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table rase, et qu'elle n'a pas cristallisé ses institutions en les codifiant, elle conserve pieusement les ruines de ce vénérable monument. De même que la vieille église de Saint-Martin de Cantorbéry, éle-' vée à la primitive époque saxonne, peut-être à l'aide de moellons romains, avec sa sombre et perpétuelle parure de lierre, rappelle au voyageur le passé le plus lointain de l'Angleterre issue des invasions, ainsi nos Chartes, placées en tête des statuts du royaume, nous ramènent aux fondements mêmes de l'Etat anglais, et leurs mutilations nous font mesurer les progrès accomplis par les efforts, le plus souvent hostiles, de la nation et des souverains, depuis les usurpations des rois normands et le pacte de Runnymead, jusqu'au renversement des Stuarts et à l'avènement de la démocratie sous le présent règne.
La Grande Charte a été imprimée un nombre considérable de fois. Elle a d'abord figuré dans tous les recueils imprimés des statuts du royaume d'Angleterre. Ces recueils, à leur tour, ne font que reproduire exactement les recueils manuscrits des statuts qui ont été si souvent copiés au xiv® et au xv® siècle, et dont les exemplaires abondent aujourd'hui encore dans les bibliothèques anglaises, sans oublier celles du continent. Pour ce qui concerne ce qu'on appelle souvent les a vieux statuts », c'est-à-dire généralement ceux qui sont antérieurs à l'avènement d'Edouard III, on peut dire que ces recueils se res^
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semblent tous; ils comprennent tous (ou du moins les exceptions sont rares) les mêmes textes rangés dans un ordre invariable; ils ont été reproduits telg quels dans toutes les éditions du xvi^ siècle, qui d'ailleurs paraissent en outre s'être copiées l'une l'autre. C'est Robert Pynson, imprimeur du roi, qui donna la première, datée du 9 octobre 1499; il la réédita en 1508, 1514, 1519*. Il fut suivi par Thomas Berthelet (Londres 1531-33^), par Robert Redman (1539 3), par Thomas Marshe (1556) et par Robert Tottell (1556, 1570, 1576, 1587^). Inutile d'ajouter qu'elle se trouve également et dans les Recueils de statuts traduits en anglais, et dans les a Abrégés » qui s'en multiplièrent bientôt à la même époque. Au XVII* et au xviii^ siècle, enfin, elle est reproduite, comme il convient, en tête des grandes collections plus ou moins officielles où sont réunis les statuts du royaume. Nous n'en dirons rien ici"^; nous signa-
1. Les premières éditions paraissent n'avoir pas eu de titre spécial; à la fin de celles de 1508 et de 1519, on lit : « ad laudem et gloriam cuQCtipotentia ac béate Virgipis Marie totaque celestis curi^i (sic). Parvus codex qui Antiqua statuta vocatur »
2. L'édition de Berthelet comprend deux parties foliotées à part; à la fin de la première on lit : « impressus Londini in edibus Thome Berthelet!, regii impressoris, anno Dom. 1531, mense novembri. » —
A la fin de la seconde : « Impressus Londini anno Dom. 1582,
mense januar. » Cette seconde partie est donc de 1583 n. st. L'éditeur avertit que, pour cette seconde partie, les textes ont été collationnés sur les rôles du Parlement.