de W'endover et de Mathieu de Paris, tous deux moines de Saint-Alban. Wendover la rédigea jusque vers 1235 environ; Paris la recopia, y inséra des additions d'autant plus nombreuses qu'on se rapproche plus de son temps, et la continua seul de 1235 à 1259. L'éditeur, M. Luard, a distingué dans son édition, par des caractères différents, ce qui appartient à l'un et à l'autre de ces chroniqueurs. Il y a aussi une édition récente de l'œuvre propre de Wendover, par M. Henry G. Hewlett : Rogeri de Wendover liber qui dicitur Flores historiarum ab a. />. m. c. liv. (Rolls séries. 3 vol. 1886-1889). Outre les Chronica majora, on trouvera d'utiles renseignements dans les Annales monastiques du xiii^ siècle, réunies et publiées par M. Luard (Rolls séries, 5 vol. 1864-1869) ; ce sont celles de Tewkesbury (1066- 1263) et de Burton (1004-1263), au tome I ; de Winchester (519-1277) et de Waverley (1-1291), au tome II; de Dunstable (1-1297) au tome III ; de Worcester (1-1377) et la chronique de Thomas Wykes (1066-1289), au tome IV. Le tome V contient l'index et le glossaire. — Dans la même collection figure une édition du traité de Henri de Bracton (ou Bratton) De legibus Angliae, publié par sir Travers Twiss (6 vol. 1878-83) ; le texte, malheureusement, est très fautif, et il n'y a pas encore de table générale ; celles de chaque volume sont absolument insuffisantes.

INTRODUCTION xxvii

neuf ans, et s'empressèrent * de le faire couronner (28 octobre). Dans un concile assemblé à Bristol (il novembre) en présence du légat du pape Gualon, le jeune roi promit d'oublier tout ce qui s'était passé depuis le commencement des troubles, de rendre à chacun bonne justice, d'abolir les mauvaises coutumes du royaume et de ce faire revivre les jours bienfaisants de ses nobles prédécesseurs en remettant en vigueur les libertés et les bonnes coutumes' ». La Grande Charte fut donc promulguée à nouveau (42 novembre) <t à la demande et avec l'approbation » des prélats et des grands qui prêtèrent alors au roi le serment de fidélité. On remarquera que ces prélats et ces grands étaient justement ceux qui l'avaient combattue l'année précédente, et qu'ils agissaient maintenant de concert avec le délégué du pape. Il devenait désormais difficile, non pas sans doute de la violer, mais de la déclarer vaine et non avenue.

Cette politique prudente et avisée porta ses fruits ; après un grave échec essuyé sous les murs de Lincoln (19 mai 1217), le prétendant fut réduit à demander la paix. Elle fut conclue après deux entrevues à Lambeth (11 septembre)^, et à Merton (23 septembre)^. Louis de France dut renoncer à ses droits à la couronne d'Angleterre ; il rendit « les rôles de l'Echi-

1. « Cum magna festinatione ». Annales de Waverley, dans les Annales monasticij p. 286,

2. Annales de Waverley. Ibid. Annales de Wykes ; ibid. p. 60.

3. Voyez dans le Spicilegium de d'Achery IX, 171 et dans Rymer (à la date) le traité de paix conclu à Lambeth entre Louis de France et Henri III. Cf. Blackstone: Magna Carta^ p. xxxiii.

Page 1